La police enquête sur une association israélienne de dons de reins
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La police enquête sur une association israélienne de dons de reins

Matnat Haim aurait pu faire passer des patients en haut de la liste d’attente en échange d’une donation

Le rabbin Yeshayahu Heber, fondateur de Matnat Haim, à la Knesset, en mai 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Le rabbin Yeshayahu Heber, fondateur de Matnat Haim, à la Knesset, en mai 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)

La police a lancé une enquête sur une association qui facilite les dons de reins altruistes en Israël. Elle est soupçonnée d’avoir échangé des organes contre des donations.

Mercredi, la cour a levé un embargo imposé sur l’enquête, qui a commencé depuis quelques semaines, sur les membres de l’association, qui associe les donneurs potentiels aux patients en attente d’une greffe.

La Deuxième chaîne a annoncé que l’association était Matnat Haim (le don de la vie, en hébreu).

L’enquête fait suite à une plainte du ministère de la Santé, qui indique que les receveurs étaient placés en haut de la liste en échange d’un don à destination de l’association.

La police a obtenu des preuves des receveurs d’organes, de leurs familles et d’autres sources.

Un porte-parole de la police a expliqué que l’enquête était complexe et sensible. L’association est soupçonnée d’encourager les proches de ceux qui ont besoin d’une greffe à faire un don en échange d’une réduction du temps d’attente pour recevoir un rein.

130 donneurs de l'ONG israélienne Matnat Haim à l'Hôtel Ramada de Jérusalem, le 4 mars 2017 (Crédit : Chaim Meiersdorf)
130 donneurs de l’ONG israélienne Matnat Haim à l’Hôtel Ramada de Jérusalem, le 4 mars 2017 (Crédit : Chaim Meiersdorf)

Israël, comme la France et d’autres pays, possède des lois concernant les dons d’organes conçues pour empêcher les trafics. Elles interdisent le dédommagement ou la promesse d’un dédommagement des donneurs par les receveurs potentiels ou par des personnes agissant en leur faveur.

Les donneurs qui donnent un rein en passant par Matnat Haim sont autorisés à donner leur organe à la personne de leur choix ou à un receveur anonyme, à condition qu’il existe « un receveur médicalement compatible pour l’organe donné », comme l’a déterminé le Centre de transplantations d’Israël, appelé Adi.

Plus de 400 personnes ont donné un rein en passant par l’association.

L’association avait été critiquée par des responsables sanitaires, car elle autorise les donneurs à poser des conditions quant au choix de leur receveur.

Dans un reportage diffusé dimanche par la Deuxième chaîne, le ministère de la Santé a indiqué que la police enquêtait sur une possible discrimination, soulignant qu’au moins la moitié des donneurs de Matnat Haim demandent à ce que le receveur soit juif.

Le ministère gère la liste nationale des patients en attente d’une greffe de rein.

Un fonctionnaire du ministère de la Santé a déclaré dimanche à la Deuxième chaîne que l’association n’avait pas de supervision, et que les « paramètres selon lesquels l’association décide qui reçoit un rein » ne sont « pas clairs », car Matnat Haim a sa propre liste.

Le fonctionnaire a déclaré que ces circonstances menaient des patients dont l’état de santé est relativement bon et qui sont sur la liste de Matnat Haim à obtenir un donneur, alors que des patients dont l’état de santé est bien plus grave « qui attendent et sont en dialyse depuis quatre ans » restent sur liste d’attente.

Matnat Haim a déclaré dans un communiqué qu’elle n’était pas informée de l’enquête, et n’avait par conséquent pas de commentaire à faire, a indiqué la Deuxième chaîne.

L’organisation avait autrefois déclaré qu’elle n’avait jamais accepté de donations en échange de la montée d’un patient dans la liste d’attente. Elle avait déclaré qu’elle « rejette totalement toute suggestion de possible malversation. »

Stéphanie Bitan a contribué à cet article.

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