La commission de la Knesset réfléchit à l’ouverture des frontières aériennes
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La commission de la Knesset réfléchit à l’ouverture des frontières aériennes

Alors que des proches d'Israéliens ne peuvent pas entrer dans le pays mais que des étudiants le pourront, la commission a déclaré qu'il devrait "y avoir une règle pour tous"

Un groupe de 23 Brésiliens immigrant en Israël via l'Ethiopie, au mois de mai 2020. (Crédit : ONG Olim do Brasil via JTA)
Un groupe de 23 Brésiliens immigrant en Israël via l'Ethiopie, au mois de mai 2020. (Crédit : ONG Olim do Brasil via JTA)

Mardi, la commission du coronavirus de la Knesset a tenu une longue discussion concernant un potentiel assouplissement des restrictions des vols pour entrer et sortir d’Israël.

Lors de l’ouverture de la réunion, la présidente de la commission Yifat Shasha-Biton a fait référence à l’approbation donnée lundi à l’arrivée d’étudiants étrangers pour la prochaine année scolaire, en déclarant qu’il y aurait « une seule règle pour tous ».

« Si nous pouvons aider un certain groupe, nous pouvons aider tout le monde, a-t-elle déclaré. Si 16 000 étudiants de yeshivot entrent, nous devons trouver un moyen d’accepter tout le monde ».

Dans le même temps, le représentant du ministère de la Santé, Asher Shalmon, a déclaré que son ministère s’opposait à l’approbation à que les Israéliens puissent faire un pèlerinage pour Rosh HaShana en septembre sur la tombe du rabbin Nachman de Brastlav à Uman, en Ukraine, lors d’un événement annuel populaire.

« Faire voyager 30 000 personnes là-bas est quelque chose qui ne pourra pas avoir lieu », a-t-il dit.

Un des principaux problèmes pour l’ouverture du ciel d’Israël est le taux actuel d’infection, qui est parmi les plus forts au monde, ce qui a conduit la plupart des pays à cesser d’envisager des accords mutuels de voyage.

Des hommes juifs ultra-orthodoxes étudiant par petits groupes à la yeshiva Imrei Emes de la dynastie Gur dans la ville de Bnei Brak, le 16 juin 2020. (Yossi Zeliger/Flash90)

« Nous avions obtenu des accords avec de nombreux pays, jusqu’à ce que nous soyons à nouveau ‘pays rouge’, et les pays ont fait machine arrière », a déclaré Shalmon. « Tant que nous serons pays rouge, les seuls accords que nous aurons seront des accords à sens unique autorisant l’entrée en Israël depuis des pays verts. »

Selon le communiqué du ministère de la Santé, 2 000 étudiants universitaires et 12 000 étudiants de yeshivot pourront entrer en Israël pour suivre leurs programmes respectifs. 5 000 autres participants aux programmes Masa, 500 élèves dans des échanges de lycées pour le programme Naale et 1 500 personnes d’institutions privées pourront aussi entrer dans le pays.

Un communiqué du ministère a précisé que 17 000 étudiants seraient autorisés à entrer.

Des députés de l’opposition ont critiqué Ronni Gamzu, qui a été chargé le mois dernier de superviser la crise du coronavirus, pour sa décision de permettre l’entrée des étudiants, avertissant qu’ils pourraient importer des infections et engorger encore davantage le système de santé.

L’élue Merav Michaeli, membre de la coalition du Parti travailliste, de l’opposition, a écrit au ministère de l’Intérieur pour demander des explications sur ces « discriminations sérieuses » alors que des proches de citoyens israéliens se sont vus refuser l’entrée dans le pays ces derniers mois à cause de l’épidémie.

La députée Merav Michaeli, du Parti travailliste, s’exprime lors d’un événement culturel à Kfar Saba, le 2 février 2019. (Flash90)

« Il y a des milliers d’Israéliens qui ont des partenaires étrangers et qui n’ont pas vu leur être cher depuis des mois, sans aucune solution à l’horizon pour eux actuellement. »

Certains prévoyaient d’organiser une protestation mardi soir devant la maison du ministre des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazi.

Plia Kettner, âgée de 35 ans, dont le partenaire Eric est Suédois, a ouvert cette année un groupe Facebook appelé les « Familles veulent se réunir ». Elle a déclaré à la Douzième chaîne qu’elle ne savait pas quand elle le reverrait.

« Nous gérons cela à travers des appels téléphoniques et vidéo et nous nous envoyons des messages sur les petites choses qui nous arrivent dans nos vies », a-t-elle déclaré.

« Je ne suis pas envieuse de quiconque », a-t-elle souligné, « mais s’ils peuvent entrer, nous devrions aussi. Il n’y a pas tant de couples et de familles dans notre cas, et nous n’allons pas submerger Israël ».

Maayan Tsuk-Ran, âgée de 27 ans, dont le partenaire, Benjamin, est Allemand, a déclaré être frustrée de ne pas pouvoir le voir et qu’il n’avait pas pu assister à son concert de fin d’étude à l’Académie de musique de Jérusalem.

Le professeur Ronni Gamzu lors d’une conférence de presse, le 28 juillet 2020. (Capture d’écran YouTube)

« Nous espérions nous voir au moins pour quelques jours, mais nous avons fait face à un mur », a-t-elle dit. « C’est frustrant que le pays pour lequel j’ai servi dans l’armée et où je vis me donne le sentiment que je ne suis pas à ma place. Je suis content pour ceux qui sont autorisés à entrer, mais nous avons une raison tout aussi valide. »

Les étudiants entrants devront s’isoler dans des capsules pouvant accueillir jusqu’à six personnes pendant 14 jours après leur arrivée. Seuls les établissements qui recevront l’approbation du ministère de la Santé seront autorisés à les accueillir.

La plupart des programmes pour les étudiants de yeshivot doivent commencer autour de la dernière semaine d’août. Les universités et les autres programmes commenceront en septembre ou après les fêtes, à la mi-octobre.

Le mois dernier, le journal économique Calcalist a annoncé que l’annulation des voyages de jeunes et d’adultes juifs en raison de la crise du coronavirus devrait coûter à l’économie israélienne environ 200 millions de dollars.

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