La frontière libanaise est « instable », prévient le chef du renseignement
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La frontière libanaise est « instable », prévient le chef du renseignement

Le major-général Tamir Hyman, de l'armée israélienne, affirme que même si les perspectives d'une guerre intentionnelle sont faibles, il existe un risque que la situation dégénère

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le général de division Tamir Hyman, (à gauche), chef du renseignement militaire, prend la parole devant la puissante Commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, aux côtés de son président, M. Avi Dichter, le 11 décembre 2018. (Yitzhak Harari/Knesset)
Le général de division Tamir Hyman, (à gauche), chef du renseignement militaire, prend la parole devant la puissante Commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, aux côtés de son président, M. Avi Dichter, le 11 décembre 2018. (Yitzhak Harari/Knesset)

Le chef du renseignement militaire a déclaré mardi aux députés que la perspective d’une guerre déclenchée intentionnellement avec l’organisation terroriste du Hezbollah est faible, mais que le risque existe que les circonstances dégénèrent et deviennent incontrôlables.

L’avertissement du général survient une semaine après que l’armée israélienne a lancé l’opération Bouclier du Nord, dans le but de localiser et détruire les tunnels d’attaque que le Hezbollah a creusés en territoire israélien à partir du sud du Liban.

L’opération de Tsahal le long de la frontière libanaise a fait craindre au niveau international qu’Israël et le Hezbollah soutenu par l’Iran ne se dirigent vers une confrontation majeure, la première depuis 2006.

Le général Tamir Hyman, chef du renseignement militaire, a déclaré au puissant Comité des affaires étrangères et de la défense de la Knesset que si la région nord – le Liban et la Syrie – était « instable », l’opération Bouclier du Nord était néanmoins essentielle dans le sens où elle permet d’éliminer la « pierre angulaire » de la stratégie militaire du Hezbollah.

Selon les militaires, l’organisation terroriste prévoyait d’utiliser les tunnels pour acheminer des dizaines ou des centaines de soldats en territoire israélien, en parallèle avec un grand nombre de troupes en surface et un barrage de roquettes et de mortiers, afin de lancer une future guerre contre Israël.

En général, a dit M. Hyman, Israël profite du fait que les risques de guerre sont faibles, en partie parce que les ennemis du pays ne sont pas actuellement intéressés à en déclencher une maintenant.

« Les bouleversements régionaux touchent à leur fin, de même que les grands changements, ce qui entraîne des opportunités et des risques dans toutes les régions », a-t-il déclaré.

Hyman faisait probablement référence à la guerre civile syrienne, que le dictateur Bashar el-Assad est sur le point de gagner, ainsi qu’à des tendances régionales plus larges comme l’Arabie saoudite et la coopération croissante des États du Golfe persique avec Israël contre des ennemis mutuels comme l’Iran.

« C’est une ère caractérisée par l’échec des [plans ennemis], la refonte et la formation », a déclaré le général aux parlementaires.

Il a ajouté que l’Iran était en train de retirer ses troupes et ses mandataires de la frontière syrienne avec le plateau du Golan israélien, après que Tsahal a fait de la lutte contre les efforts de Téhéran pour s’enraciner en Syrie une de ses principales préoccupations.

« Le coût de la présence de l’Iran en Syrie a suscité des débats parmi les principaux décideurs iraniens, ce qui a entraîné une tendance à l’arrêt et à la réduction sensible des activités », a-t-il déclaré, selon un communiqué de la Knesset.

Hyman a également abordé la question de l’énorme arsenal de roquettes du Hezbollah, qui, selon Israël, se composerait de 100 000 à 150 000 projectiles.

Israël a longtemps averti que l’organisation soutenue par l’Iran s’efforce de transformer ses roquettes « aveugles », qui suivent une ligne droite une fois lancées, en munitions plus intelligentes, guidées avec précision et présentant un risque nettement plus grand pour l’Etat juif. Plus tôt cette année, à l’Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dévoilé les emplacements des installations du Hezbollah où l’organisation terroriste s’efforce de développer ces capacités.

Mardi, le chef du renseignement militaire a déclaré que le Hezbollah n’a pas encore mis au point un moyen de produire en masse de tels missiles et ne possède encore que des fusées de conception plus rudimentaire.

Au-delà de l’arène strictement militaire, M. Hyman a déclaré que ses hommes suivaient également de près l’économie iranienne afin de voir si elle ne violait pas les sanctions internationales.

« Les services de renseignement militaire surveillent avec succès les efforts déployés pour contourner les sanctions et prennent également des mesures avec les personnalités compétentes de la communauté internationale », a rapporté la Knesset dans un communiqué.

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