La ministre de la Culture condamne le « drapeau tombant » de la place Rabin
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La ministre de la Culture condamne le « drapeau tombant » de la place Rabin

L'artiste affirme que l’œuvre symbolise la phase intermédiaire actuelle du pays, perdu entre la stabilité et l'effondrement total

Un drapeau israélien incliné a été installé sur la place Rabin à Tel Aviv, le 5 mars 2018 (Capture d'écran / Twitter)
Un drapeau israélien incliné a été installé sur la place Rabin à Tel Aviv, le 5 mars 2018 (Capture d'écran / Twitter)

Miri Regev, ministre de la Culture, a condamné l’installation d’un drapeau israélien incliné sur la place Rabin de Tel Aviv dans un post publié lundi sur Facebook, qualifiant l’œuvre artistique de « provocation politique peu coûteuse et scandaleuse de la gauche ».

« Le drapeau ne tombe que dans certaines parties de la société qui ne veulent pas accepter la décision des électeurs », a écrit Regev, dans une allusion évidente à ceux qui ont appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à démissionner suite aux multiples allégations de corruption dont il fait l’objet.

Cependant, Itay Zalait, l’artiste derrière l’œuvre, a déclaré aux médias nationaux que l’exposition « exprimait ce que tout le monde ressent, ainsi que l’état actuel du pays ».

Miri Regev, ministre de la Culture, avant le début de la cérémonie officielle de commémoration des 50 ans d’implantation israélienne en Cisjordanie et sur le plateau du Golan, le 27 septembre 2017 (Crédit : Chaim Goldman)

L’homme de 37 ans a expliqué que le positionnement du drapeau représentait la phase intermédiaire dans laquelle se trouve le pays. « Certaines personnes n’ont jamais été meilleures qu’actuellement, il n’y a pas d’embouteillages, et il y a une bonne économie, alors que d’autres pensent que tout s’effondre. »

Zalait semblait faire référence aux commentaires du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie de Pessa’h en avril dernier, lors de laquelle il avait critiqué la représentation du statut actuel d’Israël faite par les médias.

« Je vais vous dire ce que je vois dans les médias », avait déclaré Netanyahu. « Cela ne reflète pas ce que le public ressent. C’est une industrie du désespoir. Là où ils voient le chômage, je vois le plein emploi. Là où ils voient une économie en ruine, je vois une économie florissante. Là où ils voient des embouteillages, je vois des carrefours, des trains et des ponts. Là où ils voient un état de délabrement proche de l’effondrement, je vois Israël comme une puissance mondiale en pleine croissance. »

Mais l’artiste de Tel Aviv a affirmé que certains en Israël estimaient que « la démocratie et les piliers qui maintiennent notre nation sont minés ».

Regev elle-même a mis en scène à plusieurs reprises le drapeau israélien, y compris dans un discours de décembre 2012, dans lequel elle avait défini les candidats des partis rivaux comme anti-sionistes et agité un drapeau israélien, tout en appelant l’audience à l’applaudir .

Ce n’était pas la première fois que Zalait exposait une performance sur la place Rabin. En décembre 2016, il avait érigé une statue en or grandeur nature de Netanyahu sur la place centrale de Tel Aviv.

La statue en or représentant Benjamin Netanyahu, place Rabin à Tel-Aviv, le 6 décembre 2016 (Crédit : autorisation)

Le sculpteur avait expliqué que son but était de « tester les limites de la liberté d’expression en Israël en 2016 ».

« Que se passe-t-il quand j’installe une sculpture comme celle-ci ? Cela va-t-il conduire à des sanctions, telles que l’arrestation, par exemple ? Ou est-ce que la statue sera simplement retirée ? »

En milieu de matinée, les inspecteurs municipaux avaient collé un avis sur la sculpture, avertissant qu’ils allaient l’enlever à moins que l’artiste ne s’en charge lui-même dans un délai de quatre heures.

Cependant, en début d’après-midi, alors que la foule était réunie autour de la statue et qu’une querelle concernant la démocratie en Israël avait éclaté, un homme non identifié a poussé la statue, la faisant tomber au sol.

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