La police extirpe 2 soldats d’une foule hostile d’ultra-orthodoxes à Jérusalem
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La police extirpe 2 soldats d’une foule hostile d’ultra-orthodoxes à Jérusalem

Des agents ont affronté des manifestants dans un quartier Haredi après que des habitants ont encerclé des soldats et plusieurs civils, les empêchant de quitter le quartier

La police extirpe 2 soldats et plusieurs civils d'une foule ultra-orthodoxe à Jérusalem, le 12 novembre 2020. (Capture d'écran / YouTube)
La police extirpe 2 soldats et plusieurs civils d'une foule ultra-orthodoxe à Jérusalem, le 12 novembre 2020. (Capture d'écran / YouTube)

La police a extrait jeudi soir deux soldats d’un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem après qu’un groupe de résidents hostiles les ont encerclés.

Plusieurs civils se trouvaient avec les soldats, selon la Douzième chaîne. La colère des habitants du quartier aurait été provoquée par la présence de militants qui tentaient d’enrôler des membres de la communauté dans l’armée et la police, selon la chaine.

Ynet a rapporté que l’incident s’est déroulé autour d’un studio où un groupe filmait une vidéo pour encourager l’enrôlement ultra-orthodoxe.

Selon la Douzième chaîne, l’incident s’est produit dans le quartier de Beit Yisrael, alors que Walla News a rapporté qu’il avait eu lieu dans le quartier adjacent de Mea Shearim, dans le centre de Jérusalem.

Les deux reportages évaluent le nombre de manifestants à plusieurs centaines.

La police a déclaré que le groupe avait cerné les soldats et les avait empêchés de quitter la zone. Les officiers ont évacué les soldats et les civils, et dispersé la foule.

Des vidéos de la scène montrent des policiers qui courent dans une rue de la ville avec plusieurs civils, poursuivis par des manifestants en colère, qui ont lancé plusieurs projectiles sur les policiers. La police est ensuite revenue sur les lieux et des altercations ont éclaté avec certains habitants du quartier.

Aucun soldat n’est identifiable sur les images, et on ignore s’ils étaient en uniforme lors de l’incident.

L’incident survient après une période de tension entre ultra-orthodoxes et d’autres segments de la population israélienne.

Certains groupes ultra-orthodoxes ont massivement désobéi aux restrictions liées à la lutte contre le virus, en organisant des événements de masse pendant la période des grandes fêtes en septembre et octobre, ce qui a attisé la colère du public.

Certaines écoles et yeshivot de ces communautés ont ouvert illégalement – notamment dans les zones à fort taux d’infection, soumises à des restrictions plus strictes – alors même que l’ensemble du système éducatif du pays était confiné pour freiner l’épidémie de coronavirus.

Les forces de l’ordre ont eu beaucoup de mal à faire appliquer les restrictions et, dans certains cas, ont été accusées de fermer les yeux sur les infractions.

De nombreux dirigeants et résidents ultra-orthodoxes estiment que leur communauté a été injustement ciblée par le gouvernement, car certaines zones Haredim ont subi un confinement plus strict. Le taux de tests positifs dans les communautés ultra-orthodoxes était nettement plus élevé que dans le reste de la population.

Ces dernières semaines, Israël a progressivement assoupli le confinement mis en place depuis septembre pour contrer la flambée de l’épidémie de coronavirus.

Le mois dernier, le mouvement extrémiste Gur a organisé une manifestation à Arad pour protester contre « l’incitation continue contre la communauté ultra-orthodoxe », quelques heures après un incendie criminel dans un magasin appartenant à un Haredi dans un centre commercial local. L’enquête policière et l’interrogatoire du suspect de 17 ans ont révélé qu’il n’était pas motivé par un sentiment anti-Haredi.

Sur fond d’inquiétude liée au coronavirus, des Juifs ultra-orthodoxes maintiennent la distanciation sociale lors d’une manifestation contre ce qu’ils considèrent comme une incitation à la haine contre la population religieuse du pays, dans la ville d’Arad dans le sud d’Israël, le 19 octobre 2020. (Crédit : AP Photo / Oded Balilty)

La manifestation d’Arad a été coordonnée avec la police et les manifestants ont scrupuleusement respecté les directives de distanciation sociale.

L’enrôlement des Haredim dans l’armée est depuis longtemps une source de tension entre la communauté et le reste de la population.

La communauté ultra-orthodoxe a traditionnellement bénéficié de reports systématiques de leur service militaire au profit d’études religieuses au séminaire, et beaucoup de ses membres échappent au service militaire obligatoire pour tous les autres Israéliens juifs. Cependant, nombreux sont ceux, parmi la population, qui s’opposent à cet arrangement, et souhaitent que les ultra-orthodoxes participent à la défense du pays.

Au début du mois, la Haute Cour de justice a donné au gouvernement jusqu’au 1er février pour soit adopter une loi exemptant du service militaire obligatoire les ultra-orthodoxes étudiant en séminaire, soit procéder à leur enrôlement comme l’exige la loi en vigueur, affirmant qu’aucune prolongation supplémentaire ne serait accordée.

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