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La flottille pour Gaza refuse de s’arrêter alors qu’Israël se prépare à une interception complexe

Les appels lancés par l'Italie en faveur de l'arrêt du convoi de 47 navires sont du "sabotage", selon les organisateurs ; la marine se prépare à arrêter des centaines de militants

Des Palestiniens déplacés traversent un camp de tentes à al-Muwasi, une zone désignée comme zone de sécurité par Israël, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/Jehad Alshrafi)
Des Palestiniens déplacés traversent un camp de tentes à al-Muwasi, une zone désignée comme zone de sécurité par Israël, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/Jehad Alshrafi)

La grande flottille qui tente actuellement de briser le blocus maritime de la bande de Gaza a rejeté, mardi dans la soirée, les appels de l’Italie à s’arrêter, affirmant qu’elle approchait d’une « zone critique » et s’attendant à ce qu’Israël prenne bientôt des mesures pour arrêter son avancée au large de l’enclave.

Dans le même temps, les autorités israéliennes se préparent à intercepter les nombreux navires et à ramener les centaines de militants à terre où ils seront expulsés ou placés en détention. Une opération complexe qui pourrait atteindre son paroxysme pendant Yom Kippour, le jour le plus saint du judaïsme, qui commence mercredi soir.

La flottille Global Sumud, qui est composée de 47 bateaux, devrait atteindre la bande de Gaza cette semaine. Elle transporte plus de 500 militants, dont la militante suédoise Greta Thunberg, ainsi que des parlementaires et des avocats.

La marine israélienne s’apprête à intercepter les bateaux, comme elle l’a déjà fait par le passé bien avant que les militants ne soient en mesure de s’approcher des côtes de Gaza. Israël a déjà estimé que ces flottilles s’apparentaient à des opérations publicitaires et, mardi, l’État juif a accusé certains participants, à bord des navires, d’entretenir des liens avec le Hamas.

La flottille approche la limite des 150 milles marins au large de la côte méditerranéenne de Gaza. Les participants à la flottille ont déclaré qu’ils s’attendaient à ce que les autorités israéliennes interviennent quand ils approcheraient la « zone critique », mardi dans la soirée. Une porte-parole de la flottille de nationalité italienne, Maria Elena Delia, a indiqué dans une vidéo postée sur Instagram : « Israël va probablement nous attaquer ce soir car tous les signes indiquent que cela va se produire ».

La flottille Sumud est escortée par un navire espagnol et deux navires italiens, dont les gouvernements respectifs ont précisé qu’ils ne devraient pas avoir recours à la force militaire.

Le ministère italien de la Défense a déclaré mardi que les navires du pays cesseraient de suivre la flottille dès qu’elle se trouverait à moins de 150 milles marins de la côte.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a exhorté la flottille à s’arrêter immédiatement, affirmant que cette mission humanitaire pourrait compromettre les espoirs de paix fondés sur la proposition en 21 points du président américain Donald Trump qui vise à mettre un terme à la guerre, à reconstruire Gaza et à avancer vers l’établissement d’un État palestinien – quoique limité.

Les organisateurs ont estimé que ces déclarations faites par l’Italie s’apparentaient à « du sabotage ».

« [Le gouvernement italien] choisit de nous escorter uniquement jusqu’au point de danger, puis il tente de nous éloigner pour nous ramener à terre les mains vides au moment où Israël continue de massacrer et d’affamer le peuple palestinien en toute impunité », a noté la flottille dans un communiqué. « Nous le répétons encore une fois : la flottille continue sa route ».

Après l’arrestation des militants, certains navires pourraient être coulés

Le porte-parole de l’armée israélienne, le général de brigade Effie Defrin, a fait savoir, la semaine dernière, que la marine était prête à intercepter les bateaux. Il a souligné que cette opération représenterait un défi plus important que les tentatives similaires antérieures en raison du nombre de navires.

La marine devrait monter à bord des bateaux compte-tenu du nombre important d’embarcations. Ele devrait ensuite arrêter les militants et les emmener sur un grand navire de la marine. De là, elle les débarquera au port d’Ashdod pour les expulser du pays.

Certains navires pourraient également être remorqués jusqu’au port d’Ashdod, même si des sources militaires ont précisé qu’elles s’attendaient à ce que certains soient coulés en mer.

Les membres du groupe de navires de la flottille Global Sumud à destination de Gaza sont aperçus amarrés près de la petite île de Koufonisi, au sud de la Crète, le 26 septembre 2025. (Crédit : Eleftherios ELIS / AFP)

Les médias israéliens ont rapporté mardi qu’environ 600 policiers participaient à l’opération visant à transférer les participants, une fois arrivés au port d’Ashdod, vers un centre situé dans le sud d’Israël pendant Yom Kippour, puis à expulser ceux qui acceptent d’être expulsés jeudi dans la soirée.

Ceux qui refuseront de quitter le sol israélien seront pris en charge par les hommes du ministère de l’Intérieur dans le cadre d’un tribunal spécial qui sera mis en place au sein de la prison de Ketziot, a fait savoir la chaîne d’information N12.

Le reportage a ajouté qu’environ huit ambulances seront prêtes à intervenir aux abords de la côte au cas où les participants à la flottille auraient besoin de soins, et que plusieurs hôpitaux ont été placés en état d’alerte maximale.

Haaretz a signalé que les responsables de la sécurité israéliens avaient recommandé au gouvernement de parvenir à un accord diplomatique avec les organisateurs de la flottille plutôt que de recourir à une intervention militaire, et qu’ils estiment que les dirigeants n’ont pas suffisamment exploré cette option. Le quotidien a aussi indiqué que les organisateurs ont rejeté toutes les offres qui leur avaient été faites.

Israël et l’Égypte ont imposé différents degrés de blocus à Gaza depuis que le groupe terroriste Hamas a pris le pouvoir lors d’un coup d’état violent en 2007, un pouvoir qui était resté jusque-là entre les mains des forces palestiniennes rivales.

Israël a expliqué qu’il était nécessaire de limiter les capacités du Hamas à faire passer des armes en contrebande.

Les détracteurs du blocus affirment qu’il s’agit d’une sanction collective infligée aux 2 millions de Palestiniens environ qui vivent dans la bande de Gaza.

Des Gazaouis déplacés traversant un campement de tentes à al-Muwasi, une zone désignée comme zone de sécurité par Israël, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 septembre 2025. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP Photo)

Israël a subi d’énormes pressions à l’international dans le contexte de la guerre à Gaza. La guerre avait commencé le 7 octobre 2023, quand des milliers de terroristes placés sous la direction du Hamas avaient pris d’assaut Israël, massacrant plus de 1 200 personnes et kidnappant 251 personnes, qui avaient été prise en otage.

La guerre a été à l’origine d’une grave crise humanitaire dans la bande de Gaza. La majorité de la population a été déplacée.

Le ministère de la Santé de Gaza, qui est placé sous la direction du Hamas, déclare que plus de 66 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent – même si ce bilan ne peut être vérifié et qu’il ne fait pas la distinction entre civils et hommes armés. Israël a déclaré, au mois d’août, que les soldats israéliens avaient tué plus de 22 000 terroristes depuis le début de la guerre – en plus de 1 600 autres qui avaient été abattus sur le sol israélien lors du pogrom du 7 octobre.

Israël a expliqué chercher à minimiser les pertes civiles et l’État juif souligne que le Hamas utilise les civils de Gaza comme boucliers humains, lançant ses attaques depuis des zones civiles, notamment depuis des habitations, des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

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