La famille d’une transsexuelle s’oppose à sa crémation
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La famille d’une transsexuelle s’oppose à sa crémation

La justice doit trancher pour savoir si les liens du sang prévalent sur les choix personnels de May Peleg, faits de son vivant

Drapeau LGBTIQ. (Crédit : Wikimedia commons)
Drapeau LGBTIQ. (Crédit : Wikimedia commons)

Une mère ultra-orthodoxe juive peut-elle s’opposer aux dernières volontés de son enfant quand celui-ci, une transsexuelle, demande à être incinéré ? La justice israélienne est appelée à trancher, a indiqué mercredi un ami de la disparue.

May Peleg, 31 ans, transsexuelle et directrice de la « Maison ouverte », principal point de regroupement de la communauté LGBT (Lesbiennes, Gays, Bi et Trans) de Jérusalem, s’est suicidée le week-end dernier.

La veille, elle avait transmis ses dernières volontés à son avocat : qu’elle soit incinérée et que ses cendres soient pour une partie dispersées en mer et pour l’autre au pied d’un arbre, écrit le quotidien Haaretz qui rapporte l’affaire mercredi.

Sa mère ultra-orthodoxe a saisi la justice pour s’y opposer, a indiqué à l’AFP Eran Globus, un dirigeant de l’Open House.

La religion juive interdit le suicide et la crémation.

May Peleg, née sous le sexe masculin, avait subi une opération pour devenir une femme après s’être mariée, avoir eu deux enfants et avoir divorcé.

« May savait que sa famille, avec qui elle n’était plus en contact depuis des années, tenterait de s’opposer à sa crémation et d’imposer un enterrement selon le rituel », a affirmé Eran Globus.

« J’ai découvert aujourd’hui que mon fils avait été découvert mort (…) Je demande à ce qu’on me rende son corps pour qu’il soit enterré selon la loi juive », a déclaré la mère de May Peleg lors d’une audience mardi devant un tribunal de Jérusalem, selon Haaretz.

« La justice doit trancher entre d’un côté la volonté d’une défunte et de l’autre les prérogatives de sa famille », a déclaré à l’AFP l’avocat de May Peleg, Yossi Wolfson.

« Il s’agit aussi de savoir ce qui prévaut: les liens du sang, qui rattachent May Peleg au monde haredi (ultra-orthodoxe), ou ceux qu’elle avait choisis avec la communauté LGBT », a-t-il ajouté. La loi israélienne est « très respectueuse » des volontés des défunts.

Trois jours après sa mort, le corps de May Peleg est toujours aux mains de la police, dit Haaretz.

La loi israélienne accorde de larges droits aux LGBT, notamment dans le domaine familial. Tel-Aviv passe pour l’une des villes les plus hospitalières au monde pour la communauté, qui reste en butte aux vues strictes de la plus grande partie du monde juif orthodoxe sur le sujet.

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