Une guerre à Gaza pourrait éclater « avant les élections », dit Netanyahu
Rechercher

Une guerre à Gaza pourrait éclater « avant les élections », dit Netanyahu

Le Premier ministre, qui a été raillé pour avoir quitté la tribune pendant une attaque à la roquette émanant de l'enclave, a eu des propos durs sur le Hamas avant le vote

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'un discours à Ramat Gan, le 10 septembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'un discours à Ramat Gan, le 10 septembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré vendredi matin, à son retour d’une visite brève en Russie, que la guerre contre les groupes terroristes dans la bande de Gaza pourrait éclater « à n’importe quel moment ».

Des roquettes ont été lancées vers les villes et les communautés israéliennes à de multiples reprises au cours de la semaine dernière – la majorité d’entre elles ont été interceptées par le système du Dôme de fer ou sont retombées dans des zones ouvertes – entraînant des représailles de la part de l’armée de l’air israélienne.

Mardi soir, deux roquettes ont atterri à Ashdod au cours d’un rassemblement de campagne organisé par le Premier ministre dans la ville. Netanyahu a été évacué de la tribune par ses gardes du corps qui l’ont placé à l’abri.

Dans ses propos, tenus plusieurs heures après sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, Netanyahu a affirmé qu’une opération à Gaza « peut avoir lieu à n’importe quel moment, y-compris quatre jours avant les élections. La date des élections n’est pas un facteur entrant en compte dans la décision de partir en guerre ».

Les Israéliens iront aux urnes le mardi 17 septembre. Netanyahu, qui doit affronter une compétition dure dans sa tentative de conserver son poste de Premier ministre, cherche à renforcer sa crédibilité et ses résultats passés dans les secteurs de la sécurité et de la diplomatie au sein de l’Etat juif.

Mais les attaques continues, depuis Gaza, restent pour lui une épine dans le pied qui est exploitée de manière répétée par ses adversaires politiques.

Pour un grand nombre de ses rivaux, le spectacle offert par Netanyahu, dans l’obligation d’aller s’abriter face aux roquettes imminentes, a offert le contrepoint de l’image cultivée par le Premier ministre de « Monsieur sécurité », soulignant ce qui, selon eux, est l’échec de son gouvernement de faire face aux attaques en cours lancées par les groupes terroristes de Gaza.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (au centre), en train d’être éloigné de la scène de la campagne électorale entouré par des agents de sécurité alors que des roquettes sont tirées sur Ashdod, le 10 septembre 2019. (capture d’écran : Twitter)

Mercredi, avant son départ d’Israël pour la station balnéaire de Sotchi, en Russie, le Premier ministre a expliqué que les militaires se trouveraient probablement dans l’obligation d’entrer en guerre à Gaza dans un avenir proche – même s’il n’a pas, à ce moment-là, laissé entendre qu’une telle initiative pourrait avoir lieu avant les élections – suite aux tensions croissantes sur le front sud, ces dernières semaines.

« Nous n’aurons probablement pas d’autre choix que de lancer une opération, une guerre contre les forces terroristes à Gaza », a dit le Premier ministre lors d’un entretien télévisé accordé à la chaîne publique Kan, entraînant un battage médiatique préélectoral.

« Nous n’aurons probablement pas d’autre choix que de renverser le régime du Hamas. Le Hamas n’exerce pas son autorité dans la bande [de Gaza] et n’empêche pas les attaques », a-t-il continué.

« Nous sommes dans une situation où c’est un groupe terroriste qui lance des roquette qui a pris le contrôle et qu’il n’a aucune prise sur les factions voyous, même quand il le veut », a commenté Netanyahu en référence au Hamas qui se trouve à la tête de la bande depuis un coup d’Etat sanglant en 2007, et qui a juré de détruire Israël. Il a combattu trois guerres contre l’Etat juif depuis 2008.

« Les citoyens israéliens savent très bien que j’agis de manière responsable et raisonnable et nous lancerons une opération au bon moment – que je déterminerai », a continué Netanyahu, qui est également ministre de la Défense.

Laissant entendre que des initiatives militaires plus « complexes » pourraient précéder un tel conflit, il a précisé que la confrontation militaire était « le dernier recours. Je ne mets pas en danger nos soldats et nos civils pour récolter des applaudissements ».

La veille, Netanyahu avait accusé ses adversaires au sein de la formation Kakhol lavan d’avoir « jubilé » quand il avait été écarté de la scène au cours de l’événement de campagne organisé à Ashdod, lorsque les sirènes d’alerte à la roquette avaient été actionnées.

« Un point faible de ces élections : trois ex-chefs d’Etat-major jubilent lorsque le Premier ministre est pris pour cible. Scandaleux », avait écrit son parti du Likud sur Twitter, se référant au trio d’anciens hauts-responsables militaires au sein de Kakhol lavan : son leader, Benny Gantz, et les députés Gabi Ashkenazi et Moshe Yaalon.

Gantz avait fait remarquer qu’Ashkenazi était resté sur scène pendant un événement de campagne à Ashkelon dans les mêmes circonstances, se mettant potentiellement en péril, tandis que Netanyahu avait quitté la tribune – comme l’exige d’ailleurs le protocole du Commandement intérieur.

« Nous n’avons pas peur – ni du Hamas, ni du Hezbollah. Nous sommes engagés et nous sommes là », avait dit Gantz au cours d’un événement qui avait eu lieu dans le village druze de Julis, dans le nord.

« Et aujourd’hui, nous avons pu constater comment les grands mots sont remplacés par zéro action », avait-il continué.

Michael Bachner a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...