La Knesset vote l’interdiction des mikvés aux non orthodoxes
Rechercher

La Knesset vote l’interdiction des mikvés aux non orthodoxes

La loi votée 41-35 après un long débat ; l’Agence juive critique un geste qui “contourne” la Haute cour

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Moshe Gafni, député de Yahadout HaTorah, pendant une réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset sur un projet de loi modifiant les régulations de l'utilisation des mikvés, à Jérusalem, le 6 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Moshe Gafni, député de Yahadout HaTorah, pendant une réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset sur un projet de loi modifiant les régulations de l'utilisation des mikvés, à Jérusalem, le 6 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La Knesset a voté lundi un projet de loi qui permet aux autorités régionales religieuses d’empêcher des individus d’utiliser les mikvés [bains rituels] de l’Etat.

Le projet de loi a été approuvé en deuxième et troisième lectures en plénières après un long débat ; 41 députés ont voté en sa faveur, et 35 s’y sont opposés.

Proposée par le député Moshe Gafni de Yahadout HaTorah, la législation cherche à contourner le jugement du 12 février de la Cour suprême établissant que les communautés juives non orthodoxes peuvent utiliser les mikvés de l’Etat pour leurs cérémonies de conversion.

« C’est la première fois qu’un mikvé, un lieu de pureté, est devenu un lieu d’exclusion », a déclaré lundi Aliza Lavie, députée Yesh Atid.

La députée a déclaré que la législation envoyait un message à la diaspora juive, que l’Etat d’Israël ne « vous inclue pas. Pas au mur Occidental, ou pour les mariages, ou pour les conversions, ni dans les mikvés, vous n’avez pas de place dans l’Etat d’Israël. »

« Cette loi n’est ni juive, ni légale, ni démocratique », a-t-elle ajouté.

Un mikvé. Illustration. (Crédit : CC-BY-SA Tamar Hayardeni/Wikimedia Commons)
Un mikvé. Illustration. (Crédit : CC-BY-SA Tamar Hayardeni/Wikimedia Commons)

Yehuda Glick, député du Likud, a observé 30 secondes de silence en plénière pour la législation, qu’il juge « clivante ».

L’Agence juive, qui a accepté de construire jusqu’à quatre mikvés pour les communautés conservatives et réformées d’Israël dans le cadre du compromis, a dénoncé la décision de la Knesset.

« Ce projet de loi, qui n’offre aucune solution aux courants non orthodoxes, contourne les jugements de la Haute cour de justice. Il est malheureux que le projet de loi ait été voté avant qu’une telle solution ne soit assurée », a déclaré Natan Sharansky, président de l’Agence juive, dans un communiqué.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu  avec le président de l'Agence juive Natan Sharansky. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le président de l’Agence juive Natan Sharansky. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Glick a déclaré qu’un représentant de l’Agence juive « m’a dit qu’ils ne prévoyaient pas de construire un seul mikvé ». Un porte-parole de l’agence a cependant déclaré que « nous nous préparerons à jouer notre rôle dans tout compromis conclu par les parties, en supposant que la question financière soit résolue. »

Gafni lui-même a rejeté la critique de la nouvelle loi, déclarant lundi que « les juifs réformés n’ont pas un seul mikvé aux Etats-Unis. Et tout d’un coup il leur faudrait un mikvé ici ? Cette loi vise à empêcher les réformés d’être légitimés par la petite porte. »

Ce mois-ci, les membres de la coalition avaient insisté pour supprimer une clause du projet de loi initial qui aurait aussi forcé les femmes utilisant les mikvés à le faire selon les standards de la loi juive orthodoxe.

« Il est important de préciser que toute référence aux méthodes d’immersion des femmes a été supprimée [de la loi], comme nous le demandions depuis le début », a écrit Rachel Azaria, députée de Koulanou, sur Twitter.

Amanda Borschel-Dan a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...