La coalition continue de se déchirer, Kakhol Lavan lance une campagne anti-Likud
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La coalition continue de se déchirer, Kakhol Lavan lance une campagne anti-Likud

Les députés du parti centriste ont publié des posts coordonnés contre le Likud ; celui-ci accuse son partenaire de coalition de politique politicienne en pleine pandémie

Le Premier ministre en alternance et ministre de la Défense Benny Gantz (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'un vote pour repousser une échéance budgétaire et ainsi éviter des élections, à la Knesset le 24 août 2020. (Oren Ben Hakoon / POOL)
Le Premier ministre en alternance et ministre de la Défense Benny Gantz (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'un vote pour repousser une échéance budgétaire et ainsi éviter des élections, à la Knesset le 24 août 2020. (Oren Ben Hakoon / POOL)

Les députés du parti Kakhol lavan ont lancé une campagne coordonnée contre leurs partenaires de coalition du Likud, accusant le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu de bloquer des réformes indispensables et de refuser d’adopter un budget annuel.

Chaque député du parti du ministre de la Défense Benny Gantz a publié des posts sur Facebook décrivant comment le Likud bloquait telle loi ou réforme, en empêchant les Commissions ministérielles concernées de se réunir ou en refusant d’adopter un budget pour 2021, comme convenu précédemment.

Les messages étaient accompagnés d’une photo de la Knesset en plénière avec l’une des deux légendes suivantes : « Le Likud bloque également cette réforme » ou « Le Likud bloque également ce projet de loi ».

Le Likud a répondu en accusant les membres de Kakhol Lavan de faire de la politique politicienne.

Cette campagne sur les réseaux sociaux est le dernier duel en date entre les deux partis, qui sont en désaccords permanents pratiquement depuis la formation de leur gouvernement d’unité en mai. Les tensions se sont intensifiées ces dernières semaines à l’approche de la date limite, déjà repoussée, de l’adoption d’un budget.

Netanyahu aurait empêché les responsables du ministère des Finances d’introduire un nouveau projet de budget. Ses détracteurs l’accusent de prendre en otage le budget parce qu’une clause de l’accord de coalition lui permettrait de rester Premier ministre d’un gouvernement de transition si la coalition gouvernementale actuelle s’effondrait pour cause d’échec de l’adoption d’un budget.

« À cause de la bassesse du Likud, la Commission ministérielle législative ne s’est pas réunie depuis deux mois, à l’exception d’une réunion symbolique cette semaine où trois lois ont été débattues. Sans la Commission, il n’y a pas de loi. C’est aussi simple que cela », a écrit Hila Shay Vazen, députée de Kakhol lavan.

Elle a affirmé se battre depuis des mois pour faire adopter une législation qui obligerait les salles de mariage à restituer les arrhes versées par les couples dont les mariages ont été annulés à cause de la pandémie.

« Nous devons adopter un budget pour 2021 maintenant. Nous exigeons un gouvernement en état de fonctionner », a-t-elle conclu.

La ministre de l’Égalité sociale, Meirav Cohen, a utilisé ces mêmes phrases pour conclure un message dans lequel elle a déploré son incapacité à promouvoir les réformes visant à réduire les charges salariales pour les employés âgés.

« C’est un large public qui souhaite travailler, qui peut travailler et qui a parfois besoin de ces revenus pour survivre. Les seniors ont tant à apporter », a-t-elle déclaré, critiquant le Likud pour le blocage d’un budget qui, semble-t-il, permettrait la suppression de cette clause des impôts.

« Assez ! L’économie d’Israël souffre », a écrit le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi. « Il est temps de se reprendre et de travailler ensemble. »

« Il n’y a pas de budget pour les personnes âgées, pour les soldats démobilisés, pour les centres de violence domestique et de réadaptation, pour les programmes de formation à l’emploi. Il faut prendre soin de l’économie et du peuple ! », a-t-il ajouté.

La ministre de l’Égalité sociale Meirav Cohen, à Jérusalem, le 18 mai 2020. (Flash90)

Le Likud a répondu : « Au lieu de négocier des accords et alors que nous combattons le coronavirus, Kakhol Lavan préfère malheureusement mener une campagne politique au lieu d’aider les citoyens d’Israël. Le Likud appelle Kakhol Lavan à revenir immédiatement [travailler] dans l’unité et la coopération. »

Les deux partis ont formé un gouvernement d’unité cette année afin de lutter contre la pandémie de coronavirus après trois élections sans vainqueur clair, mais le mandat du gouvernement a été entaché de conflits et de dysfonctionnements constants.

Les tensions entre les parties ont de nouveau éclaté lundi, lorsque les dirigeants de Kakhol Lavan ont annoncé que de nouvelles élections auraient lieu si le budget de l’État pour 2020-2021 n’était pas adopté d’ici la fin du mois de novembre.

Après des jours de menaces, dans le cas où le gouvernement ne parvient pas à adopter un budget conformément à l’accord de coalition, le président de Kakhol Lavan Benny Gantz a précisé son ultimatum en déclarant sans équivoque : « S’il n’y a pas de budget, nous retournerons aux urnes. »

Israël s’est trainé tout au long de 2020 sans budget d’État, alors que l’accord de coalition signé par Kakhol lavan et le Likud en avril prévoyait l’adoption l’été dernier d’un budget pour les deux ans à venir 2020-2021.

Kakhol lavan avait déjà averti qu’il « agirait comme une force d’opposition » au sein du gouvernement si la coalition ne réglait pas ses dysfonctionnements et si la Knesset ne votait pas un budget pour 2021 d’ici fin novembre.

Le Premier ministre est actuellement jugé pour trois affaires de fraude et abus de confiance, et une affaire de corruption. Il nie tout acte répréhensible et prétend être victime d’une tentative de coup d’État politique impliquant la police, les procureurs de l’État sous l’autorité du procureur général Avichai Mandelblit, l’opposition de gauche et les médias.

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