La claveciniste tchèque Zuzana Ruzickova décède à 90 ans
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La claveciniste tchèque Zuzana Ruzickova décède à 90 ans

Après avoir été déportée en 1942, à Theresienstadt, Auschwitz-Birkenau puis Bergen-Belsen, elle était devenue la 1e soliste à avoir enregistré l’œuvre intégrale de Bach pour instruments à claviers

Zuzana Růžičková et son époux Viktor Kalabis après un concert. (Crédit : Iria-castro/CC BY-SA 4.0/WikiCommons)
Zuzana Růžičková et son époux Viktor Kalabis après un concert. (Crédit : Iria-castro/CC BY-SA 4.0/WikiCommons)

La claveciniste tchèque Zuzana Ruzickova, première soliste à avoir enregistré l’œuvre intégrale de Jean-Sébastien Bach pour instruments à claviers, est décédée à l’âge de 90 ans mercredi, selon les médias tchèques.

Ruzickova, qui a enregistré l’intégrale de Bach sur 35 enregistrements entre 1965 et 1975, est décédée dans un hôpital à Prague, des suites d’une maladie.

Soliste dans un orchestre philharmonique de 1979 à 1990, Zuzana Ruzickova avait reçu le titre de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres pour son travail en 2003, l’une des plus prestigieuses récompenses françaises.

« C’est une femme qui avait souffert d’expériences et de traumatismes graves durant l’Holocauste. Heureusement, elle avait survécu et elle a réussi à s’en sortir », a témoigné le journaliste spécialisé dans la musique Petr Veber à l’agence tchèque CTK.

Née le 14 janvier 1927, elle avait été expulsée de l’école au début de la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945) puis déportée en 1942, avec sa famille, dans une prison où étaient détenus des Juifs, dans la ville tchèque de Theresienstadt. Son père y est décédé.

Le camp de Bergen-Belsen DP à la fin des années 1940. (Crédit : autorisation de Jean Bloch Rosensaft)
Le camp de Bergen-Belsen DP à la fin des années 1940. (Crédit : autorisation de Jean Bloch Rosensaft)

Elle a par la suite été envoyée dans le camp de concentration nazi d’Auschwitz-Birkenau puis dans celui de Bergen-Belsen.

Après le conflit, elle avait étudié le clavecin à Prague et Paris, avant de remporter un concours à Munich en 1956 qui avait lancé sa carrière.

Sa grande bataille fut de faire réhabiliter le clavecin dans son pays où il avait été banni par le régime communiste, considéré comme un instrument féodal et religieux.

Lors des concerts, elle commençait toujours par jouer les morceaux au piano avant de les interpréter au clavecin.

Ce n’est que dans les années 1980 qu’elle est parvenue à convaincre l’Académie des Arts d’accepter le clavecin comme un instrument à part entière.

Elle était veuve du compositeur tchèque Viktor Kalabis, mort en 2006 à 83 ans.

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