La police filtre les routes, les Israéliens reprennent le travail
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La police filtre les routes, les Israéliens reprennent le travail

Les embouteillages s'accumulent sur plusieurs autoroutes clés, mais d'autres voies de circulation normalement encombrées près de Tel-Aviv connaissent une baisse de trafic

La police installée à un checkpoint temporaire aux abords de la Vieille Ville de Jérusalem durant un confinement national dû au coronavirus, le 19 septembre 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La police installée à un checkpoint temporaire aux abords de la Vieille Ville de Jérusalem durant un confinement national dû au coronavirus, le 19 septembre 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les routes israéliennes ont connu d’importants embouteillages lundi matin, car de nombreux Israéliens sont retournés au travail après le week-end férié, malgré un confinement national, la police ayant bloqué les principales artères de circulation en installant des points de contrôle et en fermant les routes.

En vertu des règles en vigueur, les lieux de travail du secteur privé qui ne servent pas les clients en personne peuvent maintenir 100 % de leur personnel dans les bureaux, et les travailleurs essentiels et autres devraient également continuer à être autorisés à se déplacer, malgré les restrictions imposées depuis vendredi qui visent à limiter les déplacements dans la plupart des autres cas à un kilomètre de leur domicile.

Des dizaines de barrages de police ont été mis en place dans tout le pays pour faire respecter les restrictions de déplacement et s’assurer que seules les personnes autorisées se trouvent dehors.

Dès 8 heures du matin, on a signalé de gros embouteillages sur certaines parties de l’autoroute d’Ayalon, un important axe interurbain qui traverse la zone métropolitaine de Tel-Aviv. Il y a également eu des embouteillages sur la route 4 et la route 2, qui relient Tel-Aviv aux régions côtières du nord et du sud, ainsi que sur la route 40 près de l’aéroport Ben Gurion.

Des embouteillages ont également été signalés sur les routes du nord ainsi qu’à l’intérieur et autour de Jérusalem.

Dans un cas, un correspondant du Times of Israel a rapporté avoir passé un carrefour dans la capitale où la police avait bouclé une route principale, dirigeant les conducteurs vers une autre route déjà encombrée, bien qu’aucune voiture n’ait été contrôlée.

Trafic plus réduit que d’ordinaire sur l’autoroute Ayalon près de Holon, le 21 septembre 2020. (Capture écran / Ayalonhw.co.il)

La police a décidé, au début de la fermeture, de déployer 38 barrages routiers sur les routes interurbaines du pays, qui seront adaptés en fonction de la circulation, mais qui verront aussi des conducteurs arrêtés au hasard pour vérifier qu’ils sont autorisés à prendre la route.

Malgré les points de contrôle, les informations de trafic ont montré un volume de trafic inférieur à la normale, indiquant que beaucoup restaient effectivement chez eux et se conformaient au confinement. Sur certaines parties de l’autoroute d’Ayalon, normalement encombrée, le trafic était fluide, avec un volume normalement observé le week-end.

Le chef de la police par intérim, Motti Cohen, a procédé à une évaluation de la situation dimanche soir afin d’examiner l’application du confinement pendant les deux jours de Rosh HaShana.

« Dans l’ensemble, ces derniers jours, nous constatons que le public a respecté le règlement et que, parallèlement, quelques incidents inhabituels ont été immédiatement traités par la police », a rapporté M. Cohen.

Vue aérienne de la ville de Netanya montrant des routes vides après le début du nouveau confinement le 18 septembre 2020. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Les restrictions de déplacement font partie du confinement de trois semaines qui est entré en vigueur vendredi après-midi et qui vise à stopper la multiplication des cas d’infections au coronavirus.

D’autres restrictions sont envisagées, et le cabinet coronavirus devrait se réunir mardi pour discuter de la question, ont rapporté les médias en hébreu.

Quelque 7 000 policiers et soldats, soutenus par les équipes des municipalités, ont été déployés dans tout le pays pour faire respecter la fermeture en utilisant des barrages routiers et des patrouilles, dans un contexte où l’on craint qu’une population israélienne épuisée et exaspérée soit beaucoup moins coopérative avec les nouvelles restrictions que lors de la première vague de l’épidémie.

Les chiffres de la police montrent qu’au cours des 48 premières heures du confinement, 2 802 amendes ont été infligées à des citoyens, dont 2 044 pour des activités en dehors de la maison ou pour être à l’extérieur pour une raison non autorisée.

Le tsar du coronavirus Ronni Gamzu, qui serait opposé à l’application de nouvelles restrictions tant que les mesures actuelles n’auront pas eu le temps de fonctionner, a exhorté lundi les Israéliens à cesser néanmoins d’assister aux manifestations, autre activité exemptée, au lendemain du rassemblement de milliers de personnes pour une manifestation hebdomadaire devant la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem.

Des manifestants protestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, devant sa résidence officielle à Jérusalem, le 20 septembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Par le passé, Ronni Gamzu ne s’opposait pas aux protestations en plein air et des études ont semblé montrer qu’elles n’étaient pas à l’origine d’un nombre important d’infections.

Toutefois, lors d’un entretien avec la chaîne publique Kan, il a déclaré que les participants pouvaient facilement tomber malades ou propager l’infection. Il a ajouté que les manifestations donnent un mauvais exemple au reste de la population, qui pourrait reconsidérer son adhésion aux restrictions sur les rassemblements publics.

Ronni Gamzu lors d’une réunion avec le maire de Jérusalem, Moshe Leon, à l’hôtel de ville de Jérusalem, le 12 août 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

« Nous devons les empêcher autant que possible ; c’est essentiel pour nous tous », a souligné M. Gamzu lorsqu’on lui a demandé si les manifestations devaient cesser. « Pour l’instant, il faut comprendre qu’elle sert de signe pour les autres ».

« Les gens d’un autre secteur de la société voient que des manifestations ont lieu et se disent que vous pouvez rassembler les gens de la même manière dans tous les autres endroits du pays », a-t-il dit. « Il y aura du temps pour les manifestations après ».

« Chaque jour, nous avons 5 000 cas diagnostiqués. Prenez en compte le fait que cela signifie que 25 personnes vont mourir », a prévenu M. Gamzu. « C’est aussi des jeunes, cela ravage le pays. »

Les chiffres du ministère de la Santé ont montré lundi qu’il y avait 2 565 nouveaux cas de virus diagnostiqués dimanche, ce qui porte à 188 427 le nombre de cas depuis le début de la pandémie. Ce chiffre est inférieur à celui de ces derniers jours, ce qui s’explique peut-être par le fait que moins de tests ont été effectués pendant le week-end de vacances. Les chiffres montrent que près de 11 % des tests se sont avérés positifs.

Sur les 51 180 cas actifs, 1 295 personnes contaminées sont hospitalisées, dont 643 patients dans un état grave et 170 sous assistance respiratoire. Le nombre de décès s’élève à 1 256, avec six décès enregistrés dimanche, bien en dessous des 24 décès de la veille.

Les commentaires de M. Gamzu semblent viser les membres de la communauté ultra-orthodoxe qui ont voyagé pendant les fêtes de Rosh HaShana et sont rentrés dimanche soir chez eux sous le prétexte de se rendre à une manifestation.

Des Israéliens protestent contre le confinement national et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur la plage de Tel Aviv, le 19 septembre 2020 (Miriam Alster/Flash90)

Vendredi, une mobilisation s’est également tenue sur la plage de Tel-Aviv, au cours de laquelle les manifestants ont fait la fête et dansé sur le lieu de la manifestation, par ailleurs interdit, tout en étant protégés par les règles autorisant de tels rassemblements.

Le nouveau confinement est à la fois plus permissif et plus complexe que la fermeture d’une semaine imposée plus tôt cette année, avec de nombreuses directives et exceptions à ces directives qui semblent semer la confusion dans l’opinion publique quant à ce qui est et n’est pas autorisé.

La police a fait savoir dans un communiqué que la plupart des activités se concentreront sur l’application des règlements et en particulier sur la prévention des rassemblements et la limitation des déplacements. La police a déclaré qu’elle continuera également à faire respecter les règles de quarantaine et le port de masques en public et à maintenir les règles sur le lieu de travail.

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