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La photo d’une Israélienne de 5 ans figée sous les roquettes devient virale

Sara Dahan a parlé de l'anxiété de sa fille face aux roquettes et de la manière se mettre en position fœtale lorsque les sirènes se font entendre

Tahel Dahan, 5 ans, recroquevillée au sol en position foetale à Sdérot, le 1er novembre 2019 (Crédit : Réseaux sociaux)
Tahel Dahan, 5 ans, recroquevillée au sol en position foetale à Sdérot, le 1er novembre 2019 (Crédit : Réseaux sociaux)

La photo d’une petite fille de cinq ans, originaire de Sdérot, se recroquevillant sur le sol de son habitation alors que des roquettes s’abattent sur sa communauté, est devenue virale ce week-end – incarnant pour de nombreuses personnes le traumatisme durable causé par des années de tirs de roquettes répétés chez les civils vivant à proximité de la frontière.

Sara Dahan, mère célibataire âgée de 22 ans, a posté sur internet la photo de sa fille Tahel. Elle a expliqué avoir pris le cliché accidentellement alors que la famille s’était rassemblée dans l’espace protégé de la maison.

« Ma fille ! Ma joie à moi ! La petite fille que j’ai promis de protéger, ainsi figée sur place, qui ne bouge tout simplement plus alors qu’elle se trouve dans une pièce blindée », a-t-elle écrit, se référant aux pièces en béton armé obligatoires dans les maisons contemporaines israéliennes.

« Son corps tout entier était secoué de spasmes, elle s’est immobilisée au sol et n’a plus bougé, les mains posées sur sa tête. Ma fille, je suis tellement désolée que tu sois dans l’obligation de traverser ça », a ajouté la mère dans sa publication.

La photo a été rapidement partagée sur les réseaux sociaux avec de nombreux témoignages de sympathie pour la famille, et de regrets pour la situation impossible que connaissent les résidents des communautés du sud.

Les groupes terroristes palestiniens de la bande de Gaza ont lancé, dans la soirée de vendredi, dix roquettes vers le territoire israélien au cours de deux tirs de barrage. Le système de défense du Dôme de fer a intercepté la majorité des projectiles mais l’un d’entre eux s’est abattu sur une habitation de Sdérot, entraînant des dégâts.

Tahel Dahan (Capture d’écran : Douzième chaîne)

Sara Dahan a expliqué plus tard au site d’information Ynet : « Depuis que l’une des sirènes nous a surprises dans la rue, elle réagit comme ça à chaque fois. Elle se fige sur le sol, elle met ses mains sur sa tête, elle tremble et murmure des mots que je ne comprends même pas ».

Dahan indique que sa fille ne parvient pas à quitter la position fœtale même si elle est à l’intérieur, dans un espace protégé. « Elle ne laisse personne lui parler et elle se recroqueville. C’est comme ça depuis un mois, un mois et demi ».

Dahan a ajouté : « On peut dire qu’elle est née dans cette situation… Ça vous casse. Ce n’est pas facile de voir votre fille déchirée à ce point et pleurer. Il n’y a pas grand-chose que je puisse faire… Simplement la prendre dans mes bras, la rassurer, lui expliquer que sa maman est là, que sa maman la garde en sécurité ».

Tahel elle-même a dit à Ynet : « Ça faisait peur et je voulais dormir, mais ça ne s’arrêtait pas. Ça me fait toujours très peur. Maman me prend dans ses bras et elle me dit qu’elle sera toujours là, qu’elle ne m’abandonnera pas ».

Sara Dahan (Capture d’écran : La Douzième chaîne)

Dahan a expliqué avoir le sentiment que les autorités détournent le regard de la situation difficile des habitants du sud.

« Je sais comment ça se passe : Une roquette sur le centre du pays – la nation toute entière sera debout ; deux cent roquettes ici – nous sommes transparents. La vie continue. Ils s’en fichent ».

Rinat Cohen, dont l’habitation de Sdérot a subi une frappe directe de roquette vendredi, a dit à la Treizième chaîne : « Nous nous sommes précipités dans la pièce protégée et nous avons entendu un grand boum… quand nous avons ouvert la porte, nous avons immédiatement réalisé que notre maison avait été touchée. Il y avait de la fumée et une mauvaise odeur ».

Rinat Cohen, dont l’habitation de Sdérot a été touchée par une roquette, le 1er novembre 2019 (Capture d’écran : Treizième chaîne)

« Nous ne pouvions plus respirer. Les voisins sont venus et ils nous ont aidé à ouvrir la porte. Nous étions tous anxieux. Nous n’avons pas dormi de la nuit. Nous avions l’impression d’être en guerre ».

Le maire de Sdérot, Alon Davidi, a appelé samedi à faire une opération militaire d’ampleur à Gaza « avec notamment pour objectif l’élimination des leaders du Hamas ».

Il a déclaré que les résidents « vivent dans cette réalité ‘d’urgence normalisée’ depuis presque deux ans et il est largement temps d’y mettre un terme ».

L’armée a répondu plusieurs heures après les attaques à la roquette par des frappes sur plusieurs cibles terroristes à Gaza, ont noté les militaires dans un communiqué. Les médias palestiniens ont fait savoir que plusieurs opérations aériennes avaient visé des sites et des avant-postes liés au Hamas et à d’autres groupes. Un homme aurait été tué.

Une habitation israélienne dans la ville de Sdérot, frappée par une roquette lancée depuis Gaza, le 1er novembre 2019 (Crédit : Porte-parole de l’armée israélienne)

Mais les politiciens israéliens de tout le spectre politique ont critiqué la riposte, la qualifiant d’insuffisante.

Cette attaque a été l’une des plus importantes survenues au cours de ces derniers mois. Elle n’a pas été revendiquée à Gaza. Un haut-membre du Hamas a déclaré à Haaretz que ces tirs de roquettes avaient eu lieu sans approbation du Hamas et qu’ils n’émanaient pas d’une faction palestinienne majeure. Toutefois, les médias en hébreu ont fait savoir qu’il était largement présumé que les projectiles avaient été tirés par le Jihad islamique.

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