La justice interdit le service de co-voiturage d’Uber en Israël
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La justice interdit le service de co-voiturage d’Uber en Israël

"Le juge a fait son travail, ils doivent se conformer à la loi", s'est réjoui le président du syndicat des chauffeurs de taxi, Yehouda Bar On

Des taxis attendant des passagers. Illustration. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)
Des taxis attendant des passagers. Illustration. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Le service de mobilité urbaine Uber devra interrompre certaines de ses activités en Israël dès cette semaine, selon une décision de justice rendue lundi.

Le juge Eitan Orenstein, du parquet de Tel Aviv, a déclaré qu’il n’autoriserait plus la société à opérer parce que les chauffeurs, qui ne détiennent pas de licence comme les taxis, en raison de problèmes liés à l’assurance des passagers.

Uber Israel avait lancé en 2016 un service de covoiturage (UberNIGHT) permettant de partager les frais d’un véhicule de particulier à Tel Aviv et dans son agglomération pendant la nuit. Il avait renchéri en novembre avec un service de 07H00 à 19H00, UberDAY. Selon Uber, ces deux services étaient des « pilotes » (tests) non supposés générer des profits.

Un autre service, UberTAXI, lancé en 2014 et permettant à des conducteurs de taxi d’utiliser l’application Uber pour trouver de nouveaux clients, n’est pas concerné par la décision du juge de Tel-Aviv, a précisé Uber.

« Nous mettons fin à nos pilotes UberNIGHT et UberDAY, mais nous continuons à proposer UberTAXI en Israël », a indiqué une porte-parole de la société. « Nous sommes résolus à coopérer avec les autorités israéliennes pour explorer les moyens d’améliorer la vie dans nos villes grâce à la technologie et à des solutions alternatives sûres et abordables », a-t-elle assuré.

La loi israélienne n’autorise actuellement pas les chauffeurs qui ne détiennent pas la licence requise à embarquer des passagers et à facturer le transport, comme le font les chauffeurs Uber dans plus de 600 villes à travers le monde.

Uber a réussi à contourner cette restriction en définissant ses services comme n’étant pas lucratifs. Ils prétendent que les frais facturés ne sont qu’un « remboursement » versé aux chauffeurs pour les frais d’entretien de leur voiture.

De cette façon, elle a réussi à tarifer bien moins que les sociétés comme Gett Taxi, qui a lancé les poursuites contre Uber, avec le syndicat de chauffeurs de taxi de Tel Aviv.

« Le juge a fait son travail, ils doivent se conformer à la loi », s’est réjoui le président du syndicat des chauffeurs de taxi, Yehouda Bar On.

« Ils font travailler des taxis privés en contravention de la loi, ils mettent en danger les passagers parce qu’ils n’ont pas d’assurance, ils prennent des chauffeurs qui n’ont pas eu de formation et n’ont pas été habilités par les autorités. Et tout le monde sait qu’ils font ça pour de l’argent, quoi qu’ils en disent », a-t-il dit au téléphone à l’AFP.

Gett, qui, tout comme Uber, permet de réserver une course via une application, est une compagnie de taxi standard, dont les véhicules licenciés sont facilement identifiables comme taxis. Ils font partie des nombreuses compagnies qui exhortent le gouvernement à sévir contre Uber.

En mai, le ministère des Transports d’Israël avait porté plainte contre Uber au Tribunal de la Circulation de Tel Aviv, au sujet de l’absence de licence.

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