La maison de ventes aux enchères Drouot retire des ventes un document antisémite
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La maison de ventes aux enchères Drouot retire des ventes un document antisémite

Le BNVCA a expliqué avoir fait retirer des ventes un dollar sur lequel était inscrit les mentions "Cet argent est un bien juif" et "L’argent n’a pas d’odeur, mais le Juif en a une"

Le Lot 17, un dollar portant des mentions antisémites, prévu à la vente à l’hôtel Drouot le samedi 15 juin. (Droits réservés)
Le Lot 17, un dollar portant des mentions antisémites, prévu à la vente à l’hôtel Drouot le samedi 15 juin. (Droits réservés)

Dans un communiqué publié hier, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme a expliqué avoir fait retirer des ventes à l’hôtel Drouot un dollar sur lequel était inscrit les mentions « Cet argent est un bien juif ! », « Ce dollar a payé la guerre juive », ou encore « L’argent n’a pas d’odeur, mais le Juif en a une ».

L’organisation indique ainsi être intervenue aux côtés de Delphine Bürkli, maire du 9e arrondissement de Paris, auprès de l’hôtel Drouot afin que ce dernier retire de la vente ce samedi 15 juin le document antisémite.

Le BNVCA avait ainsi brandi la menace de convoquer un huissier de justice lors de la vente, qui avait pour thématique l’art russe. Celui-ci se serait présenté « à la salle 14, ce qui [n’aurait pas manqué] d’ouvrir un dossier qui [aurait risqué] de se terminer en correctionnel », avait annoncé l’organisation, selon des propos rapportés par Le Parisien.

« Nous trouvons choquant et inadmissible que des collectionneurs et des salles de ventes fassent commerce de ce type d’objets antisémites et passibles de poursuites judiciaires, a indiqué le BNVCA. Nous demandons aux autorités de faire vérifier attentivement les catalogues des ventes notamment lorsqu’ils concernent des articles se rapportant à la période de la deuxième guerre mondiale 39/45. »

Drouot, dans un habile tweet de son service de communication, a indiqué « regretter cette négligence » et « s’opposer bien entendu à toute vente d’objets à caractère antisémite ».

Auprès du Parisien, Alexandre Giquello, président de Drouot, explique également que l’incident était imputable à « un jeune commissaire-priseur » qui n’a « pas fait attention que le lot était au fond d’une pochette avec des croix gammées ! » Le responsable se réjouit que « Delphine Burkli nous ait alerté. Nous avons fait retirer la pièce immédiatement. A Drouot, on doit avoir une attitude exemplaire au niveau moral et éthique ».

L’incident survient alors que, dans son exposition actuelle, « Le marché de l’art sous l’Occupation, 1940-1944 », ouverte jusqu’au 3 novembre 2019 (entrée libre), le Mémorial de la Shoah de Paris rappelle le lourd passé antisémite de l’hôtel Drouot.

Le musée a ainsi notamment recrée une des salles des ventes de Drouot durant l’occupation, et rappelle que la maison de ventes aux enchères a vendu des millions d’objets spoliés à des Juifs.

Une affiche de l’Hotel Drouot, durant l’occupation allemande. (Crédit photo : Drouot / Olevy / Wikipédia / CC BY-SA 4.0)

Y sont également exposés des documents de l’époque, dont des catalogues de ventes de biens juifs et une affiche émise par la préfecture de police de Paris, prêtée par Drouot pour l’exposition, indiquant que « l’entrée des Juifs dans les salles de l’Hôtel des ventes est interdite d’une manière absolue ».

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