La Macédoine inclut la haine d’Israël dans sa définition de l’antisémitisme
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La Macédoine inclut la haine d’Israël dans sa définition de l’antisémitisme

Le pays des Balkans adhère à la définition de l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste, qui marque les 75 ans de la déportation de ses juifs

Le camp d'extermination de Treblinka avec l'expression "Plus jamais ça" en différentes langues (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Le camp d'extermination de Treblinka avec l'expression "Plus jamais ça" en différentes langues (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Le pays des Balkans, la Macédoine, s’est joint au Royaume-Uni, à la Roumanie et à la Bulgarie en adoptant une définition de l’antisémitisme qui inclut la diabolisation d’Israël.

La Macédoine, où l’on commémore cette semaine le 75e anniversaire de la déportation des Juifs du pays pendant l’Holocauste, a adopté la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste la semaine dernière, a déclaré le Congrès juif mondial sur son site Web.

Le mois prochain, le pays inaugurera le Centre de la mémoire de l’Holocauste pour les Juifs de Macédoine. Conçu par Berenbaum Jacobs Associates, le nouveau musée raconte l’histoire des juifs de Macédoine, depuis les débuts il y a deux millénaires, à la croissance de la communauté qui y a trouvé refuge après l’Inquisition espagnole, jusqu’à la Macédoine juive post-Holocauste.

Presque tous les Juifs de Macédoine, plus de 10 000 d’entre eux, ont été assassinés à Treblinka, un ancien camp de la mort allemand en Pologne occupée, après leur déportation par les forces bulgares qui avaient dirigé le pays avec la bénédiction de l’Allemagne nazie.

Le mémorial de l’Holocauste construit à Treblinka, ancien camp de la mort nazi dans l’est de la Pologne (Crédit : Caroline Sturdy Colls)

Au cours des deux dernières années, plusieurs pays européens, ainsi que le Parlement européen, ont adopté la définition de l’antisémitisme donnée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste. L’alliance l’a adoptée en 2016 après que l’organe de l’Union européenne chargé de lutter contre l’antisémitisme a retiré de son site Web sa définition technique de l’antisémitisme, qui comprenait également des exemples de discours haineux sur Israël.

L’UE a supprimé sa définition à la suite des pressions exercées par les militants pro-palestiniens et l’a retirée du site web de son agence anti-raciste. En réponse à une question sur la suppression, un porte-parole de l’UE a déclaré à JTA en 2013 que la définition n’avait jamais été officielle. Israël a protesté contre son retrait.

Les manifestations d’antisémitisme, selon la nouvelle définition, « pourraient inclure le fait de prendre pour cible l’État d’Israël, en tant que collectivité juive », bien que « les critiques d’Israël semblables à celles formulées contre tout autre pays ne puissent être considérées comme antisémites ».

En France et ailleurs en Europe, des juifs ont été pris pour cible dans des actes de violence raciste – souvent par des musulmans – cherchant à se venger d’actions, ou de ce qu’ils prétendent être des actions, de la part d’Israël contre lesquelles ils s’opposent.

Les spécialistes de l’antisémitisme appellent ça un « nouvel antisémitisme ». Cependant, l’observatoire du gouvernement français sur le racisme en 2017 a déclaré qu’il n’avait aucune preuve à l’appui de la « nouvelle thèse antisémite », comme l’ont écrit les auteurs du rapport.

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