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La coalition internationale anti-djihadistes accusée d’échec par l’Irak

"Je pense que c'est un échec de la communauté internationale", a lancé Haider al-Abadi avant une rencontre au ministère français des Affaires étrangères

Le Premier ministre irakien Haider Al-Abadi (Crédit : CC BY 2.0)
Le Premier ministre irakien Haider Al-Abadi (Crédit : CC BY 2.0)

Le Premier ministre irakien a lancé mardi une charge contre la communauté internationale, accusée d’avoir échoué face aux djihadistes du groupe Etat islamique, peu avant l’ouverture d’une réunion à Paris de la coalition anti-EI pour réévaluer sa stratégie.

« Je pense que c’est un échec de la communauté internationale », a lancé Haider al-Abadi lors d’une conférence de presse avant la rencontre au ministère français des Affaires étrangères qui rassemble une vingtaine de ministres et de représentants d’organisations internationales membres de la coalition luttant contre le groupe Etat islamique.

Depuis un an, et malgré quelque 4 000 raids aériens de la coalition, ce groupe de radicaux sunnites ultra-violents continue d’avancer et d’engranger les victoires en Irak et en Syrie, contrôlant de vastes pans de territoire à cheval entre les deux pays.

« Concernant le soutien à l’Irak, il y a beaucoup de mots, mais peu d’actions sur le terrain », a fustigé al-Abadi, citant notamment les problèmes de son pays pour obtenir armes et munitions afin de combattre les djihadistes.

Il a par ailleurs souligné que le nombre de combattants étrangers dans les rangs de l’EI était de plus en plus important, l’estimant à 60 % contre 40 % d’Irakiens. « Il y a un problème international, il doit être résolu », a lancé le Premier ministre irakien.

« Nous devons avoir une explication sur le fait que tant de terroristes viennent d’Arabie saoudite, du Golfe, d’Egypte, de Syrie, de Turquie et de pays européens », a-t-il martelé.


Quelle stratégie face à l’EI ?

La stratégie à adopter face au groupe Etat islamique sera au cœur de la réunion internationale, en présence de Abadi, à qui la coalition devrait également demander des comptes.

Jusqu’à présent, la coalition mène des raids et tente de former des soldats irakiens ou des rebelles modérés syriens pour l’action au sol.

Mais les raids ont peu de prise sur les « camions bombes » de l’EI et les efforts de formation n’ont pas empêché une récente débâcle de l’armée irakienne à Ramadi.

Les plans irakiens pour la reconquête de cette ville, tombée aux mains de l’EI, seront abordés lors de la rencontre de Paris, a affirmé lundi un responsable américain qui a souhaité conserver l’anonymat. « Il ne s’agit pas d’une réunion de routine », a déclaré ce responsable. « Nous venons pour discuter avec le Premier ministre Abadi de son plan pour libérer Ramadi et la province d’Al-Anbar », a-t-il ajouté.

Les Irakiens espèrent pouvoir mobiliser les tribus sunnites pour reconquérir la province d’Al-Anbar, mais Bagdad doit également reprendre rapidement le contrôle des milices chiites qui ont pour l’heure assumé l’essentiel des combats pour contenir l’avancée de l’EI.

Ce rôle des milices chiites – soutenues par Téhéran – inquiète Washington.

« Il est très important que toutes les forces soient soumises au commandement et au contrôle du gouvernement et du Premier ministre irakien. C’est un des éléments fondamentaux du plan », a souligné le responsable américain.

Les frappes ‘ne suffisent pas’

Ces dernières 24 heures, la coalition a poursuivi les frappes contre les positions djihadistes en Irak, notamment à Al-Anbar, et en Syrie, surtout dans la province de Hassaké (nord-est).

Le chef du Parlement irakien Salim al-Joubouri a déclaré à l’AFP que ces raids étaient « importants pour empêcher les djihadistes d’avancer mais ne suffisent pas pour mettre fin aux combats ».

Dans l’une des attaques les plus meurtrières cette année en Irak, 37 personnes ont été tuées lundi quand un kamikaze a lancé son véhicule blindé bourré d’explosifs contre une base de la police entre Samarra et le lac Tharthar, dans la province de Salaheddine (nord-ouest), selon des officiers.

L’attaque n’a pas été revendiquée mais son mode opératoire rappelle celui de l’EI, qui s’est emparé, au fur et à mesure qu’il avance dans des régions irakiennes, des véhicules blindés et des chars abandonnés par les forces irakiennes dans leur retraite.

Les djihadistes ont eu recours à une trentaine de ces « camions bombes », bourrés de tonnes d’explosifs et protégés avec des armatures en acier, dans leur conquête de Ramadi, la capitale de la province occidentale d’Al-Anbar, le 17 mai.

Depuis leur offensive fulgurante lancée le 9 juin 2014, l’EI, accusé de crimes contre l’Humanité, s’est emparé de larges pans du territoire irakien.

Le 29 juin, il a proclamé un « califat » sur les territoires qu’il contrôle à cheval entre l’Irak et la Syrie, pays dans lequel il a profité de la guerre pour prendre le contrôle de vastes régions à partir de 2013.

En Syrie, le mois de mai a été le plus meurtrier depuis le début 2015 avec 6.657 morts, en majorité des soldats et des djihadistes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Plus de 220.000 personnes ont péri depuis le début en mars 2011 du conflit.

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