La communauté hollandaise ne peut plus se maintenir, selon un dirigeant local
Rechercher

La communauté hollandaise ne peut plus se maintenir, selon un dirigeant local

Pour le président de l’institut Crescas pour la culture juive, l’Holocauste et l’alyah ont imposé un lourd tribut

Une statue d'Anne Frank près de la maison Anne Frank à Amsterdam, aux Pays-Bas. (Crédit : Matt Lebovic/Times of Israel)
Une statue d'Anne Frank près de la maison Anne Frank à Amsterdam, aux Pays-Bas. (Crédit : Matt Lebovic/Times of Israel)

AMSTERDAM – Les effets de l’Holocauste aux Pays-Bas et l’émigration juive ont rendu les institutions communautaires de la communauté hollandaise impossibles à maintenir, a déclaré une figure importante de la communauté.

Michel Waterman, directeur de l’institut Crescas pour la culture juive, a fait cette déclaration inhabituelle pendant un entretien publié mardi dans le quotidien Het Parool, avant sa retraite qu’il prendra cette année de l’institut Crescas, la principale organisation de ce type du pays.

« Nous avions autrefois des écoles juives, des hôpitaux juifs, des maisons de retraite, des magasins. Aujourd’hui, la communauté juive est trop petite pour maintenir sa propre infrastructure », a déclaré Waterman.

Les Pays-Bas comptaient autrefois 140 000 juifs, mais les nazis ont tué plus de 75 % d’entre eux, le taux le plus important de l’Europe occidentale occupée par les nazis. Des milliers de familles juives hollandaises ont émigré en Israël.

Binyomin Jacobs, grand rabbin des Pays-Bas (Crédit : Meshulam/Wikipedia)
Binyomin Jacobs, grand rabbin des Pays-Bas (Crédit : Meshulam/Wikipedia)

La tradition juive, a ajouté Waterman, n’est plus transmise de génération en génération comme elle l’était autrefois dans le pays.

« Cela arrive bien moins souvent qu’avant. Beaucoup de familles partent. Les nazis ont presque réussi à éradiquer le peuple juif [des Pays-Bas] », a-t-il déclaré.

D’autres dirigeants juifs, comme Ronny Naftaniel, président du Fonds humanitaire hollandais, se sont opposés aux projections pessimistes comme celles de Waterman, citant une croissance de 20 % ces 20 dernières années de la taille de la population juive, qui est passée de 40 000 à 50 000 membres environ, en partie grâce à d’anciens Israéliens qui vivent à Amsterdam et dans ses alentours.

Mais Waterman est resté pessimiste pendant son entretien : « Nous expérimentons un manque d’infrastructure culturelle. Comment allons-nous en créer une. D’où viendront les éducateurs juifs ? », a-t-il demandé. Certaines institutions et cadres juifs, a-t-il déclaré « sont grandement endommagés, et [leur capacité] est réduite. »

En 2014, dans un contexte d’attaques antisémites, le grand rabbin hollandais Binyomin Jacobs avait choqué beaucoup de ses concitoyens quand il avait annoncé aux médias que, si ce n’était pour ses obligations envers la communauté qu’il sert, il partirait, en partie à cause de l’antisémitisme.

De jeunes musulmans se moquent d'un homme juif, aux Pays-Bas. (Crédit : capture d'écran YouTube
De jeunes musulmans se moquent d’un homme juif, aux Pays-Bas. (Crédit : capture d’écran YouTube

Sa déclaration, qui suivait des jets de pierres contre sa propre maison, avait fait les gros titres et entraîné une réponse passionnée des autres dirigeants religieux.

En 2010, des réactions similaires avaient été observées après une déclaration de Frits Bolkestein, ancien commissaire européen er ancien dirigeant du parti de droite au pouvoir aux Pays-Bas, VVD, qui avait déclaré à l’universitaire juif hollandais Manfred Gerstenfled que les juifs pratiquants n’avaient « pas de futur ici, et devraient immigrer aux Etats-Unis ou en Israël. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...