La France instaure une journée de commémoration du génocide arménien
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La France instaure une journée de commémoration du génocide arménien

Emmanuel Macron a plaidé pour que "les citoyens de demain soient pleinement conscients des vérités du passé" et s'est élevé contre toutes les formes de négationnisme

Emmanuel Macron, avec Mourad Franck Papazian, à droite, et Ara Toranian, 2e à gauche, pendant une cérémonie de commémoration du génocide arménien de 1915, à Paris, le 24 avril 2017. (Crédit : François Guillot/Pool/AFP)
Emmanuel Macron, avec Mourad Franck Papazian, à droite, et Ara Toranian, 2e à gauche, pendant une cérémonie de commémoration du génocide arménien de 1915, à Paris, le 24 avril 2017. (Crédit : François Guillot/Pool/AFP)

La France, pays où vit une importante communauté arménienne, va instaurer une « journée nationale de commémoration du génocide arménien », annoncée mardi soir par le président Emmanuel Macron.

La date retenue pour commémorer ce massacre perpétré en 1915 est le 24 avril, la même qu’en Arménie, jour d’une rafle d’intellectuels arméniens assassinés à Constantinople par le pouvoir ottoman.

S’exprimant lors du dîner annuel du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF), le chef de l’Etat a ainsi honoré sa promesse de campagne d’inscrire au calendrier français une journée commémorant cet événement, un geste que les Arméniens de France attendaient avec impatience.

« La France, c’est d’abord et avant tout ce pays qui sait regarder l’histoire en face, qui dénonça parmi les premiers la traque assassine du peuple arménien, qui dès 1915 nomma le génocide pour ce qu’il était, un crime contre l’humanité qui en 2001, à l’issue d’un long combat, l’a reconnu dans la loi, et qui, comme je m’étais engagé, fera dans les prochaines semaines du 24 avril une journée nationale de commémoration du génocide arménien », a déclaré Emmanuel Macron.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’entretient avec le Premier ministre britannique Theresa May (hors cadre) lors de leur rencontre au 10 Downing Street dans le centre de Londres le 15 mai 2018. (AFP/Matt Dunham)

Il a plaidé pour que « les citoyens de demain soient pleinement conscients des vérités du passé » et s’est élevé contre toutes les formes de négationnisme. Le président français a précisé avoir au préalable informé le président turc Recep Tayyip Erdogan de sa décision.

La France a « un dialogue exigeant avec le président turc », a-t-il dit. « Nous avons des désaccords assumés sur la lutte contre Daesh (acronyme du groupe Etat islamique, ndlr), les libertés fondamentales en Turquie, le génocide et le passé et les droits de l’Homme en Turquie. Nous avons des points de convergence qui justifient le dialogue, comme la nécessité d’une transition politique en Syrie. A ce titre le dialogue avec la Turquie est indispensable. Je me refuse à rompre le fil du dialogue ».

Les Arméniens estiment que 1,5 million des leurs ont été tués de manière systématique par les troupes de l’Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale.

« Un pas de plus »

La France a été en janvier 2001 le premier grand pays européen à reconnaître le génocide arménien, qu’une vingtaine d’autres Etats reconnaissent également.

La Turquie récuse le terme de génocide et évoque pour sa part une guerre civile en Anatolie.

Le président Macron a aussi rendu hommage à Charles Aznavour, décédé le 1er octobre. Le fils du chanteur, Nicolas Aznavour, lui a offert un doudouk, une flûte traditionnelle arménienne en bois d’abricotier.

Le chef de l’Etat a également salué la mémoire du compositeur Michel Legrand, mort le 26 janvier, et dont la mère était d’origine arménienne.

Parmi les 350 invités, réunis dans un hôtel parisien, figuraient comme chaque année des personnalités politiques et des célébrités comme la maire de Paris Anne Hidalgo, le président du département des Hauts-de-Seine (banlieue parisienne) Patrick Devedjian et le champion du monde de football 1998 Youri Djorkaeff.

M. Macron a été interpellé sur la question des ventes d’armes françaises à l’Azerbaïdjan, qui pourraient être utilisées dans le conflit de la région séparatiste du Haut-Karabagh, à majorité arménienne. Il a répondu que « la France respecte scrupuleusement des obligations liées à l’embargo ». « Nous ne fournissons pas et nous ne fournirons pas d’armes susceptibles d’être utilisées dans des opérations armées au Haut-Karabagh », a-t-il assuré.

La communauté arménienne a applaudi l’annonce la journée nationale de commémoration. « Nous avons apprécié que le président ait tenu son engagement, c’est un pas de plus vers une reconnaissance de plus d’un fait incontestable », a commenté le co-président du CCAF Mourad Papazian, pour qui « la France est un exemple dans le monde concernant le génocide arménien ».

Le musicien André Manoukian a dit éprouver « une grande joie ». « Ça marque un moment très important pour les Français d’origine arménienne, de voir leurs problématiques représentées dans la République », a-t-il dit.

Emmanuel Macron s’était rendu en octobre en Arménie, pour le sommet de la francophonie à Erevan. Il compte y retourner prochainement pour une visite d’Etat.

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