La CoP fustige Erdogan qui a promis de « libérer al-Aqsa »
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La CoP fustige Erdogan qui a promis de « libérer al-Aqsa »

L'organisation-cadre américaine Conference of Presidents estime que les déclarations du chef turc, lors de la réouverture de Sainte-Sophie, ont été "incendiaires" et "offensants"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'exprime lors d'une conférence de presse au complexe présidentiel d'Ankara, le 29 juin 2020. (Crédit : Adem ALTAN / AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'exprime lors d'une conférence de presse au complexe présidentiel d'Ankara, le 29 juin 2020. (Crédit : Adem ALTAN / AFP)

L’organisation-cadre de la CoP (Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations) a condamné, mardi, les propos tenus par le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a déclaré que sa décision de rouvrir la basilique Sainte-Sophie après l’avoir transformée en mosquée était un signe précurseur de la « libération » de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem.

« Nous sommes horrifiés par les propos incendiaires et offensants tenus par le président turc Recep Tayyip Erdogan… qui impliquent qu’il cherche à prendre le contrôle des Lieux saints dans la Vieille Ville de Jérusalem qui accueille la mosquée al-Aqsa », a fait savoir la CoP, qui représente 53 organisations juives, dans un communiqué.

Vendredi dernier, Erdogan avait officiellement annoncé que l’emblématique basilique Sainte-Sophie d’Istanbul, dont la construction remonte au 6e siècle, serait transformée en mosquée et il avait déclaré qu’elle serait dorénavant ouverte aux fidèles musulmans, quelques heures après l’annulation par le conseil d’Etat d’une décision de 1934 qui avait transformé le site en musée.

Selon le quotidien pro-gouvernemental turc Yeni Şafak, le dirigeant a indiqué que « la résurrection de Sainte-Sophie est le signe annonciateur de la libération de la mosquée Al-Aqsa et marque la volonté des musulmans à laisser les jours difficiles derrière eux ».

Une femme prend la pose devant la Basilique Sainte-Sophie à Istanbul, le 11 juillet 2020. (Ozan Kose/AFP)

La Conference of Presidents a précisé que « cette rhétorique scandaleuse concernant la mosquée Al-Aqsa peut inciter à la violence contre Israël et ses citoyens – elle le fait déjà – et elle viendra s’ajouter aux tensions dans la région. Nous la condamnons avec force et nous recommandons vivement au président Erdogan de désavouer ces paroles et agissements incendiaires ».

Jérusalem se trouvait, dans le passé, sous l’autorité de l’empire Ottoman, l’ancêtre de la république de Turquie, jusqu’en 1917, année où la ville avait été capturée par les Britanniques pendant la Première guerre mondiale. Erdogan, un Islamiste, s’est fréquemment insurgé contre Israël concernant la mosquée Al-Aqsa. Cette dernière, qui est le troisième site le plus saint de l’islam, trône sur le mont du Temple, lieu le plus vénéré du judaïsme à Jérusalem, qui avait accueilli les deux temples bibliques.

La décision de reconvertir Sainte-Sophie – cathédrale qui avait été transformée en mosquée après la conquête d’Istanbul par l’empire Ottoman et qui, depuis 86 ans, accueille un musée – a consterné de nombreux chrétiens orthodoxes et beaucoup de pays, dont la France, les Etats-Unis et la Grèce.

Le Conseil d’Etat, le plus haut tribunal administratif de Turquie, a accédé vendredi à la requête de plusieurs associations en révoquant une mesure gouvernementale de 1934 conférant à Sainte-Sophie le statut de musée. Quelques heures plus tard, Erdogan avait signé un décret confiant Sainte-Sophie aux soins de la Présidence des Affaires religieuses de Turquie.

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