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La Colombie surveille les activités du Hezbollah, pro-Iran, sur son territoire

Le groupe terroriste chiite libanais, proche du Venezuela - ennemi de Bogota - tenterait de suivre les faits et gestes de diplomates et hommes d'affaires américains et israéliens

Diego Molano (Crédit : CC BY 2.0)
Diego Molano (Crédit : CC BY 2.0)

La Colombie, par la voix de son ministre de la Défense Diego Molano, a averti dimanche qu’elle surveillait les activités du groupe terroriste du Hezbollah pro-iranien sur son territoire, l’accusant d’y avoir déjà mené des « activités criminelles ».

« Il y a deux mois, nous avons dû gérer une situation où il a fallu mettre en place une opération pour capturer et expulser deux criminels mandatés par le Hezbollah qui avaient l’intention de commettre un acte criminel en Colombie », a déclaré M. Molano, dans un entretien avec le quotidien el Tiempo.

Le ministre n’a pas donné d’autres précisions sur cette opération. Mais selon le journal, qui cite des sources au sein des services de renseignements militaires colombiens, le groupe terroriste chiite libanais tenterait de suivre les faits et gestes de diplomates et hommes d’affaires américains et israéliens en Colombie.

Le journal El Tiempo a déclaré qu’un Israélien ciblé par le groupe terroriste libanais était un ancien officier du renseignement qui avait été stationné dans la ville en tant que membre du corps diplomatique, puis avait ouvert une société impliquée dans l’importation et la vente de caméras de surveillance et de technologie. Le journal a déclaré que le ressortissant israélien avait été rapidement emmené hors de Bogota, pour retourner à Tel Aviv.

L’article signale que trois hauts responsables du Mossad se sont récemment rendus dans ce pays d’Amérique latine. L’agence d’espionnage serait de plus en plus préoccupée que le territoire colombien soit utilisé comme base d’opérations terroristes. Jusqu’à présent, on pensait que le Hezbollah n’utilisait la Colombie que pour des opérations financières.

Une importante communauté libanaise vit en Colombie.

Il existe un « risque avec le Hezbollah au Venezuela et ce que ses relations avec le trafic de drogue ou les groupes terroristes du côté vénézuélien pourrait générer pour la sécurité nationale », a ajouté M. Molano.

Selon El Tiempo, le Hezbollah prévoyait d’utiliser d’anciens membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui avaient été formés au Venezuela, pour mener l’attaque contre l’Israélien, comme le laisse entendre l’utilisation par Molano de l’expression « criminels mandatés par le Hezbollah ».

Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, serre la main au président colombien Ivan Duque au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 9 novembre 2021. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le 8 novembre, lors d’une visite officielle en Israël, le ministre de la Défense, qui accompagnait le président conservateur Ivan Duque, avait déclaré que les deux pays avaient pour « ennemi commun l’Iran et le Hezbollah, qui opère contre Israël, mais soutient aussi le régime du Venezuela ».

La Colombie accuse le Venezuela voisin d’abriter et de soutenir des guérillas en lutte contre Bogota. Les rapports sont très tendus entre les deux pays, dont la frontière commune est presque intégralement fermée depuis 2015.

M. Molano est revenu dimanche sur ses propos, assurant qu’il s’agissait
d’ « une déclaration hâtive ».

Ses remarques depuis Israël avaient suscité une réaction du gouvernement iranien, avec lequel la Colombie entretient des relations depuis 1975. « L’Iran et la Colombie sont deux pays amis et ont une relation historique. La destruction de cette relation ne profite pas au peuple », a commenté dans un communiqué Mohammad Ali Ziaei, ambassadeur d’Iran en Colombie.

Le président colombien Ivan Duque a atténué les déclarations de son ministre en milieu de semaine : « la Colombie n’utilise pas le mot ennemi pour désigner un pays (…) cela ne signifie pas que nous n’avons pas de divergences sur des questions spécifiques avec l’Iran », a déclaré M. Duque.

« Nous ferons toujours entendre notre voix, dans les forums internationaux, contre la prolifération des armes nucléaires », a-t-il ajouté.

Proches alliés des Etats-Unis dans leurs régions respectives, la Colombie et Israël tentent tous deux d’isoler le gouvernement de Nicolas Maduro au Venezuela, qu’ils accusent de liens avec le Hezbollah.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro s’adresse à l’assemblée constitutionnelle qui a remplacé le Parlement et qui a la tâche de réécrire la constitution, à Caracas, le 10 août 2017 (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP Photo)

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