Israël en guerre - Jour 151

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La famille pleure Yotam Haïm, l’un des trois otages tués par erreur par Tsahal

Le batteur de heavy metal a été enterré dans un kibboutz du sud avec des hommages musicaux, lui qui avait l'espoir d'un monde meilleur

Iris, Raviv et Tuval Haïm, lors des funérailles de Yotam Haïm, un otage tué par erreur par des soldtas de l’armée israélienne à Gaza, au kibboutz Gvulot, le 18 décembre 2023. (Crédit : Capture d'écran ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Iris, Raviv et Tuval Haïm, lors des funérailles de Yotam Haïm, un otage tué par erreur par des soldtas de l’armée israélienne à Gaza, au kibboutz Gvulot, le 18 décembre 2023. (Crédit : Capture d'écran ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Yotam Haïm, 28 ans, l’un des trois otages israéliens tués accidentellement par des soldats de l’armée israélienne à Gaza vendredi, a été inhumé lundi au kibboutz Gvulot, dans le sud.

Haïm, batteur du groupe de heavy metal Persephore, avait été enlevé au kibboutz Kfar Aza le 7 octobre. Après 70 jours de captivité, il a été abattu avec Alon Shamriz, 26 ans, et Samar Fouad Talalka, 24 ans, dans le quartier de Shejaiya, au nord de Gaza, après que les trois ont été identifiés par erreur comme une menace par des soldats israéliens.

Lors d’un enterrement empreint d’hommages musicaux, les proches de Haïm ont évoqué les problèmes de santé mentale qu’il avait rencontrés tout au long de sa vie, la joie que lui procurait la pratique de la batterie et les douloureuses dernières semaines de sa vie.

Sa mère, Iris, a parlé des problèmes de santé mentale et de dépression qui l’ont frappé depuis l’enfance.

« Parfois, j’avais l’impression que tu venais d’un autre univers et que la vie sur Terre n’était pas une évidence », a-t-elle expliqué. « Nous avons eu tant de conversations sur ta capacité d’adaptation, ton courage, ton choix de te lever chaque jour et de continuer à vivre malgré la souffrance qui était si dure pour toi. »

« Tu voulais être célèbre, être un batteur que tout le monde aurait connu », s’est-elle souvenue. « Tu parlais d’un monde meilleur, tu voulais un monde qui serait meilleur, sans méchanceté et sans esprit de vengeance. »

Yotam Haïm, à gauche, et sa mère, Iris Haïm. Yotam a été pris en otage par des terroristes du Hamas le 7 octobre ; le porte-parole de l’armée israélienne a déclaré qu’il a été tué par erreur par des soldats à Shejaiya, alors qu’il tentait de s’échapper, le 15 décembre 2023. (Autorisation).

« Tu étais fort, courageux et calme. J’ai toujours su que tu étais en vie, même si tu ne donnais aucun signe, je le savais au fond de moi. Pendant tout ce temps – 70 jours – tu m’as permis d’essayer de rendre ce monde meilleur », a dit Iris le 7 octobre.

Pendant cette période, a-t-elle ajouté, « tout le monde a appris à te connaître, toi, un beau garçon à l’âme douce et aux yeux bleus, qui aimait les animaux et un batteur très talentueux. Tu es devenu célèbre grâce à ta captivité et tu nous apportes l’espoir d’un monde meilleur. Le jour de ta délivrance, tu es parti comme un partisan, un combattant partisan de la captivité, tu n’as pas accepté de souffrir plus longtemps entre les mains de meurtriers, tu n’es pas resté les bras croisés et tu n’as pas attendu. »

Le groupe de rock « The BackYard » a joué « Whistling in the Dark » d’Arik Einstein lors des funérailles de Haïm. La gagnante israélienne de l’Eurovision, Netta Barzilaï, dont le batteur Tuval Haïm est le frère aîné de Yotam Haïm, a interprété « Nothing Else Matters » de Metallica.

Son père, Raviv, a déclaré que Haïm menait une vie de héros, même si tout le monde ne s’en rendait pas compte.

« Notre Yotam était un grand héros, tu as toujours été un héros. À l’âge de 18 ans, lorsque tu devais t’engager dans l’armée, elle ne t’a pas accepté à cause de tes problèmes psychologiques. Mais tu t’es battu devant toutes les commissions, et finalement tu t’es engagé », s’est-il souvenu.

« Mais trois semaines plus tard, tu as été remercié. Quand on en parlait, tu en avais honte. Tu me disais : ‘Papa, ne t’arrête pas pour prendre des soldats [en auto-stop], parce que je suis gêné qu’ils se battent alors que je n’ai pas pu le faire’. »

« La famille t’a toujours étreint et t’a dit que les difficultés auxquelles tu as dû faire face depuis ta naissance étaient des difficultés que d’autres n’auraient pas su gérer. Et tu l’as fait. »

« Notre Yot, tu te levais le matin, même s’il y avait des jours où tu n’y arrivais pas. Tu as rencontré sur ton chemin des gens incroyables qui t’ont touché, et tu les as touchés », a-t-il poursuivi, évoquant le travail de Yotam dans un restaurant de sushis, ses chats bien-aimés et ses talents de basketteur.

« Il n’était pas très grand, mais il était roux, il avait de l’audace, il était rapide et il était fort. »

Le frère de Yotam, Tuval, l’a décrit comme « mon premier ami, un petit ange, qui est arrivé quand j’avais 3 ans, et qui m’a appris ce que cela signifiait d’être un grand frère ».

« Nous avons grandi ici au kibboutz, nous avons toujours été les frères Haïm, inséparables, riant, faisant des bêtises, s’attirant des ennuis, se battant, comme tous les frères », s’est souvenu Tuval.

« Nous avons eu une enfance pleine de joie et de rires, d’expériences, d’une connexion et d’un humour que seuls toi et moi comprenions. »

« Nous avons grandi dans une maison pleine de musique et, ensemble, nous avons trouvé la batterie comme moyen d’expression pour toutes nos difficultés, notre colère et notre douleur. »

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