Rechercher

La coalition fustige Netanyahu après la publication d’une vidéo en anglais

L'ex-Premier ministre attaque l'alliance au pouvoir dans le clip ; les deux parties s'accusent mutuellement de mettre en péril la démocratie

Le ministre de la Défense Benny Gantz et le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu au plénum de la Knesset, le 13 juin 2021. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)
Le ministre de la Défense Benny Gantz et le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu au plénum de la Knesset, le 13 juin 2021. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)

Les députés de la coalition ont critiqué avec force le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu après la publication d’une vidéo cinglante, en anglais, qui exhortait les internautes dans le monde entier à dénoncer le gouvernement israélien – entraînant des membres de l’alliance au pouvoir et de l’opposition à s’accuser mutuellement de mise en péril de la démocratie.

Tout a commencé dimanche avec la publication par Netanyahu d’une vidéo en anglais sur Facebook, intitulée « La démocratie israélienne est menacée », dans laquelle il affirme que la coalition cherche « à faire disparaître trois libertés fondamentales » par le biais de trois législations – un projet de loi interdisant à un député mis en examen de former un gouvernement ; le projet de loi dit « Loi Facebook » qui vise à réprimer les incitations disséminées sur les réseaux sociaux et un autre dont l’objectif est de combattre le crime faisant rage dans les communautés arabes en autorisant la police à mener des perquisitions sans mandat dans les habitations.

Dans son intervention filmée, Netanyahu estime que la première législation a pour but d’empêcher les personnalités les plus à même de vaincre les leaders du gouvernement actuel de se présenter aux élections. Il juge ensuite que la « loi Facebook » vise à limiter la liberté d’expression sur internet, et que la législation sur les perquisitions sans mandat pourrait permettre, à terme, au gouvernement de perquisitionner le domicile des opposants politiques dans le pays.

« Ce n’est pas une pente glissante. C’est un gouffre. C’est le grand canyon où sont enterrés tous les droits fondamentaux de la démocratie », déclare Netanyahu, qui ajoute que ces textes législatifs sont un coup de force mené par la coalition qui est susceptible « d’affecter toutes les autres démocraties ».

Dans un plaidoyer adressé à tous les internautes ayant vu la vidéo qui partagent son état d’esprit, le chef du Likud déclare que : « A vous tous qui partagez ces valeurs, exprimez-vous avant qu’il ne soit trop tard. Parce que cela va commencer ici, mais cela arrivera très rapidement aussi chez vous ».

La vidéo a entraîné la fureur des chefs de la coalition qui ont accusé Netanyahu d’hypocrisie.

Le ministre de la Défense Benny Gantz s’exprime lors d’une cérémonie en l’honneur des soldats blessés, à Tel Aviv, le 21 novembre 2021. (Tomer Neuberg/Flash90)

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a dit lundi qu’il n’accepterait pas « de leçons de la part d’un homme dont les actions ont été anti-démocratiques ».

« Malheureusement, la vidéo qui a été publiée et qui est depuis devenue virale ne représente pas la réalité de ces législations et elle risque d’être utilisée comme outil par nos ennemis désireux de causer des dégâts significatifs à l’État d’Israël », a-t-il déclaré aux journalistes.

Dans sa propre vidéo sur Facebook publiée en réponse à Netanyahu, Gideon Saar, le ministre de la Justice, a souligné que le numéro un du Likud avait tenté d’adopter une loi similaire concernant les incitations sur les réseaux sociaux quand il était Premier ministre – un texte « qui allait beaucoup plus loin » que la version actuellement avancée.

Saar a également rappelé que Netanyahu avait voté en faveur d’un texte de loi qui interdisait à un législateur mis en examen de former un gouvernement il y a plus d’une décennie, quand Ehud Olmert, alors Premier ministre, rencontrait des ennuis avec la Justice.

Le ministre de la Justice Gideon Saar prend la parole avant le vote de son projet de loi limitant les premiers ministres à huit ans de mandat, à la Knesset à Jérusalem, le 22 novembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Boaz Toporovsky, député de Yesh Atid, a pour sa part rédigé un courrier adressé à Mickey Levy, le président de la Knesset, réclamant une audience au Parlement au sujet de la vidéo de Netanyahu, affirmant que le chef de l’opposition – qui était Premier ministre jusqu’à une date récente – se conduisait dorénavant « comme le pire ennemi d’Israël ».

Toporovsky déclare, dans son courrier, que « la vidéo risque d’être utilisée comme instrument par nos ennemis pour causer des dégâts significatifs à l’État d’Israël ».

Boaz Toporovsky, député Yesh Atid en 2014. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Lundi dans la soirée, le Likud a posté sur Twitter une capture d’écran d’un article publié aux États-Unis en 2016 au sujet du vice-ministre Yair Golan, qui était alors chef d’État-major de l’armée, qui avait comparé les tendances en cours en Israël à celle de l’Allemagne pré-nazie.

« Le gouvernement Bennett… attaque l’ex-Premier ministre Netanyahu qui a révélé au monde les lois anti-démocratiques qu’il tente actuellement de faire adopter contre la liberté d’expression et les droits individuels des citoyens israéliens », disait le post.

Cette publication semble être la dernière tentative en date du Likud d’accuser ses adversaires de « d’exhiber son linge sale à l’étranger ».

Et, ce qui n’est pas dépourvu d’une certaine ironie, elle a été postée après la vidéo en anglais de Netanyahu qui, selon les critiques, fait exactement la même chose.

Le major général à la retraite Yair Golan lors d’une conférence tenue à l’Institut israélien pour la démocratie à Jérusalem, le 7 juillet 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...