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La commission des exemptions accusée d’avoir émis des rejets automatiques

Le comité chargé d'accorder des autorisations aux personnes souhaitant se rendre dans des pays interdits aurait reçu 15 000 demandes et rejetées la plupart

Un employé de l'aéroport fait rouler des chariots à bagages dans un hall désert de l'aéroport international israélien Ben Gourion de Lod, près de Tel Aviv, le 25 janvier 2021. (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)
Un employé de l'aéroport fait rouler des chariots à bagages dans un hall désert de l'aéroport international israélien Ben Gourion de Lod, près de Tel Aviv, le 25 janvier 2021. (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)

Les autorités israéliennes auraient reçu des milliers de demandes d’autorisation spéciale pour se rendre dans des pays faisant l’objet d’une interdiction de voyager et des plaintes ont été déposées contre l’organisme chargé d’accorder les dérogations, qui refuserait presque toutes les demandes.

Près de 70 pays ont été jugés « à haut risque » par Israël, dont la France, les États-Unis, la Turquie et la plupart des pays d’Afrique, l’objectif étant de retarder le plus possible la multiplication de cas de COVID-19 avec la variante Omicron sur son sol. Les voyages des citoyens israéliens vers les pays à haut risque sont interdits, sauf s’ils sont autorisés par un comité d’exemption.

« Je voulais me rendre en France parce que mon grand-père est hospitalisé à Paris pour un cancer en phase terminale », a déclaré une Israélienne, Avital Koletz, aux informations de la Treizième chaîne israélienne. « En quelques heures, ils avaient rejeté ma demande en disant que ‘je ne répondais pas aux exigences’. C’était une lettre type. Si vous êtes le petit-enfant d’une personne sur son lit de mort, vous ne remplissez pas les conditions requises. »

Selon l’Autorité de la population et de l’immigration du ministère de l’Intérieur, qui contrôle les politiques d’entrée et de sortie, des exemptions peuvent être accordées à ceux qui vivent en dehors d’Israël, pour des raisons humanitaires ou des cas « personnels particuliers », pour les funérailles d’un proche parent, pour les personnes qui se marient ou leurs parents, pour des procédures médicales qui ne peuvent être retardées, pour les athlètes professionnels qui participent à des compétitions internationales et pour les soldats isolés, ainsi que pour une série d’autres raisons, non spécifiées.

Des travailleurs médicaux testent les passagers à la COVID-19 à l’aéroport international Ben Gourion près de Tel Aviv, le 8 mars 2021. (Crédit : Flash90)

« Je ne comprends pas comment le fait de devoir dire au revoir à mon grand-père n’est pas une raison humanitaire », s’est plainte Avital Koletz.

Tzachi Hager, un Israélien qui dit vivre aux États-Unis depuis plus de 10 ans, a déclaré au site d’information Ynet que sa demande avait été rejetée par le comité des exemptions lorsqu’il a essayé de rentrer chez lui après s’être rendu en Israël pour une cérémonie commémorative pour sa mère.

« Je n’ai pas de maison ici, je vis à l’hôtel, ils s’en fichent », a-t-il dit.

Selon Ynet, la plupart des demandes de départ sont rejetées et les avocats qui ont normalement pu aider leurs clients à franchir les obstacles bureaucratiques liés aux diverses interdictions de voyager imposées par le pays depuis le début de la pandémie affirment que les autorités sont moins disposées à accorder des exemptions cette fois-ci.

Plus de 15 000 appels au comité d’exemption n’ont pas encore été traités, selon la Treizième chaîne israélienne, qui n’a pas cité de source pour ces données. Dans le même temps, certains se plaignent que le comité accélère le traitement des demandes sans les examiner.

« Il n’y a pas de réponses, personne à qui parler, au bout de deux minutes ils ont rejeté ma demande », a déclaré à la chaîne l’étudiante Noy Sweide, qui espérait pouvoir retourner dans son université en Finlande.

Le hall des arrivées de l’aéroport international Ben Gourion près de Tel Aviv, le 8 mars 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les restrictions de voyage, qui ont été en place à des degrés divers tout au long de la pandémie, ont été réactivées à la fin du mois dernier et, au cours des deux dernières semaines, la liste des pays interdits s’est allongée pour couvrir 69 nations, le gouvernement cherchant à freiner l’augmentation du nombre d’infections en empêchant les voyageurs porteurs de la COVID-19 d’entrer sur le territoire ou en empêchant les Israéliens de tomber malades à l’étranger puis de revenir.

Selon les dernières statistiques du ministère de la santé publiées jeudi soir, 1 420 nouveaux cas de COVID ont été confirmés la veille, ce qui représente le chiffre quotidien le plus élevé depuis octobre. Le taux de positivité a également connu une légère tendance à la hausse, atteignant 1,45 %, contre 1,24 % un jour plus tôt et 0,9 % il y a une semaine.

Les données du ministère ont montré que 371 des nouvelles infections concernaient des patients qui étaient rentrés de l’étranger au cours des dix derniers jours, la grande majorité provenant de pays considérés depuis comme à haut risque.

On ignore combien de ces nouveaux cas sont liés à la nouvelle variante Omicron. Lundi, le ministère de la santé a confirmé 170 autres cas de la variante Omicron, ce qui porte le total connu à 341. Le ministère avait alors déclaré que 807 autres infections étaient « fortement suspectées » d’être des cas Omicron, mais il n’a pas fourni de mise à jour depuis.

Le ministère avait alors indiqué que 234 des patients confirmés revenaient de l’étranger et que les voyageurs représentaient environ la moitié des cas suspects.

Dans une déclaration à la Treizième chaîne israélienne, l’Autorité de la population et de l’immigration a indiqué que les demandes d’exemption « étaient examinées selon des critères uniformes, conformément aux directives publiées en ligne. Toute personne qui pense avoir été rejetée sans justification peut se tourner vers le comité d’appel ».

Des voyageurs portent des masques à l’aéroport international Ben Gurion, le 5 août 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)

Les autorités gouvernementales font depuis longtemps l’objet de plaintes concernant l’application inégale des restrictions de voyage, tant pour ceux qui tentent d’entrer dans le pays que pour ceux qui tentent de le quitter.

La semaine dernière, le pays a été critiqué par des chefs religieux pour ce qui a été décrit comme une interdiction « raciste », après qu’un groupe de jeunes juifs participant au programme Birthright ait été autorisé à entrer dans le pays, alors que les touristes chrétiens voulant venir pour Noël étaient toujours exclus.

Des personnalités de l’industrie du tourisme ont également protesté contre les règles de voyage et ont été rejointes en début de semaine par l’ancien directeur adjoint du ministère de la Santé, Itamar Grotto, qui a fait valoir que l’arrêt des voyages à ce stade ne ferait que peu de bien et beaucoup de mal.

Même en appliquant les mesures les plus strictes, le virus « fuira », a-t-il écrit dans une déclaration reprise par la Douzième chaîne israélienne. « Au-delà du fait évident qu’Omicron a déjà pénétré à l’intérieur d’Israël, on ne voit pas bien quel avantage supplémentaire il y a à retarder encore et à empêcher l’entrée de nouveaux cas en provenance de l’étranger. »

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