La mairie de Jérusalem autorise les constructions qui ont irrité Biden en 2010
Rechercher

La mairie de Jérusalem autorise les constructions qui ont irrité Biden en 2010

Une annonce de construction à Ramat Shlomo avait provoqué une prise de bec diplomatique lors d'une visite en Israël du vice-président américain de l'époque

Nouvelles maisons en construction dans le quartier de Ramat Shlomo à Jérusalem, novembre 2015. (Lior Mizrahi/Flash90)
Nouvelles maisons en construction dans le quartier de Ramat Shlomo à Jérusalem, novembre 2015. (Lior Mizrahi/Flash90)

La municipalité de Jérusalem a approuvé la construction de 108 unités de logement dans un quartier juif de Jérusalem-Est – un projet similaire avait, par le passé, provoqué des tensions avec Washington. Une source aurait déclaré que d’autres projets de construction pourraient être avancés avant que le président américain désigné Joe Biden ne soit investi au début de l’année.

Les logements approuvés mardi doivent être construits dans le quartier ultra-orthodoxe de Ramat Shlomo, une zone qui a fait l’objet d’une prise de bec diplomatique entre Israël et l’administration Obama, dont Biden était vice-président, à propos d’un précédent projet de construction massive dans ce quartier.

Lors d’une visite officielle de Biden en 2010, le ministère de l’Intérieur avait annoncé que 1 600 logements seraient construits à Ramat Shlomo. Cette déclaration a embarrassé Biden, car Washington était opposé aux constructions israéliennes à Jérusalem-Est, que les Palestiniens revendiquent comme capitale d’un futur État.

Biden avait été furieux, déclarant dans un communiqué que cela « minait la confiance dont nous avons besoin et allait à l’encontre des discussions constructives que j’ai eues ici en Israël ». Le projet de construction, qui a par la suite reçu le nom de « plan Biden », a finalement été mis en attente, bien que les groupes anti-implantations aient affirmé que les formalités administratives pour le projet n’ont cessé de progresser au cours des années suivantes.

Une source municipale a déclaré au radiodiffuseur public Kan que le comité local de planification et de construction allait bientôt avancer la construction de nouveaux logements à Ramat Shlomo « avec un peu de chance avant la cérémonie d’investiture » de Biden, fixée au 20 janvier.

La source a nié que le calendrier de la récente autorisation était politique et a fait remarquer que les travaux de construction dans le quartier duraient depuis longtemps.

Le personnel de planification et de construction de la municipalité et de l’Autorité foncière israélienne a été chargé d’identifier et de faire avancer les projets de construction à Jérusalem-Est avant l’arrivée au pouvoir de Biden, craignant que l’administration entrante soit moins favorable à ces projets que celle du président américain sortant Donald Trump, a rapporté le quotidien Haaretz.

Nouvelles maisons en construction dans le quartier de Ramat Shlomo à Jérusalem, en novembre 2015. (Lior Mizrahi/Flash90)

La municipalité de Jérusalem a déclaré à Haaretz qu’elle s’efforçait de faire avancer la construction dans toute la ville pour fournir des logements résidentiels, des emplois et des hôtels.

L’organisation anti-implantation Ir Amim a accusé le gouvernement d’essayer de tirer profit du changement d’administration en faisant avancer rapidement les projets de construction.

La colère de M. Biden en 2010 a entraîné un gel effectif de la construction à Jérusalem-Est, tout nouveau projet devant également être approuvé par le cabinet du Premier ministre, ce qui n’a pas été le cas. Le gel a été levé lorsque Trump est entré en fonction en 2016 et le projet controversé Ramat Shlomo a finalement été achevé, ainsi que d’autres projets dans les quartiers de Jérusalem-Est tels que Gilo, Pisgat Zeev et Har Homa.

La construction à Ramat Shlomo s’est également heurtée à l’opposition locale de la communauté ultra-orthodoxe, car certains travaux de construction se sont déroulés dans des zones où les manifestants affirment qu’il y a d’anciennes tombes juives qui ne doivent pas être dérangées.

Un autre secteur de Jérusalem où les projets de construction devraient progresser avant l’investiture de Biden est celui de Givat Hamatos, où les critiques affirment que les logements israéliens prévus laisseraient le quartier palestinien de Beit Safafa enclavé de tous côtés et coupé de Bethléem et de la Cisjordanie.

Le quartier de Givat Hamatos, Jérusalem. (Crédit : Joshua Davidovich/Times of Israel)

Une série d’administrations américaines, ainsi que le reste de la communauté internationale, se sont opposées à la construction israélienne à Jérusalem-Est ainsi qu’à la construction d’implantations en Cisjordanie.

Mais Trump, entouré d’une équipe de conseillers proches du mouvement des implantations, a adopté une approche différente. Contrairement à ses prédécesseurs, l’administration Trump n’a pas critiqué ni condamné les nouvelles annonces de constructions, et dans une décision historique prise l’année dernière, le secrétaire d’État Mike Pompeo a déclaré que les États-Unis ne considéraient pas les implantations comme illégales au regard du droit international.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...