La police accusée d’avoir agressé l’équipe et les patients d’un hôpital de Jérusalem Est
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La police accusée d’avoir agressé l’équipe et les patients d’un hôpital de Jérusalem Est

Selon une ONG, les garde-frontières ont été violents pendant qu’ils cherchaient des suspects, et ont pu causer la mort d’un patient grièvement blessé

Arrestation d'un émeutier palestinien par les forces de sécurité israéliennes à Wadi Joz, près de la Vieille Ville de Jérusalem, le 21 juillet 2017. Illustration. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israël)
Arrestation d'un émeutier palestinien par les forces de sécurité israéliennes à Wadi Joz, près de la Vieille Ville de Jérusalem, le 21 juillet 2017. Illustration. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israël)

Au plus fort des affrontements qui ont entouré la crise du mont du Temple le mois dernier, des garde-frontières sont entrés dans un hôpital de Jérusalem Est, ont perturbé le travail des équipes médicales et ont été violents envers les employés et les patients, a affirmé une association israélienne de défense des droits de l’Homme.

Selon un rapport publié par Physicians for Human Rights – Israël (PHR, Médecins pour les droits de l’Homme), des policiers sont entrés le 21 juillet dans l’hôpital Maqasid de Jérusalem Est pour chercher des suspects après de violentes manifestations dans la ville.

L’association dit que les policiers ont alors harcelé, menacé, injurié et attaqué physiquement les patients et les employés, les poussant et les frappant pendant qu’ils fouillaient les chambres et les couloirs.

Selon PHR, l’hôpital avait déjà été perquisitionné, mais l’opération la plus récente était sans précédant dans sa « brutalité et son arrogance, sa violence délibérée contre les employés, ainsi que les patients, injuriés, les visiteurs et les familles, et les dommages causés aux activités de soin. »

Dans un cas, les policiers seraient entrés dans une salle d’opération pendant une chirurgie, brisant les strictes règles du protocole de stérilisation. Dans un autre, un employé affirme que lui et son équipe ont dû fuir dans les couloirs avec un patient grièvement blessé alors qu’ils tentaient de le réanimer.

« Nous nous sommes déplacés, pendant que je faisais un massage [cardiaque] », a-t-il dit, mais la police « a tenté de nous empêcher de passer des urgences à la salle d’opération, et a poussé le lit [vers les urgences]. »

« Nous avons réussi à les repousser et à aller vers la salle d’opération. Quand l’équipe est arrivée à l’ascenseur, ils ont tenté de monter avec nous, même s’il n’y avait pas la place. J’avais une main sur le cœur du patient et j’ai utilisé l’autre pour tenter d’empêcher le policier d’entrer dans l’ascenseur. Il a essayé de forcer le passage et dit qu’il réglerait ses comptes avec moi. Son collègue, policier lui aussi, m’a donné un coup de pied à la taille. »

Une vidéo de l’incident publiée par l’ONG de gauche B’Tselem montre la police dans l’hôpital et des heurts présumés avec les médecins qui tentaient de faire entrer un brancard dans une salle d’opération. B’Tselem indique que l’homme blessé est décédé.

PHR a également affirmé que les policiers ont tiré des balles en caoutchouc et lancé des grenades étourdissantes sur les personnes présentes dans l’hôpital et sur le toit. La police affirme que les habitants jetaient des blocs de béton depuis le toit et dans le jardin pendant que la police entrait dans l’hôpital.

L’association a indiqué que, comme l’hôpital est situé à Jérusalem Est, et donc sous la responsabilité du ministère israélien de la Santé, sa sécurité et ses activités devraient être protégés par le ministère. Le ministère n’aurait cependant pas répondu à cette affaire, ou à d’autres cas similaires.

Israël est néanmoins soumis à la Convention de Genève, a ajouté PHR, et est donc « lié par le devoir d’éviter de nuire au travail des équipes médicales, même en temps de conflit et de guerre. »

Micky Rosenfeld, porte-parole de la police israélienne, a réfuté le rapport de B’Tselem sur l’incident, affirmant qu’il était « faux et trompeur ». Il n’a cependant pas répondu aux accusations de PHR.

L’opération a eu lieu alors que les tensions étaient au plus haut à Jérusalem après un attentat le 14 juillet, où trois Arabes israéliens ont tué deux policiers arabes sur le mont du Temple.

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