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La guerre fait rage au Soudan, dans l’impasse humanitaire et diplomatique

Les humanitaires qui réclament depuis avril d'accéder aux civils et d'acheminer leur aide médicale et alimentaire dénoncent les blocages administratifs qui leur sont imposés

Sur cette photo prise le 20 juin 2023, des blessés reçoivent des soins à l'hôpital al-Bashayer dans le nord de Khartoum. (Crédit : AFP)
Sur cette photo prise le 20 juin 2023, des blessés reçoivent des soins à l'hôpital al-Bashayer dans le nord de Khartoum. (Crédit : AFP)

Des millions de civils sont pris au piège de la guerre entre militaires et paramilitaires samedi à Khartoum et au Darfour, dans l’ouest du Soudan, où les négociations diplomatiques se soldent sans cesse par des échecs.

L’artillerie, les avions de guerre et les armes automatiques font de nouveau trembler les maisons et, avec elles, les familles terrées entre leurs murs, dans la capitale, rapportent des habitants à l’AFP.

Selon l’ONU, près d’un million et demi d’habitants sont déjà partis de Khartoum depuis le début de la guerre le 15 avril entre l’armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo.

Les millions d’autres encore bloqués dans la ville sont privés d’électricité depuis jeudi, affirment plusieurs d’entre eux à l’AFP.

Cela faisait déjà plus de deux mois qu’ils survivaient avec quelques heures d’électricité et d’eau courante par semaine, sous une chaleur écrasante.

A Nyala, au Darfour-Sud, les résidents disent être pris au milieu des combats et des bombardements. « Des civils ont été tués et des blessés arrivent à l’hôpital », rapporte à l’AFP un médecin sous couvert d’anonymat.

Une photo prise le 16 juin 2023 montre des corps couverts éparpillés à l’extérieur près de maisons dans la capitale de l’État du Darfour occidental, El Geneina, au milieu des combats en cours entre deux généraux au Soudan déchiré par la guerre. (Crédit : AFP)

Humanitaires bloqués

Au Darfour, comme à Khartoum, deux tiers des hôpitaux sont désormais hors d’usage. Les autres doivent composer avec des stocks de médicaments quasiment à sec et de longues coupures d’électricité faute de carburant pour alimenter leurs générateurs.

Les humanitaires qui réclament depuis avril d’accéder aux civils et d’acheminer leur aide médicale et alimentaire continuent de dénoncer les blocages administratifs qui leur sont imposés.

Sans leur aide, plus de la moitié de la population ne peut plus survivre, selon l’ONU. Et pourtant, les procédures douanières, les couloirs sécurisés et les visas pour relever des équipes locales exténuées n’arrivent toujours pas.

« L’armée ne veut pas que l’aide arrive à Khartoum car elle redoute que les FSR ne s’en emparent », comme lors des nombreux pillages depuis le début de la guerre, car cela leur permettrait de « tenir plus longtemps », décrypte le centre de recherche International Crisis Group (ICG).

Washington a d’ailleurs suspendu cette semaine les négociations en Arabie saoudite qui tentaient – en vain – depuis des semaines de dégager des couloirs humanitaires.

Cette photo prise le 20 juin 2023 montre des hommes et des enfants soudanais déplacés remplissant des conteneurs d’eau à Wad Madani, la capitale de l’État soudanais d’al-Jazirah. (Crédit : AFP)

« Les deux camps veulent utiliser ces discussions pour prendre l’avantage tactique, l’armée en réclamant le départ des FSR des zones résidentielles et les FSR en réclamant l’arrêt des raids aériens de l’armée », poursuit l’ICG.

Mais aucun des belligérants ne semble prêts à céder malgré le danger d’une guerre longue qui pourrait s’étendre bien au-delà des frontières.

« Eldorado pour combattants et mercenaires »

« Cette guerre pourrait mener à l’effondrement total de l’Etat de l’un des plus grands pays d’Afrique », prévient le centre de recherche. Avec des combattants tribaux, des groupes rebelles et des civils armés qui se mêlent désormais aux combats dans différents Etats du Soudan, le risque d’une « guerre civile communautaire » s’accentue.

L’ONU a demandé samedi « une action immédiate » pour faire cesser les tueries à El-Geneina, chef-lieu du Darfour-Ouest, où les Massalit – une ethnie non-arabe, majoritaire dans la ville – sont visés par les FSR alliées à des tribus arabes.

« Sur 16 personnes que nous avons pu interroger à ce jour, 14 ont témoigné avoir été témoins d’exécutions sommaires et de ciblage de groupes de civils sur la route entre El-Geneina et la frontière (tchadienne) – soit des tirs à bout portant sur des personnes sommées de se coucher au sol ou l’ouverture du feu sur la foule », rapporte le Haut Commissariat aux droits de l’Homme.

Pour ICG, « la fenêtre pour arrêter la guerre (…) se referme rapidement ».

Une fois close, « les chefs des deux camps ne pourront plus l’arrêter même s’ils le veulent », et cela créerait « un eldorado pour combattants transnationaux, mercenaires et trafiquants qui pourraient perturber la région pendant des années ».

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