La ministre de l’Intégration réclame un financement de l’immigration éthiopienne
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La ministre de l’Intégration réclame un financement de l’immigration éthiopienne

Pnina Tamano-Shata affirme que le Trésor est disposé à financer l'immigration de seulement 1 000 membres de la communauté, alors qu'elle réclame des fonds pour 4 000 personnes

Des immigrants éthiopiens arrivent en Israël dans le cadre de l'opération Tzur Israël, le 11 mars 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Des immigrants éthiopiens arrivent en Israël dans le cadre de l'opération Tzur Israël, le 11 mars 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La ministre de l’Immigration et de l’Absorption Pnina Tamano-Shata a prévenu jeudi qu’elle ne soutiendrait pas le prochain budget de l’État si le ministère des Finances n’accédait pas à sa demande d’augmentation des fonds pour faire venir les immigrants éthiopiens en Israël. 

« Je ne permettrai jamais qu’ils continuent à abuser de la communauté éthiopienne et qu’ils l’abandonnent au bas de la liste des priorités du gouvernement », a écrit Tamano-Shata sur Twitter. « Ceux qui attendent des dizaines d’années pour faire leur alyah depuis l’Éthiopie et leurs familles en Israël ont suffisamment souffert. » 

« Je m’opposerai à tout budget qui ne soutient pas une immigration importante – même si je dois démissionner du gouvernement et retourner à la Knesset pour voter contre leur abandon », a-t-elle prévenu. 

Tamano-Shata est la dernière ministre en date à menacer de torpiller le budget, qui doit être adopté d’ici novembre sous peine de dissolution automatique du gouvernement. La coalition ne disposant que d’une majorité très mince, presque tous les législateurs ont la possibilité de faire tomber le gouvernement si leurs demandes ne sont pas satisfaites. 

Le ministre des Finances Avigdor Liberman a déclaré au début du mois qu’il présenterait le budget de l’État 2021-2022 au vote du cabinet au cours de la première semaine d’août, dans le but de le faire adopter par la Knesset avant la date limite de novembre.

M. Liberman a déclaré qu’il pensait que le budget serait adopté car même la plupart des membres de l’opposition ne veulent pas d’un nouveau cycle d’élections. Israël a organisé quatre élections en deux ans dans un contexte d’impasse politique. Le dernier budget qui a été adopté, pour 2019, a été voté en mars 2018.

La députée Kakhol lavan Pnina Tamano-Shata prend la parole lors d’une discussion sur un projet de loi visant à dissoudre le parlement, à la Knesset, le 11 décembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Tamano-Shata a déclaré au site d’information Ynet que le Trésor public ne proposait qu’un financement pour faire venir environ 1 000 personnes en Israël alors qu’elle demandait de l’argent pour 4 000 personnes. « Il ne s’agit pas de faire venir des personnes, mais de les sauver », a-t-elle déclaré à Ynet.

En mars, Israël a achevé un effort visant à faire venir en Israël quelque 2 000 membres de la communauté d’Éthiopie dans le cadre de ce qui a été appelé l’opération « Tzur Israel », qui avait débuté en décembre.

Tamano-Shata, qui est arrivée en Israël alors qu’elle était encore jeune fille dans le cadre de l’Opération Moïse, un pont aérien en 1984 qui a amené 6 000 Juifs éthiopiens du Soudan vers le pays, a déclaré que leur sort était une priorité pour son parti Kakhol lavan et que le refus du ministère des Finances de financer leur venue était une violation de l’accord de coalition. 

Les membres de la communauté et les militants ont organisé plusieurs manifestations pour demander au gouvernement d’approuver l’immigration du reste de la communauté, dont le nombre se situerait entre 7 000 et 12 000, et dont beaucoup sont menacés par le récent déclenchement de la guerre dans la région du nord du Tigré.

Sur cette photo de l’Agence juive, la ministre de l’Immigration Pnina Tamano-Shata (à gauche) et le président de l’Agence juive Isaac Herzog (au centre) accueillent 119 nouveaux immigrants d’Éthiopie à l’aéroport Ben Gourion, le 21 mai 2020. (Crédit : Shlomi Amsalem)

Environ 9 000 de ces candidats à l’immigration attendent depuis 15 ans ou plus d’immigrer, selon les militants locaux. Environ un quart de ce nombre, situé dans la capitale Addis-Abeba, attendent depuis plus de 20 ans, disent-ils, tandis que le reste, dans la deuxième ville d’Éthiopie, Gondar, s’accrochent depuis 15 à 20 ans. 

En 2013, l’Agence juive a déclaré la fin de l’alyah éthiopienne, suscitant les protestations des législateurs d’origine éthiopienne et des membres de la communauté en Israël. 

En novembre 2015, le gouvernement a adopté une décision visant à transporter par avion « les derniers membres de la communauté » qui attendent à Addis-Abeba et à Gondar vers Israël dans un délai de cinq ans. 

Mais depuis cette décision, quelques milliers d’Éthiopiens sont arrivés, au compte-gouttes, selon les chiffres de l’Agence juive.

Alors que les immigrants juifs éthiopiens de la communauté Beta Israel sont reconnus comme pleinement Juifs, les immigrants d’Éthiopie appartenant à la plus petite communauté Falash Mura doivent se convertir à l’orthodoxie après avoir immigré. Les Falash Mura sont des Juifs éthiopiens dont les ancêtres se sont convertis au christianisme, souvent sous la contrainte, il y a plusieurs générations. Quelque 30 000 d’entre eux ont immigré en Israël depuis 1997, selon le bureau du Premier ministre. 

Comme le ministère de l’Intérieur ne considère pas les Falash Mura comme des Juifs, ils ne peuvent pas immigrer en vertu de la Loi du retour et doivent donc obtenir une autorisation spéciale du gouvernement pour se rendre en Israël.

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