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La CUNY critiquée pour l’embauche d’un professeur anti-Israël

Le réseau d'universités de la ville de New York a été fustigé pour avoir recruté Marc Lamont Hill, renvoyé de CNN pour ses paroles anti-israéliennes

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Le modérateur Marc Lamont Hill lors d'un événement à New York City, le 7 décembre 2016. (Crédit : Bennett Raglin/Getty Images for BET Networks/AFP)
Le modérateur Marc Lamont Hill lors d'un événement à New York City, le 7 décembre 2016. (Crédit : Bennett Raglin/Getty Images for BET Networks/AFP)

NEW YORK — Alors que les accusations portant sur un antisémitisme qui se serait largement propagé sur leurs campus se multiplient, les universités publiques de New York ont aussi été critiquées, cette semaine, pour avoir embauché un nouveau professeur de haut-rang connu pour sa rhétorique anti-israélienne.

Marc Lamont Hill sera professeur en éducation urbaine au Graduate Center de la CUNY (université de la ville de New York), a fait savoir l’institution qui a souligné ses recherches faites sur les Palestiniens.

Hill, chroniqueur politique progressiste, avait été renvoyé de CNN en 2018 pour avoir utilisé l’expression « du fleuve jusqu’à la mer », l’appel utilisé par le groupe terroriste du Hamas pour prôner la destruction d’Israël.

« Nous avons l’opportunité de ne pas seulement offrir notre solidarité en paroles mais de nous engager également et concrètement dans l’action politique, dans l’action de terrain, dans l’action locale et internationale – ce qui, à terme, nous apportera ce qui ne serait que justice, à savoir une Palestine libre du fleuve jusqu’à la mer », avait dit Hill lors d’un événement pro-palestinien organisé par les Nations unies.

Il avait ensuite cherché à revenir sur ses propos, affirmant que « je suis désolé si mes mots ont pu blesser qui que ce soit ».

« En disant ‘Au fleuve jusqu’à la mer’, je n’ai pas voulu lancer un appel à détruire quoi que ce soit, ou qui que ce soit. C’était un appel à la justice que ce soit en Israël, en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza », avait-il ajouté. « On ne peut pas être progressiste en ignorant la situation critique des Palestiniens ».

Soutien du mouvement BDS, Hill avait aussi regretté que le système antimissile du Dôme de fer, en Israël, vienne entraver « l’influence politique » du Hamas sur l’État juif. Il avait rendu hommage aux terroristes palestiniens ; il avait suggéré que les médias mainstream étaient « des organisations sionistes » ; il avait attribué à Israël la pleine responsabilité des violences à Gaza et il avait défendu ses liens entretenus avec Louis Farrakhan, le leader du groupe antisémite Nation of Islam.

L’American Jewish Committee (AJC) a critiqué la CUNY pour son embauche de Hill, affirmant que le commentateur « a été renvoyé de CNN pour sa rhétorique anti-israélienne non-dissimulée – une rhétorique qui déborde souvent sur l’antisémitisme ».

« Mais pourquoi a-t-il alors été embauché par la CUNY ? L’absence de professeurs idéologiquement ouvert dans plusieurs de ses établissements se fait au détriment de tous les étudiants et, en particulier, au détriment des étudiants juifs », a continué l’AJC dans un communiqué.

Inna Vernikov et Ari Kagan, membres juifs du conseil de la ville de New York qui ont, dans le passé, protesté face à l’antisémitisme au sein de la CUNY, ainsi que plusieurs groupes universitaires juifs, SAFE CUNY, Alums for Campus Fairness et l’AMCHA Initiative – ont aussi condamné cette décision.

L’organisation juive CUNY Alliance for Inclusion a protesté dans une lettre écrite aux administrateurs des universités, les appelant à adopter une définition claire de l’antisémitisme et à faire appel à des intellectuels publics « en mesure de défendre la justice pour tous et sans exception ».

Le réseau d’universités compte plusieurs professeurs connus qui ont âprement critiqué Israël – mais aucun partisan de l’État juif de premier plan. Un grand nombre de groupes juifs ont demandé à la CUNY d’adopter la définition de l’antisémitisme de l’IHRA, qui couvre certaines formes de critiques d’Israël – mais la CUNY a refusé.

Des militants anti-Israël et pro-palestiniens à New York, le 15 mai 2021. Illustration (Crédit: Luke Tress/Times of Israel)

La CUNY a déclaré au Times of Israel qu’Hill était « un expert très respecté » qui avait été sélectionné à l’unanimité par la sous-commission chargée du recrutement des professeurs des universités sur la base de ses connaissances profondes et de ses propos publics. La CUNY a souligné, par ailleurs, les condamnations de l’antisémitisme de la part de Hill qui ont pu avoir lieu dans le passé, notant qu’il y avait eu, au sein de la commission chargée du recrutement, des membres qui s’identifiaient comme Juifs.

Ce réseau d’universités est financé de la poche des contribuables et les salaires sont mis à disposition du public en ce qui concerne la majorité des postes occupés. Toutefois, la CUNY n’a pas souhaité dévoiler la rémunération que touchera Hill.

Cela fait longtemps que la CUNY fait partie du tissu social de la ville, avec 25 universités, plus de 240 000 étudiants et environ 40 000 employés. L’antisémitisme présumé qui sévit sur les campus de la CUNY inquiète depuis de longues années, alors que les étudiants et les professeurs juifs affirment être harcelés et discriminés, réclamant l’intervention de l’administration.

Lors des deux dernières remises des diplômes à la CUNY Law, l’une des institutions les plus connues du réseau universitaire, deux intervenants avaient utilisé une rhétorique férocement anti-israélienne dans la plus grande partie de leurs discours. Tous deux étaient des activistes qui, dans le passé, avaient prôné publiquement la destruction d’Israël et qui étaient liés à des individus condamnés pour des crimes de haine antisémites. Les Juifs sont la cible de crimes de haine à New York plus que toute autre communauté.

L’année dernière, le département de l’Éducation américain avait ouvert une enquête portant sur des accusations de harcèlement des étudiants juifs au Brooklyn College, qui appartient au réseau de la CUNY.

Le syndicat des professeurs de la CUNY a aussi adopté des résolutions anti-israéliennes, entraînant la colère des professeurs juifs.

Le réseau a répondu en disant qu’il prenait des mesures pour améliorer la vie des étudiants juifs sur ses différents campus.

Au début de l’année, la CUNY a établi un partenariat avec deux organisations, le Jewish Community Relations Council of New York et la Foundation to Combat Antisemitism, dans le but de lancer une campagne contre le racisme anti-juif. Elle a aussi annoncé la création d’un nouveau Conseil sur la vie juive.

A la fin de l’année dernière, la CUNY s’était engagée à prendre une série de mesures pour lutter contre l’antisémitisme dans ses campus, avec notamment l’établissement d’un partenariat avec Hillel, un portail en ligne pour les signalements de discrimination. Par ailleurs, la somme de 570 000 dollars avait été allouée à des programmes de lutte contre les haines.

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