La cour rabbinique de Jérusalem cherche à plafonner les promesses de ketuba
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La cour rabbinique de Jérusalem cherche à plafonner les promesses de ketuba

La cour fait valoir que cette tradition ancienne a pris des ampleurs telles que les mariés font des promesses qu'ils ne peuvent pas tenir

Bagues de mariage (Crédit : Ernst Vikne, via Flickr, CC BY-SA )
Bagues de mariage (Crédit : Ernst Vikne, via Flickr, CC BY-SA )

Le tribunal rabbinique régional de Jérusalem a demandé au rabbinat d’Israël de fixer une limite d’un million de shekels pour la pension alimentaire que les Juifs peuvent, avant le mariage, s’engager à payer à leurs épouses en cas de divorce.

Cette requête inhabituelle a été déposée au début du mois suite à un divorce au cours duquel l’ex-femme d’un homme a exigé qu’il lui paie 555 555 shekels parce que c’était la somme qu’il avait promis de payer sur sa ketuba – le mot hébreu pour le contrat de mariage conforme à la loi juive orthodoxe, a indiqué le site NRG lundi.

Son ex-mari a fait valoir qu’il a pris cet engagement comme un témoignage de son amour et de sa reconnaissance pour elle et qu’il ne pensait pas que cette promesse serait juridiquement contraignante. Mais en Israël, où les cours rabbiniques et les autres tribunaux religieux agissent en tant que tribunaux de famille dans le cadre du système judiciaire, les ketubot sont recevables comme un accord prénuptial.

De nombreux mariés s’engagent sur des sommes qu’ils ne peuvent pas se permettre, en attachant beaucoup de zéros au nombre 18, qui est associé à la vie en raison de la numérologie juive, ou au nombre 555. Le nombre 555 est particulièrement populaire parmi les juifs séfarades qui croient que c’est un chiffre porte chance. La coutume de lire la ketuba devant les invités du mariage ajoute une incitation à lancer des nombres élevés, que la Cour a défini comme étant irréaliste.

Le panel de trois juges rabbiniques, ou dayanim, qui ont examiné le cas de divorce en question était divisé sur la question. Un dayan a pris une décision en faveur de la demande de l’ex-épouse. Mais ses collègues ont estimé que l’ex-mari n’avait pas à payer la somme complète. Le tribunal rabbinique, ou beit din, a finalement attribué à la femme 120 000 shekels que son ex-mari doit payer.

Dans la demande au rabbinat du beth din régional de fixer un plafond d’un million de shekels dans les annonces de ketuba, le dayan a démontré que la tradition des pensions irréalistes est ancienne de plusieurs siècles. Ils ont cité un dayan supérieur au Maroc, Rabbi Shaul Even Danan, qui, il y a 200 ans a dénoncé la coutume.

« L’ajout indésirable à la coutume des ketubot, qui s’est propagé à travers nos terres atteignant des millions, est devenue une question risible. Les pauvres qui n’ont rien de telle qu’une tranche de pain à leur nom ne peuvent pas payer même une fraction de ce qu’ils engagent à payer – une action qui équivaut au mensonge pur et simple », avait-il écrit.

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