La directrice-générale respectée du ministère de la Justice limogée
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La directrice-générale respectée du ministère de la Justice limogée

L'ex-ministre de la Justice, Ayelet Shaked, a pour sa part rendu hommage à Emi Palmor

Emi Palmor, deuxième à droite, directrice générale du ministère de la Justice, devant une commission de la Knesset, le 10 juillet 2017. (Crédit : autorisation)
Emi Palmor, deuxième à droite, directrice générale du ministère de la Justice, devant une commission de la Knesset, le 10 juillet 2017. (Crédit : autorisation)

Initiative qui a créé la surprise, le ministre de la Justice Amir Ohana a renvoyé mardi la directrice-générale de son ministère, Emi Palmor

Palmor, personnalité respectée du système judiciaire depuis 23 ans, avait été nommée au poste au mois de février 2014 par la ministre de l’époque, Tzipi Livni, qui appartenait au parti Hatnua de gauche. Elle était ensuite restée pendant tout le mandat de quatre ans d’Ayelet Shaked, du parti de droite HaBayit HaYehudi.

Les ministres ont la liberté de nommer et de limoger le directeur-général de leurs ministères à leur gré mais des changements de personnels aussi significatifs ne sont habituellement pas décidés par un gouvernement intérimaire, en amont d’élections.

Ayelet Shaked, qui a précédé Ohana à la tête du ministère, a, pour sa part, salué Emi Palmor après avoir appris son limogeage.

Elle a fait l’éloge du « professionnalisme » de la directrice-générale et de son travail visant à « intégrer et à faire avancer les populations les plus faibles, et à aider à transformer le ministère en ministère dont l’objectif est de poursuivre la justice et l’équité. Emi était une fonctionnaire dévouée », a-t-elle déclaré.

La décision du ministre de la Justice Amir Ohana de renvoyer la directrice générale de son ministère a été très largement critiquée, et Ohana a reçu des soutiens qu’il ne souhaitait probablement pas remporter.

Le Mouvement pour la qualité du gouvernement, un groupe de lutte contre la corruption, s’est plaint dans un communiqué que la décision soit intervenue lors d’un gouvernement de transition avant les élections du 17 septembre.

Affirmant qu’Ohana est « ivre de pouvoir », il l’a accusé « d’outrepasser son autorité » et « d’oublier le fait qu’il est essentiellement un ministre de la Justice de transition ».

Kakhol lavan a fustigé Ohana pour les « dégâts disproportionnés » qu’il fait en tant que ministre d’intérim. L’éviction de Palmor montre « seulement à quel niveau de cynisme sont arrivés les ministres de Netanyahu. Netanyahu ne se soucie que de lui-même, ses partisans ne pensent qu’à son immunité, et il nous laisse le soin de nous occuper de l’avenir du pays ».

L’élue Pnina Tamano-Shata de Kakhol lavan a dit à Ohana « c’est votre perte ». Elle a qualifié Palmor « de directrice générale extraordinaire, une véritable fonctionnaire, professionnelle et sérieuse ».

La députée de Meretz Michal Rozin a fustigé la décision comme « un abus clair de l’autorité d’un gouvernement de transition » qui « sent très mauvais, comme si l’objectif était de faire peur aux fonctionnaires ».

Le nouveau Parti démocrate israélien d’Ehud Barak a déclaré qu’il s’agissait « d’une autre étape dans le démantèlement complet du système démocratique. Un démocratie a besoin de gardiens, et Palmor était l’un de ses meilleurs gardiens ».

Mais Ohana va peut-être se réconforter du soutien qu’il a reçu de l’autre bout du paysage politique : le parti extrémiste Otzma Yehudit.

Itamar Ben-Gvir a qualifié sa décision « d’importante et de courageuse… la gauche israélienne doit se rendre compte que la droite est au pouvoir, c’est la démocratie ».

L’avocat Itamar Ben Gvir arrive au tribunal de première instance de Jérusalem, le 29 octobre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Justice Amir Ohana a réagi à la polémique croissante suscitée par le limogeage de la directrice-générale Emi Palmer et des raisons qui l’auraient poussé à la renvoyer. Cette initiative a été critiquée par de nombreuses parties et a soulevé des questions sur sa justification.

Certains ont suggéré qu’il tentait d’influencer la nomination du prochain procureur d’Etat – tout directeur-général qu’il va être amené à désigner siègera à la commission de nomination – afin de garantir qu’un candidat auquel s’opposerait Benjamin Netanyahu, Liat Ben-Ari, principale procureure dans les enquêtes pour corruption contre le Premier ministre, serait bien évincé.

D’autres ont relevé un post partagé par Yair Netanyahu, dimanche, sur Facebook qui a accusé Palmor d’être « gauchiste ».

Mais Ohana a insisté qu’il avait été le seul à l’origine de cette décision.

« La pratique acceptée, pour un ministre, est de désigner un directeur-général. C’est un poste de confiance – faire autrement serait une anomalie », a-t-il estimé dans une déclaration. « C’est ça, la gouvernance », a-t-il ajouté.

Il a poursuivi en disant que « ces dernières semaines, j’ai parlé à Emi Palmor de la fin de son mandat et elle m’a fait part de sa volonté et de son accord d’y mettre un terme. Les folles spéculations autour de cette décision ne sont aucunement vraies. C’est une décision que j’ai pris moi-même et moi seul ».

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