La famille Azaria se tourne vers la Knesset pour obtenir sa grâce
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La famille Azaria se tourne vers la Knesset pour obtenir sa grâce

La famille du soldat israélien condamné pour avoir tué un terroriste palestinien neutralisé a été accueillie au Parlement en tant qu'invitée de la députée Nava Boker

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

La députée Nava Boker (à gauche) aux côtés d'Oshra et Charlie Azaria, des parents du soldat israélien Elor Azaria, un soldat israélien condamné à 18 mois de prison pour avoir tué un Palestinien blessé, lors d'une conférence de presse à l'extérieur de la Knesset, le 15 mars 2017 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
La députée Nava Boker (à gauche) aux côtés d'Oshra et Charlie Azaria, des parents du soldat israélien Elor Azaria, un soldat israélien condamné à 18 mois de prison pour avoir tué un Palestinien blessé, lors d'une conférence de presse à l'extérieur de la Knesset, le 15 mars 2017 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

La famille d’un soldat condamné à dix-huit mois de prison pour avoir tué un terroriste palestinien neutralisé s’est tournée vers le Parlement israélien pour que sa peine soit commuée. Elle s’est présentée à la Knesset jeudi pour persuader les députés de soutenir leur combat pour obtenir la grâce de leur fils.

La famille d’Elor Azaria, invitée par la députée Nava Boker (Likud), l’une des premières membres de la Knesset à demander l’amnistie pour Azaria, a présenté aux députés ce qu’ils ont appelé un « vrai compte-rendu » de l’incident pour tenter de persuader les députés de faire pression sur le président Reuven Rivlin pour qu’il accorde l’amnistie de la peine prononcée par un tribunal militaire le mois dernier.

Azaria, 21 ans, a été reconnu coupable d’homicide involontaire et a été condamné à 18 mois de prison pour avoir tiré sur Abed al-Fattah al-Sharif le 24 mars 2016. Sharif et un autre homme avaient mené une attaque au couteau contre les troupes à Hebron. Azaria lui a tiré dessus et l’a tué alors qu’il était étendu sur le sol, désarmé et blessé après avoir été neutralisé pendant l’attaque.

Cette affaire a ouvert des fissures profondes dans la société israélienne. Certaines personnes de gauche ont vu cette affaire comme un moyen de tester le respect de l’armée envers l’ordre public. La droite considère Azaria comme une victime de la situation qui ne devrait pas être puni. Suite au verdict, plusieurs députés de droite, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont demandé sa grâce.

Elor Azaria devant la cour militaire de Jaffa, le 28 août 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Elor Azaria devant la cour militaire de Jaffa, le 28 août 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

S’exprimant à l’extérieur de la Knesset, avant d’entrer dans le bâtiment, Oshra Azaria a déclaré, dans ce qui est l’un des rares commentaires à la presse, que son fils Elor « a été envoyé pour servir l’État et je demande qu’il me soit rendu ».

Charlie Azaria, le père d’Elor, a déclaré qu’il espérait que cette visite permettrait de « révéler la vérité à tous les membres de la Knesset » afin qu’ils soutiennent leurs efforts pour obtenir son amnistie.

« Je suis également ici pour lancer un appel direct, aujourd’hui, au président Reuven Rivlin », a déclaré Azaria, « Monsieur, vous avez dit à plusieurs reprises que l’armée israélienne est l’armée populaire et que l’armée populaire ne peut pas aller à l’encontre du peuple. Aujourd’hui, nous vous demandons de libérer Elor parce que c’est la volonté du peuple. C’est un soldat, un garçon qui sert le pays et qui protège tous les citoyens de l’État d’Israël ».

Azaria a deux possibilités pour obtenir sa grâce : soit du chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Gadi Eisenkot, qui a déjà critiqué avec véhémence les actions d’Azaria et est donc considéré comme peu susceptible d’accorder une amnistie, ou en faire en sorte de l’obtenir du président d’Israël.

Boker a expliqué au Times of Israël qu’elle espérait que la visite mettrait la pression sur le pouvoir législatif et les branches exécutives du pouvoir.

Nava Boker, députée du Likud, le 14 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Nava Boker, députée du Likud, le 14 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

« Malgré ce que disent les cyniques, Elor est vraiment le fils de tous et chacun doit s’en rendre compte », a-t-elle déclaré en accompagnant la famille en dehors de la Knesset.

« J’espère que cette visite se terminera par la grâce du président. J’invite les autres membres de la Knesset à se joindre à la lutte ».

Un porte-parole du président a refusé de répondre directement mercredi et a invité les journalistes à regarder plutôt les déclarations antérieures faites par Rivlin dans l’affaire.

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