La Maison Blanche dénonce les « insultes déplacées » de Mahmoud Abbas
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La Maison Blanche dénonce les « insultes déplacées » de Mahmoud Abbas

Le président de l'Autorité palestinienne a qualifié de "fils de chien" l'envoyé américain en Israël, David Friedman

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

La Maison Blanche a dénoncé lundi avec force les « insultes déplacées » du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, l’appelant à faire un choix clair entre une « rhétorique haineuse » et la paix.

M. Abbas a qualifié lundi de « fils de chien » l’ambassadeur américain en Israël David Friedman.

« En dépit des insultes totalement déplacées contre des membres de l’administration Trump, (…) nous nous sommes engagés envers les Palestiniens et en faveur des changements qui doivent être mis en place pour une coexistence pacifique », poursuit M. Greenblatt.

Dans le même temps, Jason Greenblatt a déclaré que la Maison Blanche reste « engagée envers le peuple palestinien », ajoutant que la proposition de paix tant attendue de l’administration est dans sa phase finale.

« L’heure est venue pour le président Abbas de choisir entre la rhétorique haineuse et des efforts concrets pour améliorer la qualité de vie de son peuple et l’emmener vers la paix et la prospérité », a indiqué Jason Greenblatt, émissaire de Donald Trump pour le conflit israélo-palestinien.

« Malgré ses insultes très inappropriées contre les membres de l’administration Trump, la dernière version étant son insulte à mon bon ami et collègue l’ambassadeur Friedman, nous sommes attachés au peuple palestinien et aux changements qui doivent être mis en œuvre pour une coexistence pacifique », a-t-il poursuivi. « Nous sommes en train de finaliser notre plan pour la paix et nous l’avancerons quand les circonstances le permettront. »

La porte-parole du département d’État américain, Heather Nauert, s’est faite l’écho de la déclaration de Greenblatt. « Les commentaires du président Abbas étaient scandaleux et inutiles », a-t-elle dit. « Nous exhortons l’Autorité palestinienne à concentrer ses efforts sur l’amélioration des conditions de vie du peuple palestinien et la promotion de la cause de la paix. L’administration reste pleinement attachée à ces objectifs. »

Plus tôt lundi, Abbas avait critiqué la reconnaissance par Trump, le 6 décembre, de Jérusalem comme capitale d’Israël et son projet de déplacer l’ambassade du pays en Israël vers la ville, déplorant que le président « considère les colonies [sic] comme légitimes ».

« Plus d’un responsable a dit cela », a déclaré M. Abbas lors d’une réunion des dirigeants palestiniens. « L’ambassadeur, David Friedman, a dit qu’ils construisent sur leur propre terre. Espèce de fils de chien, construisant sur leur propre terre ?!! Vous êtes un colon [sic] et votre famille sont des colons [sic] ! »

Ces propos ont été tenus dans un climat de colère palestinienne contre les États-Unis au sujet de la décision de Jérusalem, Ramallah rejetant le rôle de Washington dans la tentative de négocier des pourparlers de paix.

« Fils de chien » est une expression péjorative douce en arabe, quelque peu analogue à « idiot ».

Le terme arabe, cependant, est entré dans l’argot israélien et est utilisé par les hébréophones pour être plus insultant que l’arabe original, sans doute la raison pour laquelle l’utilisation d’Abbas a suscité des réactions israéliennes particulièrement fortes, avec des politiciens prompts à dénoncer le dirigeant palestinien.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman lors de la cérémonie à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Guerre des Six jours, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 21 mai 2017. (Crédit :AFP/EPA Pool/Abir Sultan)

« L’attaque verbale d’Abu Mazen contre l’ambassadeur américain David Friedman en dit long », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu. « Pour la première fois depuis des décennies, l’administration américaine a cessé de gâter les dirigeants palestiniens et leur dit : stop. « Apparemment, le choc de la vérité a provoqué leur perte. »

Friedman lui-même a brièvement répondu à Abbas lors d’une conférence sur l’antisémitisme à Jérusalem lundi soir. Friedman a cité l’insulte, traduisant le terme en anglais en « fils de pute », et a noté que la calomnie est survenue après que le président de l’AP n’a pas condamné deux attentats terroristes perpétrés par des Palestiniens au cours de la dernière semaine qui ont fait trois morts israéliens. « Antisémitisme ou discours politique ? Je vous laisse le soin de décider », a dit Friedman.

Friedman, lundi dernier, avait critiqué l’AP pour ne pas avoir condamné les attaques meurtrières.

« Tragédie en Israël », a posté Friedman sur son fil Twitter. « 2 jeunes soldats, Netanel Kahalani et Ziv Daos, assassinés dans le nord, et un père de 4 enfants, Adiel Kolman, assassiné à Jérusalem, par des terroristes palestiniens. Quelle brutalité et aucune condamnation de la part de l’AP ! « Je prie pour les familles et les blessés, tant de tristesse. »

Friedman est connu pour ses déclarations s’alignant sur la droite israélienne, ainsi que pour son soutien à des projets dans les implantations.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, au centre, s’exprime durant une réunion dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 14 janvier 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Ce n’est pas la première fois qu’Abbas lance des insultes sévères aux hauts responsables américains. En janvier, il a lancé une tirade acerbe contre la Maison Blanche, y compris en maudissant Trump en disant : « Que Dieu démolisse votre maison ».

Quelques jours après le discours d’Abbas, les journalistes ont demandé à Trump s’il souhaitait commenter.

« Non, je n’ai pas vraiment lu ses propos personnellement », a répondu le président. « Je pense qu’il vaut mieux ne pas les voir. »

Abbas a fait une série de discours violents depuis que Trump a reconnu Jérusalem, et boycotte maintenant l’administration américaine.

Dans un discours prononcé en janvier, Abbas a qualifié Israël de « projet colonial » sans rapport avec le judaïsme, laissant entendre que les Juifs européens ont choisi de mourir dans l’Holocauste plutôt que d’aller en Palestine avant l’État, et a affirmé que le premier Premier ministre David Ben Gurion a forcé les Juifs du Moyen-Orient à immigrer en Israël.

Times of Israel et l’AFP ont contribué à cet article.

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