La femme qui avait noyé son fils de quatre ans retrouvée pendue
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La femme qui avait noyé son fils de quatre ans retrouvée pendue

Son ex-mari blâme les autorités qui n'ont donné aucun traitement à Olga Borisov lorsqu'elle en avait besoin

Olga Borisov et son fils Alon (Crédit : capture d'écran YouTube/Première chaîne)
Olga Borisov et son fils Alon (Crédit : capture d'écran YouTube/Première chaîne)

Une femme reconnue coupable d’avoir noyé son petit garçon de quatre ans sur une plage, il y a huit ans et demi, s’est suicidée lundi, plusieurs mois après sa libération de prison.

Olga Borisov, immigrante originaire de Russie, âgée de 51 ans, a purgé une peine de huit ans de prison, suite à une accusation de meurtre transformé en homicide involontaire après un accord judiciaire.

Elle s’est pendue dans la salle de bains de sa belle-sœur dans la ville de Kfar Saba, où elle logeait depuis qu’elle avait quitté un centre de réinsertion.

A environ 1h30 du matin, le 29 août 2008, Borisov prend dans ses bras Alon, son fils endormi, l’emmène à la plage de Tayo, à Bat Yam, et avance dans l’eau, selon l’acte d’inculpation.

L’enfant s’est réveillé, s’est plaint d’avoir froid mais elle a continué à marcher dans la mer.

Puis, lorsqu’elle pensait être allée suffisamment loin, elle a lâché le petit garçon, le laissant se noyer.

Elle a été arrêtée après que des témoins ont dit l’avoir aperçue sur la plage, le cadavre du petit Alon ayant été découvert.

Ilan Yehuda, son ancien époux, qui s’est depuis remarié et a refait sa vie, mais a toutefois aidé Borisov durant son séjour en prison et après sa libération, a indiqué aux informations de la Deuxième chaîne « qu’Olga était très triste récemment ».

L'ex-mari d'Olga Borisov,  Ilan Yehuda. (Crédit : capture d'écran YouTube/Première chaîne)
L’ex-mari d’Olga Borisov, Ilan Yehuda. (Crédit : capture d’écran YouTube/Première chaîne)

« Elle m’appelait et me disait combien l’enfant lui manquait. »

« Elle ne pouvait se libérer de son geste et prenait des médicaments psychotropes. »

« Après sa sortie de prison, on lui a seulement conseillé de ‘refaire sa vie’. Elle était en détresse et ne recevait aucune aide. »

« Je n’étais pas en colère contre elle, parce qu’elle n’avait pas fait cela par méchanceté mais pas détresse psychologique », a-t-il confié au site d’information Ynet. « Elle aurait dû être soignée lorsqu’elle en avait besoin. »

« Olga n’avait pas d’amis, a-t-il ajouté. Elle disait souffrir d’un cancer du sein. »

Les juges, dans leur verdict, avaient parlé d’un « échec institutionnel impardonnable ». Toutes les autorités connaissaient l’existence d’Olga mais il n’y avait eu aucune communication entre elles, avaient conclu les juges. Si la famille avait bénéficié d’aides, Alon serait encore en vie.

Durant son procès, Borisov avait exprimait combien son enfant lui manquait et avait ajouté que seul son époux l’aidait à se maintenir en vie.

Olga Borisov. (Crédit : capture d'écran YouTube/Première chaîne)
Olga Borisov. (Crédit : capture d’écran YouTube/Première chaîne)

Yehuda avait expliqué au tribunal qu’il n’avait pas eu conscience de la détresse et de l’état de dépression de son épouse et qu’il n’avait pas réalisé la gravité de son état mental.

« Je ne l’écoutais pas. Je lui criais dessus et la situation ne faisait qu’empirer. Je sais qu’elle était une mère dévouée et à quel point elle aimait Alon, il lui manque. »

Les tentatives d’Olga de réduire sa peine avaient été rejetées par la Cour suprême ainsi que la demande de grâce, déposée auprès du président Shimon Peres.

En prison, Borisov avait demandé à se rendre sur la tombe de son fils et souhaitait un traitement de fertilité de type FIV pour avoir un autre enfant, a rapporté le site d’information Ynet.

Un documentaire diffusé sur la Première chaîne d’information, en mars 2015, avait révélé la tragédie qui avait mené au meurtre.

Olga Borisov et son fils Alon (Crédit : capture d'écran YouTube/Première chaîne)
Olga Borisov et son fils Alon (Crédit : capture d’écran YouTube/Première chaîne)

« Olga adorait Alon. Ils étaient comme un couple », avait confié Yehuda.

Soupçonnant un problème chez l’enfant, et suite à des plaintes de son enseignant, des professionnels avaient recommandé que le petit garçon soit envoyé dans un jardin d’enfant d’un hôpital psychiatrique situé à 40 minutes de chez lui.

« On ne lui avait pas fourni de réponses complètes », avait dit Yehuda.

Le couple avait persuadé les autorités de transférer Alon dans un jardin d’enfant spécialisé, plus proche de chez lui.

En décembre 2007, Olga avait été hospitalisée suite à un grave épisode psychotique. Selon le docteur qui s’occupait d’elle, la jeune femme était susceptible de mettre en danger ses proches et avait demandé qu’elle soit gardée à l’hôpital.

Mais après avoir revu le dossier, un autre psychiatre avait fait annuler cette recommandation et libérer Olga, lui demandant de continuer son traitement médical chez elle. Cette recommandation avait été envoyée au bureau d’aide sociale de Rishon Lezion.

« Olga avait commencé à boire de l’alcool pour pouvoir dormir », a expliqué Yehuda dans l’émission. Elle avait tenté de voir un médecin mais on lui avait dit que le premier rendez-vous disponible n’était que six semaines plus tard. Dans les semaines précédant la tragédie, elle n’arrivait pas à dormir et sa consommation d’alcool avait augmenté alors qu’elle prenait des médicaments. »

En mars 2008, elle avait tenté de se suicider en se coupant les veines mais un psychiatre de l’hôpital avait estimé que ce geste avait été motivé par un régime et l’avait renvoyé chez elle trois jours après.

Le bureau d’aide sociale n’avait pas été informé de la tentative de suicide ni des problèmes rencontrés par Alon au jardin d’enfant.

La détresse d’Olga empirait avec sa belle-mère, une juive orientale originaire de terres musulmanes, qui la rejetait car elle venait de Russie.

Un jour, Yehuda a frappé Olga, et s’était retrouvé devant le tribunal. Il avait été relâché en liberté surveillée. Aucun travailleur social n’était venu rendre visite au foyer après cette affaire.

Dans les semaines précédant la tragédie, le couple, coupé du monde et cloitré dans son appartement, était parti en vacances en Russie pour visiter la famille d’Olga dans l’espoir que les choses s’améliorent. Olga voulait y rester plusieurs semaines. Yehuda avait refusé, disant que leur foyer était en Israël.

« Je suis encore en colère vis-à-vis des autorités qui n’ont pas compris sa détresse », a déclaré Yehuda à la Deuxième chaîne mercredi. « On lui a reproché de ne pas être une bonne mère et pourtant, même dans sa dépression, elle était restée une mère modèle. Ils auraient dû la soigner. »

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