La famille Markowitz inaugure le « Technicolor Dreamcoat » pour une bar-mitsva
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La famille Markowitz inaugure le « Technicolor Dreamcoat » pour une bar-mitsva

Refusant de laisser la pandémie ruiner leurs projets, une famille de Jérusalem, férue de théâtre musical, répète et filme un classique dans le désert pour une seule projection

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

La famille et les amis, acteurs de “Joseph and the Technicolor Dreamcoat”, une production créée uniquement pour la célébration, en pleine crise de coronavirus, de la bar-mitsva d'Adin Markowitz, 13 ans, de Jérusalem. (Autorisation : Laura Ben-David)
La famille et les amis, acteurs de “Joseph and the Technicolor Dreamcoat”, une production créée uniquement pour la célébration, en pleine crise de coronavirus, de la bar-mitsva d'Adin Markowitz, 13 ans, de Jérusalem. (Autorisation : Laura Ben-David)

En cette année d’incertitudes, où les bar- et bat-mitzvah sont passées des salles de réception aux écrans Zoom, Adin Markowitz n’était sûr que d’une chose : quand il atteindrait 13 ans en décembre, sa bar-mitsva inclurait chants, danses extravagantes, et un célèbre technicolor dreamcoat, malgré vents, marées, et pandémie.

Il est de coutume pour les célébrations de bar- et bat-mitzvah de chanter une portion de la Torah à la synagogue pour marquer le rite de passage. Pour Markowitz, né à Hanoukka, cela signifiait qu’il lirait la Parashat Miketz, qui raconte l’histoire de l’ascension au pouvoir de Joseph en Égypte.

Avec la portion de la semaine précédente – Vayeshev, dans laquelle Joseph reçoit de son père un manteau multicolore et est vendu comme esclave par ses frères – ce conte constitue la trame de la comédie musicale de Broadway d’Andrew Lloyd Weber de 1968, « Joseph and the Technicolor Dreamcoat ».

Le spectacle est un des préférés de la famille, et le projet d’organiser une bar-mitsva « Joseph » est une plaisanterie familiale pratiquement depuis la naissance de Markowitz, a expliqué la mère Gaby Shine, une habituée du réseau de théâtre communautaire de Jérusalem qui a élevé ses quatre enfants dans le théâtre musical.

« Je suis une maman folle de musique », a déclaré Shine, qui a immigré d’Angleterre en Israël il y a 28 ans. « Sa naissance a été mélodramatique de A à Z, il est né à la maison en 10 minutes, et en route pour l’hôpital, j’ai dit : “attendez une minute, c’est quoi la paracha ? Joseph !” »

Adin Markowitz, au centre, avec sa sœur Mia, à gauche, sa grand-mère Sylvia Shine, et sa mère, Gaby Shine, à droite, dans la version filmée de « Joseph and the Technicolor Dreamcoat ». (Autorisation : Laura Ben-David)

En tant que troisième des quatre rejetons Markowitz, Adin marche sur les traces musicales de ses frères et sœurs. Son frère aîné Eliav a célébré sa bar-mitsva en jouant de la flûte à bec avec un orchestre au conservatoire de Jérusalem où il étudiait. Sa sœur Mia a marqué sa bat-mitzvah par un concert d’Abba en direct – en costumes et tout – interprété par la famille à la tahanat rishona de Jérusalem.

« Nous aimons faire des bar-mitsva amusantes, un peu différentes », a déclaré Shine. « Les bar- et bat-mitzvah sont un peu assommantes, et pour moi, ces célébrations consistent à trouver ce qui fait briller votre enfant par lui-même.

La famille et les amis, acteurs de “Joseph and the Technicolor Dreamcoat”, une production créée uniquement pour la célébration, en pleine crise de coronavirus, de la bar-mitsva d’Adin Markowitz, 13 ans, de Jérusalem. (Autorisation : Laura Ben-David)

Le plan initial était de repérer un théâtre local, et de monter une production en direct de « Joseph and the Technicolor Dreamcoat », interprété par tous ceux qui souhaiteraient participer, avec le bar-mitsvé, bien sûr. Les invités en seraient le public.

Et puis le coronavirus a frappé.

En avril, Shine avait deux objectifs : elle voulait s’assurer qu’Adin se sente spécial le jour de sa bar-mitsva, malgré les nombreux défis de la pandémie. Son deuxième objectif était d’éviter une bar-mitsva et des discours sur Zoom, et de créer quelque chose que tout le monde pourrait apprécier, invités inclus.

Lors de remue-méninges sur Zoom avec ses amis du théâtre communautaire, Marty Weisel, membre de l’association locale Jerusalem English Theatre, a proposé de tourner un film de leur performance de Joseph.

Shine s’est mise au travail. Obtenir une licence pour la musique officielle pour leur production aurait coûté cher, mais elle a écrit à la société qui détient les droits, a expliqué la situation, et elle a obtenu la permission d’utiliser la musique pour leur cérémonie.

Stephen Markowitz, à gauche, incarne Pharaon dans la version filmée de « Joseph and the Technicolor Dreamcoat » pour la bar-mitsva, en pleine crise de coronavirus, de son fils Adin (Autorisation : Laura Ben-David)

Shine, sa famille et ses amis ont ensuite enregistré toutes les chansons de la pièce, travaillant en capsules, avec le projet de synchroniser les mots sans masque lorsque la vidéo serait réalisée dans un second temps.

Ils ont pris soin de respecter toutes les régulations israéliennes pour le coronavirus, notamment la stricte distanciation sociale, le port de masque et les capsules, car la mère de Shine a 94 ans et sa dernière fille, Hallel, est trisomique et a dû rester à la maison depuis le début de la pandémie.

Ils ont tenu des répétitions intensives dans un parc près de leur domicile, et une grande partie du tournage a eu lieu lors d’une journée extrêmement chaude du mois d’août près du parc national d’Hérodion en Cisjordanie au sud-est de Jérusalem. L’ancienne forteresse construite par le roi Hérode sur une montagne artificielle dans le désert de Judée en 23 avant notre ère a constitué le décor désertique idéal pour raconter l’histoire biblique de Joseph et de son manteau multicolore, même si ce n’est pas exact d’un point de vue historique.

Chèvres, chameaux et danseurs dans la production très personnelle de « Joseph and the Technicolor Dreamcoat » pour la bar-mitsva d’Adin Markowitz, en pleine crise de coronavirus. (Autorisation : Laura Ben-David)

Un ami leur a prêté des chameaux et une chèvre de son zoo pour enfants, il faisait une chaleur de 43 degrés Celsius, et « Adin était juste sous le choc », a déclaré Shine. « Il pensait que c’était vraiment cool. »

Le bar-mitsvé avait le rôle principal de Joseph, et sa mère et sa sœur étaient les narrateurs du spectacle. Le frère aîné d’Adin, Eliav, jouait l’un des frères de Joseph et veillait sur sa plus jeune sœur, Hallel, dans le rôle de Benjamin, le frère cadet de Joseph. La grand-mère de Markowitz, Sylvia Shine, âgée de 94 ans, était le choix évident pour Jacob, et le père d’Adin, Stephen Markowitz, incarnait le pharaon égyptien (ou du moins ce à quoi il pouvait avoir ressemblé).

« Stephen est mon héros », a déclaré Shine. « Lui demander d’être Pharaon et de chanter devant des centaines de personnes équivaut à me demander de jouer au football au stade de Wembley ; Je ne sais pas taper dans un ballon. »

Hallel Markowitz, à l’extrême gauche, et son frère aîné, Eliav Markowitz, au-dessus d’elle, sont restés ensemble pendant le tournage de la production de bar-mitsva de leur frère « Joseph and the Technicolor Dreamcoat ». (Autorisation : Laura Ben-David)

Filmer le reste du spectacle est devenu compliqué après mi-septembre, quand Israël est entré dans son deuxième confinement, mais la famille a persévéré et le film a pu être présenté pour sa seule et unique projection publique le 16 décembre, le sixième jour de Hanoukka, le jour de la bar-mitsva d’Adin.

La famille, accompagnée de quelques amis et parents, a organisé un petit service religieux le matin à leur domicile. Adin, paré d’une cravate en technicolor et d’un talith à rayures technicolor, a chanté sa portion de la Torah entouré d’un mur de ballons technicolor. Ils ont ensuite projeté le film original en ligne à leurs amis et à famille en Israël et à l’étranger.

Adin Markowitz, le bar-mitzvé, au centre, avec son père, Stephen Markowitz (deuxième à gauche), sa sœur cadette Hallel (à gauche) et son frère aîné Eliav, à droite, lors de sa bar-mitsva de Hanoukka le 16 décembre 2020. (Autorisation : Gaby Shine)

« La bar-mitsva en Zoom a été un moment festif », a déclaré Shine. « C’était joyeux et ça a apporté de la joie aux gens. »

Le film n’a pu être montré devant un public qu’une seule fois, conformément à l’accord de Shine avec les propriétaires de l’orchestration « Joseph ».

Mais sa joie et son allégresse ne sont pas limitées par les restrictions.

« Ce fut six mois de merveilles, de communauté, et d’échappatoire à l’isolement, à faire ce que nous aimons, en l’honneur d’une bar-mitsva », a déclaré Shine.

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