La présidence libanaise nie avoir reçu Carlos Ghosn
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La présidence libanaise nie avoir reçu Carlos Ghosn

Des médias ont rapporté que l'homme d'affaires avait été reçu par M. Aoun, ce qu'un responsable au sein de la présidence a démenti

CArlos Ghosn, alors PDG de Renault, lors d'une conférence de presse à Sandouville, le 30 septembre 2014. (Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP)
CArlos Ghosn, alors PDG de Renault, lors d'une conférence de presse à Sandouville, le 30 septembre 2014. (Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

La présidence libanaise a démenti jeudi les allégations selon lesquelles le président Michel Aoun a accueilli à son arrivée au Liban Carlos Ghosn, l’ex-patron de Renault-Nissan qui a fui le Japon où il était assigné à résidence.

Ce dernier a fui dans des conditions mystérieuses le Japon, où il était poursuivi pour malversations financières. Il est arrivé lundi à Beyrouth.

Des médias ont rapporté que l’homme d’affaires, détenteur des nationalités libanaise, française et brésilienne, avait été reçu par M. Aoun, ce qu’un responsable au sein de la présidence a démenti.

« Il n’a pas été reçu à la présidence et n’a pas rencontré le président de la République », a affirmé ce responsable à l’AFP.

M. Ghosn est soupçonné d’avoir emprunté un jet privé depuis Istanbul vers Beyrouth, où il est entré en toute légalité selon les autorités locales et où il a retrouvé sa famille.

Selon l’un de ses avocats libanais, Carlos Abou Jaoude, la date d’une conférence de presse doit encore être fixée.

Les autorités françaises ont elles indiqué jeudi que M. Ghosn, 65 ans, ne serait pas extradé s’il se rendait en France.

M. Ghosn est entré au Liban avec un passeport français, selon des documents des autorités aéroportuaires que l’AFP a pu voir.

D’après la chaîne de télévision publique japonaise NHK, la justice japonaise lui avait permis exceptionnellement de conserver son deuxième passeport français dans un étui, dont la clef était détenue par ses avocats.

Les circonstances de son départ du Japon, où il était assigné à résidence après 130 jours en prison, en attendant d’y être jugé à partir d’avril 2020, demeurent obscures.

Une source dans son entourage a démenti qu’il se serait enfui caché dans une caisse d’instrument de musique, comme l’avait affirmé un média libanais.

M. Ghosn fait l’objet de quatre inculpations au Japon : deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan, et deux autres pour abus de confiance aggravé.

Arrêté en novembre 2018, le magnat a toujours nié toutes ces accusations, assurant avoir fui un « système judiciaire japonais partial ».

Des enquêtes ont été ouvertes au Japon et en Turquie sur les circonstances de sa fuite.

Certains Libanais voient en lui un symbole de réussite au sein de l’importante diaspora libanaise.

Mais son retour au Liban, théâtre d’un vaste mouvement de contestation depuis octobre contre une classe politique jugée corrompue, est perçu par les protestataires comme la démonstration de l’impunité et des privilèges dont jouissent les plus riches.

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