La lutte pour la propriété fait exploser le prix d’une maison à Jérusalem-Est
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La lutte pour la propriété fait exploser le prix d’une maison à Jérusalem-Est

Le prix proposé pour une maison de trois pièces a flambé dans une lutte acharnée symbolisant la concurrence foncière entre militants de droite et résidents arabes dans la capitale

Une maison de trois pièces à Jérusalem Est évaluée à 11 millions de shekels après une enchère entre militants Juifs et palestiniens; (Crédit : Treizième chaîne)
Une maison de trois pièces à Jérusalem Est évaluée à 11 millions de shekels après une enchère entre militants Juifs et palestiniens; (Crédit : Treizième chaîne)

Cette semaine, des militants du mouvement d’implantation et des Palestiniens se sont lancés dans une guerre d’enchères pour une maison de trois pièces située à Jérusalem-Est. La querelle a fait monter le prix de la modeste structure à plus de 11 millions de shekels (2,6 millions d’euros). Une confrontation représentative de la guerre foncière dont fait l’objet la capitale. Les enchères pourraient reprendre jeudi.

La maison de la rue Dalman dans le quartier Sheikh Jarrah de Jérusalem-Est ne mesure que 72  mètres carrés. Par ailleurs, une de ses pièces constitue un espace de rangement sans fenêtre, selon un article du quotidien Haaretz.

Comme beaucoup de maisons de la zone, elle appartenait à une famille juive jusqu’en 1948, moment où les Juifs ont été forcés de quitter la ville lors de la guerre d’Indépendance d’Israël. Il y a plusieurs décennies, des familles palestiniennes ont emménagé dans cette partie de la ville. Actuellement, la plupart d’entre elles paient des loyers aux héritiers juifs des propriétaires d’origine ou au gouvernement israélien, selon une explication de Haaretz.

Selon la Treizième chaîne d’information, la même famille palestinienne vit dans la maison de la rue Dalman depuis plus de 50 ans.

Il y a quelques mois, les propriétaires juifs ont décidé de la vendre, mais après un conflit au sujet de la vente, un tribunal avait statué que la maison serait vendue au plus offrant et les profits seraient spartagés entre les héritiers.

« Ce n’est pas une très belle maison, mais elle a une valeur symbolique », a déclaré le militant de droite Aryeh King à la Treizième chaîne.

C’est l’Israel Land Fund, l’organisation qu’il dirige et qui encourage l’installation des Juifs en Cisjordanie et dans les quartiers à majorité arabe de Jérusalem-Est, qui a organisé les enchères, rapporte Haaretz.

L’association a contacté des propriétaires de maisons dans la zone pour les inciter à expulser les familles palestiniennes.

« J’empêcherai mes enfants de manger [si cela permet que] j’achète la maison », a déclaré un militant du quartier à la Treizième chaîne.

Le membre du Conseil municipal de Jérusalem Aryeh King, à Jérusalem le 22 octobre 2014 (Crédit photo : Yonatan Sindel / Flash90)

Au départ, des militants de droite avaient proposé environ 900 000 shekels (215 000 euros) pour la maison, autour de 200 000 shekels (48 000 euros) de plus que la valeur estimée de la maison, mais la famille avait refusé de la vendre.

« Nous avons mis une offre sur la table, de notre côté, le côté juif, pour acheter la maison à un prix bien plus haut que sa valeur, mais pourtant, ils ont continué à mener des négociations en parallèle », a déclaré King à la Treizième chaîne.

Bs”dThere's just no easy way to say it. The Holy City of Jerusalem is being held for ransom.Several weeks ago, The…

Posted by ‎Israel Land Fund הקרן לאדמות ישראל‎ on Tuesday, 22 January 2019

Des Palestiniens, intéressés par la maison, se sont rapprochés la famille, ce qui a déclenché une guerre des enchères entre les deux camps mardi. En une seule journée, le prix est monté en flèche à 11 millions de shekels. On ne savait pas précisément qui avait fait l’offre la plus haute à la fin de la journée, mais les enchères doivent reprendre jeudi.

Dans un message Facebook publié jeudi matin, King a critiqué les vendeurs de la maison, les accusant de vouloir « rançonner » Jérusalem. Il a annoncé que la partie juive ne continuerait pas à faire monter les enchères sur la maison.

Si le vainqueur de l’enchère n’est pas en mesure de payer le prix, il devra verser une amende, et les droits d’achat iront à l’autre partie. Haaretz a souligné que la famille palestinienne qui suivait l’enchère pour la maison ne pouvait pas payer le prix par elle-même. Des militants du quartier affirment que l’Autorité palestinienne contribuera au financement.

On ne sait pas encore clairement quelles seront les conséquences sur l’évolution de la guerre foncière à Jérusalem-Est. Certains militants pensent que le prix astronomique encouragera plus de propriétaires juifs à vendre leurs biens, et pour d’autres, le prix dissuadera simplement des militants de droite d’essayer d’acheter des maisons dans la zone.

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