La commission électorale n’interdit pas au Likud de faire campagne sur Internet
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La commission électorale n’interdit pas au Likud de faire campagne sur Internet

Le président estime qu'il n'y a pas assez de preuves pour étayer les allégations que le parti gère un réseau de faux comptes pour répandre sa propagande

Le juge Hanan Melcer, président de la commission centrale électorale de la 21e Knesset, assiste à une réunion de la CCE à la Knesset, le 3 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le juge Hanan Melcer, président de la commission centrale électorale de la 21e Knesset, assiste à une réunion de la CCE à la Knesset, le 3 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

La commission centrale électorale a rejeté vendredi une requête déposée par le parti Kakhol lavan pour interdire au Likud de faire campagne sur les réseaux sociaux, en raison de son utilisation présumée de faux comptes pour diffuser de la propagande avant les élections.

Le président de la commission, le juge Hanan Melcer, a noté que la propagande anonyme était interdite, y compris sur les plateformes de réseaux sociaux, mais qu’on ne lui avait pas présenté suffisamment de preuves que le Likud avait organisé un réseau factice. Toutefois, il a noté que certains aspects de l’affaire avaient « soulevé des questions ».

Le Likud a déclaré que cette décision était la preuve que la plainte de Kakhol lavan était « une fausse plainte basée sur de faux rapports ». Le parti a déclaré qu’il a prouvé que « l’énorme soutien dont bénéficient le Likud et le Premier ministre sur les réseaux sociaux est celui de vrais militants, et non celui de robots, de bots et de faux profils ».

Kakhol lavan a également déposé une plainte auprès de la police et du procureur général et a demandé la tenue d’une enquête.

Plus tôt cette semaine, un groupe de surveillance israélien a déclaré qu’il avait découvert un réseau de faux comptes de réseaux sociaux diffusant des messages au nom du Likud en faveur du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le Big Bots Project a identifié 154 comptes utilisant de faux noms et 400 autres comptes suspectés d’être faux. Les chercheurs ont déclaré avoir trouvé plus de 130 000 tweets provenant de « centaines de faux comptes ou de comptes anonymes » sans nom ni photo de profil, qui ne s’identifiaient pas comme étant liés au parti du Likud de Netanyahu. Ils ont également identifié des « centaines de comptes authentiques » soutenant la candidature du Premier ministre à sa réélection.

Parmi les cibles se trouvaient des journalistes et des personnalités publiques considérées comme hostiles à Netanyahu, y compris son principal rival, Benny Gantz, leader du parti centriste Kakhol lavan, selon le rapport.

Yitzhak Haddad assiste à une réunion de la commission centrale électorale à la Knesset, le Parlement israélien à Jérusalem, le 3 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le rapport Big Bots a désigné une figure majeure des réseaux comme étant Yitzhak Haddad, qui a déclaré à un détective privé dans une conversation enregistrée qu’il était un « activiste sous couverture » pour la campagne des réseaux sociaux. Haddad a dit à l’enquêteur que l’initiative de promotion de Netanyahu représentait « beaucoup d’argent » et qu’il était en contact avec des membres éminents du Likud.

Cependant, lors d’une audition de la commission centrale électorale jeudi, Haddad a nié tout lien avec le parti du Likud, affirmant que son compte Twitter était un compte personnel.

« Je ne suis ni un militant politique ni un militant sous couverture », a-t-il dit à la commission.

Lorsqu’on lui a demandé d’expliquer ses propos enregistrés lors de l’appel téléphonique, M. Haddad a déclaré : « Quelqu’un m’a contacté par téléphone pour autre chose. »

« Cela m’a paru étrange, mais je voulais savoir qui il était », a-t-il dit. « C’est lui qui a soulevé la question de l’activisme politique de droite, alors je lui ai dit que j’étais un activiste sous couverture. »

Haddad a été mis sous pression par Melcer, qui ne semblait pas convaincu par les réponses. « Que vouliez-vous dire quand vous avez dit qu’il y avait beaucoup d’argent en jeu ? » a-t-il demandé à Haddad.

« Je voulais dire que si un tel système de réseaux sociaux existait, cela coûterait probablement beaucoup d’argent », a-t-il déclaré au juge. « Mais je n’en ai aucune idée moi-même, je ne connais pas ce genre de choses », a-t-il dit.

« Alors pourquoi avoir dit dans l’appel que vous étiez en contact avec des avocats du Likud », a insisté Melcer.

Cette composition d’images créées le 2 avril 2019 montre (à gauche) le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adressant à des journalistes à Jérusalem le 3 février 2019 et l’ancien chef d’état-major de Tsahal Benny Gantz prononçant son premier discours électoral le 29 janvier 2019, à Tel Aviv. (Ronen Zvulun et Jack Guez/AFP)

« C’était une blague, c’est pour le bien du sionisme », expliqua Haddad.

Pas amusé, Melcer demanda à Haddad si la conversation avait eu lieu pendant Pourim, la fête juive où les farces sont fréquentes.

Yonatan Orich, directeur de la campagne du Likud sur les réseaux sociaux, a également été interrogé et a nié que le parti au pouvoir avait des liens avec les faux comptes, qualifiant les conclusions de Big Bots de « faux rapport ».

« Le Likud ne possède pas un seul robot, ni ne gère un système de réseaux sociaux », a-t-il déclaré à la commission, ajoutant que toutes ses activités de campagne numérique sont publiées.

L’audience a eu lieu le lendemain du jour où M. Melcer a exhorté la police à enquêter sur les violations présumées de la loi de campagne du Likud pour le financement d’une initiative en ligne visant à encourager la participation électorale de droite.

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