La commission d’Éthique critique Odeh pour ses accusations de ‘meurtre’
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La commission d’Éthique critique Odeh pour ses accusations de ‘meurtre’

Le chef de la Liste arabe unie avait accusé l'ancien chef du Shin Bet, d'avoir « ordonné le meurtre » d'Arafat

Ayman Odeh (à gauche), député de la Liste arabe unie, et Nissan Slomiansky, député de HaBayit HaYehudi, à la télévision le 29 février 2016. (Capture d'écran Deuxième chaîne)
Ayman Odeh (à gauche), député de la Liste arabe unie, et Nissan Slomiansky, député de HaBayit HaYehudi, à la télévision le 29 février 2016. (Capture d'écran Deuxième chaîne)

La commission d’Éthique de la Knesset a réprimandé lundi le dirigeant de la Liste arabe unie Ayman Odeh pour avoir accusé le député Likud, qui est également un ancien chef de l’agence de sécurité Shin Bet, Avi Dichter d’être un « meurtrier » mais n’a pas sanctionné le législateur.

Odeh avait affirmé le mois dernier que Dichter avait ordonné le meurtre du chef de l’OLP, Yasser Arafat, et des deux co-fondateurs du Hamas lorsqu’il occupait le poste de directeur de l’agence de sécurité intérieure.

Plusieurs membres de la Knesset ont déposé une plainte contre Odeh auprès de la commission d’Éthique, dont Dichter.

La commission a conclu que l’accusation était une attaque « personnelle » et « sérieuse » sur Dichter. « Il n’est pas légitime qu’il ou tout autre membre de la Knesset appelle un homme qui a travaillé pour protéger l’État et ses citoyens, juifs et arabes, ‘un meurtrier’ », a précisé la décision.

Le membre du likud du parlement Avi Dichter assistant à une discussion Knesset le 19 novembre 2015 (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)
Le membre du likud du parlement Avi Dichter assistant à une discussion Knesset le 19 novembre 2015 (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)

Odeh s’est plus tard défendu en faisant valoir qu’il était largement dans les limites de la liberté d’expression. Lors de son audition, devant la commission d’éthique, il a refusé de revenir sur ses propos ou de présenter des excuses à Dichter.

La commission a jugé que puisque c’était la première infraction d’Odeh, un blâme suffisait et n’a imposé aucune autre sanction.

La commission a également inclus un avertissement général qui indiquait que les législateurs qui appellent les autres députés des « assassins », des « terroristes » ou des « nazis » seraient en violation des règles éthiques de la Knesset.

Dichter a réagi à la décision avec colère, accusant la commission de manquer de « courage public ». Odeh a « calomnié l’Etat avec de fausses accusations », a déclaré Dichter. Le Likud a affirmé que la décision était « inacceptable » et a dit qu’il ne la laisserait pas passer.

Le commentaire de Odeh est survenu dans le cadre d’un débat orageux à la Knesset au sujet d’un projet de loi qui permettrait aux députés de voter pour suspendre d’autres législateurs. Interrogé par la Deuxième chaîne à ce sujet, Odeh a déclaré que Dichter a été autorisé à rester en tant que législateur, malgré le fait qu’il ait ordonné le meurtre des dirigeants palestiniens.

« Il y a des chefs du Shin Bet qui ont donné l’ordre d’assassiner les dirigeants du peuple palestinien – les gens qui sont dans la coalition…. Par exemple [Avi] Dichter a envoyé des gens qui ont assassiné Arafat et les cofondateurs du [du Hamas] Sheikh Ahmed Yassin et Rantisi, et il est à la Knesset. Les gens qui ont envoyé des gens tuer les gens sont membres de la Knesset », a-t-il dénoncé.

Un garçon palestinien sur son vélo passant devant une fresque dépeignant des graffitis (de gauche à droite) du fondateur du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) Georges Habache, le chef spirituel du Hamas, le cheikh Ahmed Yassine et le dirigeant palestinien défunt Yasser Arafat, le 21 novembre 2014 dans la ville de Gaza (Crédit : AFP / MOHAMMED ABED)
Un garçon palestinien sur son vélo passant devant une fresque dépeignant des graffitis (de gauche à droite) du fondateur du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) Georges Habache, le chef spirituel du Hamas, le cheikh Ahmed Yassine et le dirigeant palestinien défunt Yasser Arafat, le 21 novembre 2014 dans la ville de Gaza (Crédit : AFP / MOHAMMED ABED)

Divers dirigeants palestiniens, et la veuve d’Arafat, Souha, ont affirmé depuis la mort du chef de l’OLP qu’Israël l’avait assassiné, une accusation qu’Israël a toujours nié.

Arafat est mort à l’hôpital militaire Percy, près de Paris, à l’âge de 75 en novembre 2004, après s’être plaint de douleurs à l’estomac dans son quartier général dans la ville de Ramallah en Cisjordanie. Les enquêteurs français ont en avril dernier annoncé qu’ils n’avaient pas trouvé de preuve qu’il avait été empoisonné et le procureur français a clôturé l’affaire.

Israël a éliminé les dirigeants du Hamas, Yassin et Abdel Aziz Ali Abdul Majid al-Rantisi dans des raids aériens à Gaza en 2004.

Dichter (Likud) a répondu à ses accusations en écrivant sur sa page Facebook. Dichter a déclaré qu’il était « fier d’avoir eu le privilège » d’envoyer Yassin et Rantisi « profondément dans la terre », a un mois d’écart entre les deux éliminations, au début de l’année 2004.

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