La Jordanie aurait demandé à Israël d’augmenter l’approvisionnement en eau
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La Jordanie aurait demandé à Israël d’augmenter l’approvisionnement en eau

La demande fait suite à l'avertissement d'Amman de ne pas renouveler les baux fonciers frontaliers avec Israël, signés en 1994 dans le cadre de l'accord de paix

Cette photographie montre la baisse du niveau de l'eau dans la mer de Galilée, le 8 octobre 2018. (JACK GUEZ/AFP)
Cette photographie montre la baisse du niveau de l'eau dans la mer de Galilée, le 8 octobre 2018. (JACK GUEZ/AFP)

Une délégation jordanienne s’est rendue en Israël pour demander une augmentation de la quantité d’eau allouée au royaume, qui est en proie à de graves pénuries, selon un reportage télévisé diffusé mardi.

Accompagnés de l’ambassadeur d’Israël en Jordanie, Amir Weissbrod, les responsables jordaniens sont arrivés lundi pour une réunion sur la pénurie d’eau, a rapporté la chaîne Hadashot. La dernière fois que le comité mixte israélo-jordanien chargé de traiter de cette question s’est réuni remonte à un peu plus d’un an.

Selon le reportage, les responsables jordaniens ont cherché à obtenir d’Israël un coup de pouce pour atténuer la spirale de la crise qui sévit dans le pays, sans préciser le montant demandé par les responsables. A cela s’ajoutent les 50 millions de mètres cubes qu’Israël fournit déjà à la Jordanie voisine dans le cadre d’accords de paix.

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz, lors de la réunion hebdomadaire des ministres
dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem,le 29 octobre 2017. (Ohad Zwigenberg/Flash90)

La demande jordanienne doit être approuvée par le ministre de l’Energie Yuval Steinitz du parti du Likud au pouvoir.

Lors de la réunion, M. Steinitz a également demandé à Israël l’autorisation d’effectuer des opérations de forage dans la région de l’Arava, adjacente à la frontière jordanienne, a précisé le reportage.

Ces demandes mutuelles interviennent à un moment de tension entre Israël et la Jordanie.

La Jordanie a annoncé le mois dernier qu’elle ne renouvellera pas l’accord de location de deux parcelles de terre à la frontière israélienne à des fins agricoles, ce qu’elle fait depuis 24 ans dans le cadre d’une annexe au traité de paix historique entre les nations signé en 1994.

La Jordanie a déclaré que cette décision n’affectera pas l’accord de paix conclu il y a plusieurs décennies, cherchant à apaiser les craintes de Jérusalem de voir les relations se dégrader.

Les responsables israéliens ont exprimé leurs craintes que cette décision ne traduise la volonté de la Jordanie de réduire effectivement ses relations diplomatiques, et beaucoup y voient le reflet d’une pression intérieure intense exercée par une population qui considère encore largement Israël comme un ennemi.

Un réfugié syrien boit de l’eau au camp de réfugiés de Zaatari en Jordanie, le 13 août 2012. (crédit photo : AP/Clemens Bilan)

Suite à cette annonce, les parties ont désormais un an pour négocier la fin du bail. Alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait indiqué qu’il ferait pression pour que Amman revienne sur sa décision, le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi a déclaré que le seul point négociable était le mécanisme pour annuler l’accord.

Selon un rapport publié au début du mois, Israël cherche à faire avancer les travaux sur le projet de la mer Rouge et de la mer Morte, qui est en panne depuis longtemps, afin d’améliorer ses relations avec la Jordanie.

Ayman Safadi, le ministre jordanien des Affaires étrangères, le 25 juillet 2017 (Crédit : AFP/Khalil Mazraawi)

Selon Haaretz, les autorités israéliennes estiment que les retards répétés dans la mise en œuvre du projet sont un facteur central des tensions qui persistent entre Jérusalem et son voisin.

Le projet prévoit qu’une usine de dessalement en Jordanie fournira à la région l’eau potable dont elle a grandement besoin, tandis que sa saumure (eau très salée provenant du processus de dessalement) sera pompée vers le nord, vers la mer Morte, afin de remplir le lac qui se réduit inexorablement ainsi que de produire de l’énergie verte grâce aux turbines hydrauliques.

Le projet a longtemps été retardé par des obstacles bureaucratiques, des difficultés de financement et des protestations écologistes, ainsi que par des tensions diplomatiques entre les pays. Ces retards ont suscité la colère d’Amman, qui aurait exigé des réponses sur la question de savoir si Israël était toujours déterminé à le mettre en œuvre.

Les responsables examinent maintenant la possibilité de redéfinir le projet comme un projet ayant des implications en matière de sécurité, afin d’aider à contourner la bureaucratie, à trouver de nouvelles possibilités de financement et à faciliter la victoire contre les pétitions écologistes qui sont à craindre.

La ville du sud d’Israël d’Eilat et la ville jordanienne d’Aqaba le 18 décembre 2014 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les tensions entre Israël et la Jordanie ont également augmenté ces derniers mois sur des questions telles que le statut contesté de Jérusalem et de ses lieux saints, le blocage des pourparlers de paix avec les Palestiniens et l’assassinat, l’année dernière, de deux citoyens jordaniens par un garde de l’ambassade israélienne à Amman, qui a provoqué une crise diplomatique.

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