La paix entre Israéliens/Palestiniens est la priorité, dit un ministre saoudien
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La paix entre Israéliens/Palestiniens est la priorité, dit un ministre saoudien

Le ministre des Affaires étrangères saoudien a affirmé que le royaume était focalisé sur le retour d'Israël et des Palestiniens à la table des négociations et que "le reste suivra"

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, s'exprime lors de sa rencontre avec le secrétaire d'État Mike Pompeo, au Département d'État, le 14 octobre 2020, à Washington. (Crédit ; Manuel Balce CENETA / POOL / AFP)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, s'exprime lors de sa rencontre avec le secrétaire d'État Mike Pompeo, au Département d'État, le 14 octobre 2020, à Washington. (Crédit ; Manuel Balce CENETA / POOL / AFP)

Un éminent diplomate saoudien a appelé jeudi à la reprise des négociations directes entre Israël et les Palestiniens, glissant au passage que son pays ne normalisera pas ses relations avec l’Etat hébreu tant que conflit n’est pas résolu.

Dans une interview accordée au think-tank américain Washington Institute, le ministre des Affaires étrangères Prince Faisal bin Farhan Al Saud a souligné que le royaume soutenait l’Initiative de paix arabe, qui prévoit que la création d’un Etat palestinien précède tout rapprochement entre Israël et le monde arabe.

« Nous nous réjouissons des efforts récents visant à rassembler les parties en vue d’un plan de paix global, car il est important, pour la sécurité du Moyen-Orient, qu’un accord de paix soit conclu entre Israël et les Palestiniens. Le reste suivra », a déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères.

« Je crois que l’accent doit maintenant être mis sur le retour des Palestiniens et des Israéliens à la table des négociations. En fin de compte, la seule chose qui peut apporter une paix et une stabilité durables est un accord entre les Palestiniens et les Israéliens. Si nous n’y parvenons pas, nous continuerons à avoir cette plaie béante dans la région. »

Invoquant l’initiative de paix de 2002, le ministre des Affaires étrangères a ajouté : « Nous avons toujours envisagé une normalisation, mais nous devons aussi avoir un Etat palestinien et un plan de paix palestino-israélien. »

Les dirigeants saoudiens, dont Al Saud, ont précédemment exclu de forger des liens avec Israël avant la création d’un Etat palestinien, même s’ils ont salué les accords de normalisation entre l’Etat juif et les Etats arabes du Golfe signés à Washington le mois dernier.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a tenté mercredi de convaincre l’Arabie saoudite de « normaliser ses relations » avec Israël à l’instar des Emirats arabes unis et de Bahreïn.

Le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan Al Saud (à gauche), écoute le discours du secrétaire d’État américain Mike Pompeo au département d’État à Washington, le 14 octobre 2020. (Crédit : Manuel Balce Cenata/Pool/AFP)

« Nous espérons que l’Arabie saoudite envisagera de normaliser ses relations aussi », a-t-il ajouté. « Nous les remercions pour leur aide à la réussite des Accords d’Abraham », a déclaré Pompeo en recevant al Saud à Washington.

Lorsque la Maison Blanche a annoncé en août que les Émirats arabes unis et Israël avaient convenu d’établir des liens diplomatiques complets – une décision à laquelle a répondu le Bahreïn quelques semaines plus tard – l’Arabie saoudite s’est abstenue de critiquer l’accord ou de tenir des conférences de presse condamnant la décision, malgré les demandes palestiniennes en ce sens. Les Palestiniens ont clamé que les accords étaient une « trahison de Jérusalem, de la mosquée Al-Aqsa et de la cause palestinienne », mais les médias saoudiens contrôlés par le gouvernement les ont salués comme historiques et favorables à la paix régionale.

Le royaume a également autorisé l’utilisation de l’espace aérien saoudien pour les vols israéliens vers les EAU, une décision annoncée le lendemain de la rencontre de Jared Kushner, gendre de Trump et conseiller principal, avec le prince Mohammed à Riyad. Kushner a fait pression sur les Etats arabes pour qu’ils normalisent leurs liens avec Israël.

Le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn Abdullatif al-Zayani, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump et le ministre des Affaires étrangères des EAU, Abdullah bin Zayed Al-Nahyan, signent les accords de normalisation à la Maison Blanche, le 15 septembre 2020. (Avi Ohayon/Cabinet du Premier ministre)

Kushner a déclaré qu’Israël pourrait éventuellement bénéficier de relations pleinement normalisées avec l’Arabie Saoudite.

« Je pense que nous avons d’autres pays qui sont très intéressés à aller de l’avant [avec Israël] et au rythme où vont les choses, je pense qu’il est inévitable que l’Arabie saoudite et Israël aient des relations pleinement normalisées et qu’ils soient capables de faire beaucoup de grandes choses ensemble », a déclaré M. Kushner.

Il est estimé que des liens secrets entre Israël et l’Arabie saoudite se sont développés ces dernières années. Ce changement de politique aurait été mené par le prince héritier Mohammad ben Salmane, qui considère Israël comme un partenaire stratégique dans la lutte contre l’influence iranienne dans la région.

Plusieurs responsables saoudiens ont critiqué l’attitude palestinienne.

Dans une récente interview, l’ancien ambassadeur saoudien aux Etats-Unis et ancien chef des services de renseignements saoudiens Bandar ben Sultan a déclaré que les dirigeants palestiniens étaient des « ratés » qui avaient constamment manqué des occasions de parvenir à un règlement avec Israël et qui s’alignaient sur les ennemis de l’Arabie saoudite.

« La cause palestinienne est une cause juste, mais ses défenseurs n’ont connu que des échecs. La cause israélienne est injuste, mais ses défenseurs ont réussi. Cela résume les événements des 70 ou 75 dernières années », a déclaré M. ben Sultan.

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