La défense de Mehdi Meklat et ses défenseurs ne convainquent pas
Rechercher

La défense de Mehdi Meklat et ses défenseurs ne convainquent pas

Les défenseurs du jeune homme le considèrent comme "un artiste maudit" au lieu d'un simple "nazillon déguisé en mec sympa"

Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah, lors d'une chronique sur Médiapart. (Crédit: capture d'écran YouTube/Médiapart)
Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah, lors d'une chronique sur Médiapart. (Crédit: capture d'écran YouTube/Médiapart)

Condamnant lui-même les propos tenus par « son double maléfique », ce « personnage insupportable » l’accusant d’avoir « envahi son esprit », la défense de Mehdi Meklat devant le tribunal médiatique ne convainc pas.

« L’argument du mauvais génie, c’est du génie ! » se moque Raphaël Enthoven sur Europe 1. Enthoven pointe ensuite les défenseurs du jeune homme, dont certains « ont lancé et protégé » sa carrière et qui aujourd’hui, évitant leur « examen de conscience », le considèrent comme « un artiste maudit » au lieu d’un simple « nazillon déguisé en mec sympa ».

Le jeune auteur et journaliste (Bondy Blog, Mediapart, France-Inter, Arte) de 24 ans, suite à son passage dans l’émission « La grande librairie » où il assurait la promotion son deuxième ouvrage « Minute », a vu resurgir 5 années de messages postés sur Twitter. Des tweets où les insultes ordurières antisémites rivalisent avec les messages homophobes débridés, que Meklat a audacieusement qualifié de recherches sur « la notion d’excès et de provocation », avant de s’auto-absoudre en les qualifiant lui-même « d’obsolètes ».

Le scandale a fait réapparaître la ligne de fracture entre les « deux gauches » françaises. La première ayant décidé depuis les attentats de Paris de combattre frontalement l’intégrisme salafiste et des Frères musulmans, se faisant accuser par la seconde de stigmatisation des « jeunes de banlieue » et de dérive fasciste.

Meklat et ses mentors ont donc rapidement pointé les raisons et la provenance de ses accusations : « Je suis la cible de la fachosphère, qui menace ma vie » explique Meklat à Télérama.

« Je suis un jeune, j’ai grandi en banlieue, j’ai 24 ans, je suis arabe ». Medhi Meklat, porte-parole auto-proclamé de « la banlieue », accepté comme tel et même promu dans ce rôle par Pascale Clark dans France-Inter ou Edwy Plenel dans Mediapart serait donc victime de racisme. Non pas de ses propres prises de positions où l’antisémitisme et l’homophobie se disputent à la vulgarité.

« J’allais faire un tweet sur les juives et Hitler, mais j’ai pas osé. Est-ce que je manque de couilles ? » tweetait-il le 21 janvier 2013, avant de poursuivre : « la verge d’Hitler dans ces salopes ». Les autres messages concernant les juifs sont de la même eau.

« Une coalition numérique allant de la fachosphère au Printemps Républicain, écrit ainsi Edwy Plenel, est à la manœuvre pour, en attaquant le fils prodige du Bondy Blog, détruire tout ce qu’il est censé incarner ».

L’éditorialiste Jack Dion de Marianne se demande, en réponse à Edwy Plenel se demande « qu’est donc censé incarner cet homme adepte de l’antisémitisme, du racisme, du sexisme, et de l’homophobie ? » dont on a voulu faire l’égérie des banlieues.

« Etant classé d’office dans le camp du Bien, continue-t-il, Mehdi Meklat était par définition insensible au racisme, à l’antisémitisme, au sexisme et à l’homophobie, toutes ces tares dont l’extrême droite aurait le monopole. Pour ceux qui découvrent qu’une fachosphère peut en cacher une autre, le retour sur terre est forcément brutal ».

Soutien du controversé CCIF proche des Frères musulmans, Meklat est également un adepte de l’accusation en islamophobie.

Christine Taubira, que Meklat avait interviewé pour les Inrocks, tout comme les éditions du Seuil viennent de se désolidariser du jeune auteur.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...