La normalisation n’a pas été évoquée avec Netanyahu, estime le chef soudanais
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La normalisation n’a pas été évoquée avec Netanyahu, estime le chef soudanais

Abdel Fattah al-Burhane annonce la formation d'un comité qui évaluera les liens avec Israël. Khartoum ouvrira son espace aérien aux vols de Tel Aviv, à l'exception de ceux d'El Al

Le général soudanais Abdel Fattah al-Burhan, chef du conseil militaire, s'exprime lors d'un rassemblement soutenu par l'armée, dans le district d'Omdurman, à l'ouest de Khartoum, au Soudan, le 29 juin 2019. (AP Photo/Hussein Malla)
Le général soudanais Abdel Fattah al-Burhan, chef du conseil militaire, s'exprime lors d'un rassemblement soutenu par l'armée, dans le district d'Omdurman, à l'ouest de Khartoum, au Soudan, le 29 juin 2019. (AP Photo/Hussein Malla)

Le leader soudanais a déclaré mercredi qu’il n’avait pas discuté de la normalisation des relations avec Israël lors d’une réunion sans précédent avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu en début de semaine en Ouganda, cherchant à contredire le Premier ministre israélien qui a déclaré que les deux parties œuvraient à l’établissement de relations complètes.

« Nous n’avons pas discuté de la normalisation, mais plutôt de l’établissement d’une relation de bonne volonté avec le monde entier », a déclaré Abdel Fattah al-Burhane lors d’une réunion avec des leaders de l’opinion publique, rapportée par les chaînes de télévision panarabes.

« Ce qui s’est passé lors de la réunion n’était qu’un consensus entre les deux parties pour mettre fin à toutes les actions et positions mutuellement hostiles. La réunion n’a pas abordé les détails concernant la forme des relations ou ce qui est spécifiquement requis pour [établir des relations]. C’est le travail du conseil dirigeant [transitoire] », a déclaré l’agence de presse SUNA en le citant.

Burhane a ajouté que le cabinet du Soudan et le conseil de gouvernement transitoire mettront en place un comité conjoint pour évaluer les avantages et les inconvénients potentiels des liens avec Israël, selon Al Jazeera.

Un avion de la compagnie El Al à l’aéroport international Ben Gurion, le 17 août 2016. (Tomer Neuberg/Flash90)

Le dirigeant soudanais a également déclaré que son gouvernement autorisera les vols à destination et en provenance de l’État juif – à l’exception de ceux appartenant à la compagnie aérienne israélienne El Al – à utiliser l’espace aérien de Khartoum, selon Al Jazeera.

M. Netanyahu a déclaré mardi qu’Israël avait reçu l’autorisation de survoler le Soudan et qu’il ne restait plus qu’une question technique non spécifiée à régler avant de finaliser l’accord.

Le porte-parole des forces armées soudanaises, le général Amer Mohammed al-Hassan, a déclaré mercredi lors d’une conférence de presse qu’une rencontre entre le chef du conseil souverain du Soudan et Netanyahu en Ouganda lundi faisait partie des efforts visant à mettre fin au statut de longue date du Soudan en tant qu’État soutenant le terrorisme.

L’objectif des discussions entre Netanyahu et Burhane, a-t-il dit, est d’aider à obtenir le retrait du Soudan de la liste des États qui soutiennent le terrorisme des États-Unis. Cette désignation remonte aux années 1990, lorsque le Soudan a brièvement accueilli Oussama Ben Laden et d’autres terroristes recherchés. Les États-Unis et Israël sont de fervents alliés, dont on sait qu’ils sont devenus particulièrement proches depuis que Trump est au pouvoir.

Le Soudan aurait également servi de filière à l’Iran pour fournir des armes aux terroristes palestiniens dans la bande de Gaza. Israël aurait été à l’origine de frappes aériennes au Soudan qui ont détruit un convoi en 2009 et une usine d’armes en 2012.

Le général soudanais Abdel-Fattah al-Burhan, chef du conseil militaire, salue ses partisans à son arrivée à un rassemblement soutenu par l’armée, dans le district d’Omdurman, à l’ouest de Khartoum, au Soudan, le 29 juin 2019. (AP Photo/Hussein Malla)

La réunion de lundi a eu lieu juste un jour après que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a invité par téléphone Burhane à visiter les États-Unis.

Un haut responsable militaire soudanais a déclaré lundi que la réunion Soudan-Israël était orchestrée par les Emirats arabes unis, un autre proche allié des Etats-Unis.

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