Israël en guerre - Jour 254

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Le Carnet du journaliste

La libération des captifs suscite une joie rare à la veille du Shabbat, à Tel Aviv

Le rassemblement hebdomadaire organisé Place des otages a été l'occasion de danses et de chants de la part de participants soulagés après la libération de 13 otages - une première

La foule chante et danse lors du Kabalat Shabbat hebdomadaire, Place des Otages à Tel Aviv, le 25 novembre 2023. (Crédit : Canaan Lidor/Times of Israel)
La foule chante et danse lors du Kabalat Shabbat hebdomadaire, Place des Otages à Tel Aviv, le 25 novembre 2023. (Crédit : Canaan Lidor/Times of Israel)

La nouvelle du retour de 13 otages israéliennes, saines et sauves, dans la soirée de vendredi commence à se répandre à travers la foule réunie à Tel Aviv sur la dite « Place des Otages ».

Et alors que petit à petit, l’information se vérifie grâce aux téléphones portables, ce sont des expressions de joie tranquille qui se manifestent sur les visages. Un sentiment inhabituel sur cette place devenue un pôle de l’activisme en faveur de la libération des 240 personnes innocentes environ qui ont été enlevées par le Hamas, le 7 octobre.

Alors que le soleil se couche sur Tel Aviv, la cérémonie du Shabbat hebdomadaire, sur le place, se termine lentement et – pour la toute première fois depuis la transformation des lieux, le mois dernier – les gens commencent à chanter, à danser et à taper des mains.

Un changement qui souligne la nécessité profonde, pour les Israéliens, de voir leurs compatriotes libérés, sortis de l’enclave côtière, même si cela doit impliquer un marchandage avec un ennemi honni qui n’a jamais été aussi détesté ici.

Des cercles de danse commencent à se former et des étrangers souriants s’attrapent par les épaules, formant une chaîne humaine qui s’égaie au rythme de prières traditionnelles du vendredi, comme « Oseh Shalom. »

Il y a aussi des reprises de titres de la pop music dans la foule, comme « Walking Against the Wind, » qui parle de défiance et de lumière à la fin du tunnel et qui a été écrit par la légende locale du rock Shalom Hanoch.

Keren Gonen porte un tee-shirt à l’effigie de sa sœur Romi à Tel Aviv, le 24 novembre 2023. (Crédit : Canaan Lidor/Times of Israel)

« Aujourd’hui, je vais me permettre de faire preuve d’un optimisme prudent », explique Yarden Gonen. Sa sœur, Romi, est entre les mains du Hamas et elle n’a pas fait partie du groupe de 13 otages qui a été libéré. Gonen, infirmière, 30 ans, dit que la place « est devenue ma nouvelle maison ».

Elle est l’une des proches de captifs à avoir passé beaucoup de temps sur la place, accordant des entretiens aux médias et menant des efforts visant à renforcer les pressions en faveur de la remise en liberté des otages.

Les membres des familles ont leur propre tente dressée sur la Place des Otages – qui est inaccessible aux journalistes et autres visiteurs.

Les Israéliens installés sur la Place des Otages, aux abords du musée d’art de Tel Aviv, écoutent un morceau improvisé de piano, le 24 novembre 2023. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Une grande partie de la place accueille des expositions d’art, notamment un échiquier géant dont les pions portent un masque sur le visage. Il y a aussi des cages avec des poupées représentant des bébés à l’intérieur.

Aux extrémités de la place, des activistes organisent de multiples activités. Il y a un stand de teffilines, installé par des rabbins du mouvement ‘Habad Loubavitch. Il y a aussi un cercle de méditation où une vingtaine d’adultes restent immobiles, les yeux fermés, pendant de longues minutes, juste avant que le processus de libération des captifs ne commence, aux environs de 16 heures.

Des terroristes palestiniens enlevant une civile israélienne, au centre, identifiée plus tard comme étant Yaffa Adar, âgée de 85 ans, du kibboutz Nir Oz pour la conduire dans la bande de Gaza, le 7 octobre 2023 (Crédit : Hatem Ali/AP Photo)

Les libérations de vendredi sont les premières d’une série de remises en liberté qui devraient avoir lieu dans les prochains jours dans le cadre de l’accord conclu entre Israël et le Hamas qui prévoit le retour en Israël d’au-moins cinquante captifs. De son côté, Jérusalem a accepté de libérer 150 prisonniers palestiniens – des femmes et des mineurs – qui étaient incarcérés pour des faits de terrorisme, dans un contexte de trêve temporaire dans le conflit en cours dans la bande de Gaza.

Parmi les otages revenues vendredi, Yaffa Adar, 85 ans, grand-mère de huit enfants et résidente du kibboutz Nir Oz. Une séquence filmée pendant son enlèvement avait fait de l’octogénaire une héroïne nationale improbable. Doron Asher et ses deux filles, Raz, cinq ans et Aviv, 2 ans, elles aussi de Nir Oz – où le groupe terroriste du Hamas avait tué plus de cent personnes le 7 octobre, soit un quart de la population – sont également de retour sur le sol israélien.

Des milliers de terroristes du Hamas avaient tué environ 1 200 Israéliens, le 7 octobre, et kidnappé des centaines de personnes au cours d’une attaque barbare qui avait déterminé l’État juif à renverser le régime du Hamas à Gaza. Israël a depuis déclaré la guerre au groupe terroriste au pouvoir au sein de l’enclave côtière – une campagne militaire qui, selon ce dernier, a fait plus de 15 000 morts, un bilan qu’il est toutefois invérifiable.

Des Palestiniens tentant de regagner le nord de la bande de Gaza alors qu’un char israélien bloque la route de Salah al-Din dans le centre de la bande de Gaza, au moment où le cessez-le-feu temporaire entre en vigueur, le 24 novembre 2023. (Crédit : Hatem Moussa/AP Photo)

Cette pause dans les combats a donné à certains visiteurs l’occasion très attendue de se rendre sur la place dans des conditions optimales de sécurité. La menace des roquettes pendant la guerre avait empêché Sue Newman, grand-mère de dix enfants et habitante de Rishon Lezion, de venir plus tôt, confie-t-elle au Times of Israel.

Newman dit être ravie de ces libérations d’otages. Mais elle reconnaît avoir du mal à accepter qu’il a fallu se plier aux demandes du Hamas et elle fait part de son désaccord avec la suspension de l’offensive qui a pour objectif de le détruire.

Sue Newman visite la Place des Otages à Tel Aviv, le 24 novembre 2023. (Crédit : Canaan Lidor/Times of Israel)

« En ce qui me concerne, je m’en serais tenue au ‘tout le monde ou personne’. J’aurais continué la guerre jusqu’à la dernière habitation », explique Newman, enseignante en anglais et née à Londres. Ce qui n’enlève rien, dit-elle, « au soulagement que je ressens pour tous ceux qui ont été libérés ».

« On ne peut pas négocier avec une organisation terroriste ; on ne peut pas faire des amabilités à l’État islamique. Ces gens ne savent que massacrer », poursuit-elle.

Pour sa part, Gonen note que la guerre contre le Hamas doit, avant tout, viser l’objectif de la remise en liberté des otages. « Je me fiche de tout le reste. Rien d’autre ne compte. Rien d’autre ne devrait compter », déclare-t-elle.

Le ministre du cabinet de guerre Benny Gantz, leader du parti HaMahane HaMamlahti, sur la Place des Otages de Tel Aviv, le 24 novembre 2023. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Certains parents d’otages mettent en doute l’efficacité à long-terme des tractations avec le Hamas. Si la majorité des familles sont regroupées au sein du Forum des otages et des portés-disparus, le Forum Tikvah est un groupe alternatif regroupant des proches de captifs qui s’insurgent contre les négociations entreprises avec le groupe terroriste.

« La bonne manière – qui est aussi la plus efficace – de faire libérer les otages détenus à Gaza, c’est d’appliquer une pression sans compromission sur le Hamas jusqu’à ce que les otages deviennent un handicap plutôt qu’un atout », dit un porte-parole au Times of Israel.

Le fondateur du Forum est Eliyahu Libman, qui dirige la municipalité de l’implantation de Kiryat Arba, près de Hébron, en Cisjordanie et dont le fils, Elyakim, serait retenu en captivité à Gaza. Ce qui est aussi le cas du fils de Zvikah Mor, autre membre du Forum Tikvah. « Notre désir de revoir les otages accroît leur valeur », déclare-t-il devant les caméras de la Quatorzième chaîne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a présenté l’accord controversé qui a été conclu avec le Hamas devant le cabinet, où il a été approuvé lors d’un vote à 35 voix « Pour » et trois « Contre » mercredi, avec l’opposition du ministre de la Sécurité nationale d’extrême-droite, Itamar Ben Gvir, et de son parti.

Netanyahu a souligné que l’accord donnait la chance « de sauver des bébés et des mères qui ont le couteau sous la gorge ».

Benny Gantz, leader de l’opposition qui a rejoint le cabinet d’urgence formé par Netanyahu dans le sillage du 7 octobre et qui est l’un des responsables de l’effort de guerre, a prononcé un discours sur la place, vendredi, répétant le message du gouvernement qui, a-t-il réaffirmé, a bien l’intention de reprendre la campagne militaire intense contre le Hamas à la fin de la trêve.

Jimmy Miller lors d’un rassemblement en solidarité avec les otages à Tel Aviv, le 24 novembre 2023. (Crédit : attends a Canaan Lidor/Times of Israel)

Jimmy Miller, 47 ans, est le cousin de Shiri Bibas, détenue en captivité par le groupe terroriste. Il ignore si elle et ses enfants figureront parmi les 50 Israéliens qui devraient être libérés dans le cadre de l’accord – mais il raconte que la remise en liberté des treize otages, vendredi, lui a apporté une joie qu’il n’avait pas ressentie depuis longtemps.

« Nous ressentons un bonheur que nous ne connaissions plus depuis que tout ça a commencé, » s’exclame-t-il lors d’un entretien avec le Times of Israel.

Une affiche montrant Ariel Bibas, 4 ans, qui, avec sa famille, est retenu en otage dans la bande de Gaza à Tel Aviv, le 23 novembre 2023. (Crédit : AP/Maya Alleruzzo)

L’enlèvement de Shiri Bibas était aussi devenu célèbre. Des vidéos de sa capture qui avaient circulé sur les réseaux sociaux avaient montré les terroristes promenant Bibas, terrifiée, dans le kibboutz Nir Oz, la jeune femme s’agrippant à ses deux enfants. Le père, Yarden, a aussi été blessé dans l’assaut et il serait gardé en détention dans la bande de Gaza.

Miller, père de quatre enfants, dit avoir des sentiments mitigés en ce qui concerne l’accord. « Il ne me satisfait pas mais, je pense, nous n’avions aucune autre alternative ; nous avons essayé pendant trente jours et nous ne sommes parvenus à secourir qu’une seule soldate », déclare-t-il.

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