La mort de Nisman est un meurtre, selon une cour argentine
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La mort de Nisman est un meurtre, selon une cour argentine

La mort du procureur qui devait présenter des preuves attestant que le président avait couvert le rôle de l'Iran dans l'attentat de l'AMIA, "n'a pas pu être un suicide"

Alberto Nisman pendant une conférence de presse à Buenos Aires, le 20 mai 2009. (Crédit : Juan Mabromata/AFP)
Alberto Nisman pendant une conférence de presse à Buenos Aires, le 20 mai 2009. (Crédit : Juan Mabromata/AFP)

Le procureur spécial argentin qui avait été retrouvé mort en 2015 alors qu’il enquêtait sur un attentat à la bombe perpétré dans un centre juif a bien été assassiné, a déclaré mardi un juge du pays.

La mort d’Alberto Nisman « n’a pas pu être un suicide », a estimé dans un jugement de 656 pages le magistrat Julian Ercolini, selon Reuters.

Il a expliqué qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour prouver le meurtre dans l’affaire Nisman, qui avait été découvert dans son appartement de Buenos Aires avec une balle dans la tête, tirée à courte distance à partir d’une arme à feu qui avait été découverte à côté de lui.

Le jugement d’Ercolini a également désigné un suspect dans cette mort : Diego Lagomarsino, un employé du bureau de Nisman qui travaillait dans les technologies de l’information et qui, selon lui, a pu jouer un rôle dans le meurtre.

Le corps sans vie de Nisman avait été retrouvé le 18 janvier 2015, quelques heures avant qu’il ne présente des preuves aux députés argentins attestant que la présidente du pays d’alors, Cristina Fernandez de Kirchner, avait couvert le rôle de l’Iran dans l’attentat commis au centre AMIA de Buenos Aires qui avait fait 85 morts et des centaines de blessés.

Diego Lagomarsino, le 28 janvier 2015 (Capture d’écran : YouTube)

Sa mort avait été initialement considérée comme un suicide.

Au mois de novembre, le procureur spécial Eduargo Taiano, enquêtant sur la mort de Nisman, avait demandé une enquête pour meurtre après l’analyse d’un rapport produit au mois de septembre par les médecins-légistes issus de la Gendarmerie.

Taiano avait demandé à interroger Lagomarsino pour sa participation présumée au plan d’assassinat. Selon le procureur, ce dernier avait fourni l’arme à feu utilisée pour préparer la mise en scène d’un faux suicide.

Au mois de janvier 2015, Lagomarsino avait déclaré s’être rendu dans l’appartement de Nisman pour lui donner un pistolet de calibre 22 « très vieux » pour assurer sa protection après que Nisman eût exprimé la crainte d’être pris pour cible par des partisans de Kirchner. Quelques heures plus tard, Nisman avait été retrouvé mort, une balle tirée à bout portant au-dessus de son oreille droite. Jusqu’à présent, Lagomarsino n’a été accusé que d’avoir donné l’arme à Nisman.

Le procureur a également demandé une enquête sur les policiers qui garantissaient la sécurité de Nisman. Quatre membres sur une équipe de dix agents ont été accusés de ne pas avoir assuré leur mission.

L’ancienne présidente et la sénatrice élue de l’Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, s’adresse aux journalistes alors qu’elle quitte le tribunal à Buenos Aires le 26 octobre 2017. (Crédit : AFP / Eitan Abramovich)

Au début du mois, un juge argentin a appelé à arrêter Kirchner pour avoir couvert l’implication de l’Iran dans l’attentat survenu en 1994. Le juge Claudio Bonadio a accusé l’ancienne présidente de trahison et demandé aux députés de lever l’immunité dont elle bénéficie en tant que sénatrice.

Le procureur Eduardo Taiano a également fait savoir que le magistrat avait réclamé l’arrestation de Carlos Zanni, ancien aide de Kirchner, et du militant Luis D’Elia pour les mêmes accusations. L’ancien ministre des Affaires étrangères a été pour sa part assigné à résidence pour des raisons de santé.

L’ancienne présidente est accusée d’avoir signé un accord avec Téhéran pour permettre aux responsables iraniens soupçonnés d’avoir ordonné l’attentat contre le centre juif d’être interrogés par les magistrats argentins à Téhéran plutôt qu’à Buenos Aires.

Elle avait précédemment qualifié le dossier « d’absurdité ».

Kirchner affronte des procès dans plusieurs autres affaires impliquant corruption et blanchiment d’argent dans la période où elle était présidente.

JTA a contribué à cet article.

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