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La Parlement du Wyoming rejette l’interdiction de la théorie critique de la race

La Chambre vote contre le projet de loi après qu'un représentant démocrate juif a critiqué « l'approche neutre et sans jugement » de l'enseignement de l'Histoire

Illustration - Le gouverneur du Wyoming, Matt Mead, sur le podium, s'adresse à une session conjointe de l'Assemblée législative du Wyoming le 8 février 2016 à Cheyenne (AP Photo/Ben Neary)
Illustration - Le gouverneur du Wyoming, Matt Mead, sur le podium, s'adresse à une session conjointe de l'Assemblée législative du Wyoming le 8 février 2016 à Cheyenne (AP Photo/Ben Neary)

JTA – Il semblait couru d’avance que la cause conservatrice populaire soumettrait un vote, dans l’une des Parlements les plus conservatrices des Etats-Unis, pour interdire la « théorie critique de la race » dans les écoles.

Puis un démocrate, l’un des sept membres du Parlement du Wyoming, qui compte 60 membres, s’est levé jeudi et a déclaré qu’il ne pouvait pas soutenir le projet de loi parce qu’il était Juif.

« Dans ce projet de loi, page 9, ligne 19, il est dit : « L’enseignement de l’histoire doit être neutre, sans jugement » », a déclaré le représentant de l’État, Andy Schwartz, lors du débat.

« Comment est-ce encore possible ? Si j’étais un Amérindien, je doute que je pourrais accepter l’approche neutre et sans jugement sur la relocalisation, la décimation de la population autochtone. Si j’étais un Noir américain, je doute que je puisse accepter une approche neutre et sans jugement sur l’asservissement de millions d’Américains », a-t-il déclaré.

« Mais je suis Juif et je ne peux pas accepter une approche neutre et sans jugement sur le meurtre de 6 millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale », a déclaré Schwartz.

Schwartz, dont le district du comté de Teton comprend la ville de Jackson, a déclaré que, pour comprendre la profondeur d’actions immorales, il faut s’en offusquer.

Représentant du Wyoming Andy Schwartz. (Crédit : Assemblée législative du Wyoming/Donn Bruns, Lifestyle Photography via JTA)

« À la page 8, lignes 19 et 20, dit : « Personne ne devrait ressentir d’inconfort ou de détresse » », a-t-il déclaré. « Mais en étudiant l’histoire de la Shoah, j’ai éprouvé de l’inconfort et de la détresse, et il est essentiel qu’à mesure que les élèves découvrent cette période sombre de notre histoire, ils ressentent de l’inconfort dans la détresse. »

L’auteur du projet de loi, le républicain Chuck Gray, a déclaré que l’interprétation de Schwartz était « décevante ». Le projet de loi stipule que « la discussion d’aspects autrement controversés de l’histoire » est autorisée, a déclaré Gray.

« Il peut être enseigné dans une perspective complète et précise », a-t-il déclaré à propos de la Shoah. « Il est donc clair que la Shoah est quelque chose que nous désapprouvons et condamnons totalement. »

Le projet de loi a recueilli la majorité des voix de la chambre, 35, mais pas les deux tiers nécessaires pour faire avancer le projet de loi. Les 24 législateurs qui ont voté contre l’avancement du projet de loi comprenaient un nombre important des 51 républicains de la chambre.

L’un des collègues démocrates de Schwartz a suggéré que le discours de Schwartz avait entraîné des votes contre le projet de loi.

« La Chambre vient de rejeter un projet de loi qui aurait interdit la théorie critique de la race dans les écoles après un discours puissant du représentant Schwartz, un homme juif qui refuse d’en savoir plus sur la Shoah de manière neutre », a déclaré la représentante Karlee Provenza.

Les conservateurs de tout le pays cherchent à interdire la «théorie critique de la race», autrefois un terme utilisé par les juristes pour définir les effets structurels du racisme, et maintenant un gourdin mal défini visant ce que ses opposants disent être les effets corrosifs de l’enseignement de l’équité raciale.

La contradiction entre son interdiction et la promotion de l’enseignement de la Shoah – ce que de nombreux républicains et conservateurs préfèrent – ​​s’est manifestée dans plusieurs Parlements d’État.

De plus, bon nombres d’éducateurs ont été informés que la Shoah, comme d’autres sujets, doit être présentée de manière neutre.

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