La présidente du conseil de Ben & Jerry’s rejette tout antisémitisme
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La présidente du conseil de Ben & Jerry’s rejette tout antisémitisme

Dans sa première réaction depuis l'annonce du boycott des implantations, Anuradha Mittal a dit être fière de sa position et qu'elle avait fait l'objet d'une "haine ignoble"

Anuradha Mittal (autorisation)
Anuradha Mittal (autorisation)

JTA – Une semaine après que la marque Ben & Jerry’s a annoncé qu’elle cesserait de vendre des glaces dans les « Territoires palestiniens occupés », la présidente du conseil d’administration de la société a, pour la première fois, rejeté publiquement l’idée que cette décision était antisémite.

Parallèlement, la société mère de la marque, Unilever, a désavoué le mouvement de boycott d’Israël. Ce désaveu intervient alors qu’Unilever risque d’être pénalisé financièrement dans les États qui ont adopté des lois anti-boycott.

Mardi, Anuradha Mittal, présidente du conseil d’administration de Ben & Jerry’s, a tweeté ses premiers commentaires sur le boycott depuis son annonce la semaine dernière. Elle s’en est tenue à la décision et a nié tout antisémitisme suite à la déclaration du ministre des Affaires étrangères Yair Lapid selon laquelle le boycott était une « reddition honteuse à l’antisémitisme ».

« Je suis fière de @benandjerrys qui a pris position pour mettre fin à la vente de ses glaces dans les Territoires palestiniens occupés », a-t-elle tweeté, utilisant le même terme pour la Cisjordanie que celui utilisé dans l’annonce.

« Cette action n’est pas antisémite. Je ne suis pas antisémite. La haine ignoble qui a été lancée contre moi ne m’intimide pas. Travaillez pour la paix – pas pour la haine ! »

Mittal n’a pas détaillé la « haine ignoble » qu’elle a reçue, bien que les critiques de la décision l’aient attaquée sur les réseaux sociaux.

La publication de Mittal est intervenue quelques jours après une information de NBC News selon laquelle son conseil d’administration n’était pas satisfait du texte de la déclaration publiée par Unilever annonçant le boycott. Selon cette déclaration, Ben & Jerry’s « resterait en Israël par le biais d’un arrangement différent ». Cette clause ne figurait pas dans le communiqué rédigé par le conseil d’administration.

Mittal n’a pas dit que Ben & Jerry’s devait se retirer entièrement d’Israël, et le conseil d’administration n’a pas exprimé cette position publiquement. Mais sur Twitter, Mittal a déjà soutenu le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël, connu sous le nom de BDS.

« La catastrophe continue. #Nakba 70 ans plus tard la #Palestine saigne. Boycott Divest Sanctions #Israël », avait-elle écrit en 2018.

Mardi, elle a également tweeté une déclaration de soutien de groupes juifs libéraux et cité un passage de la déclaration d’Unilever soulignant « une distinction claire entre l’État d’Israël et les territoires palestiniens qu’il occupe militairement ».

Unilever a souligné également que le boycott des implantations n’était pas la même chose que le BDS. La déclaration de la société, faite dans des lettres presque identiques envoyées mardi à des organisations juives, intervient alors qu’une poignée d’États envisagent de se défaire des fonds d’Unilever en vertu de lois interdisant aux États de faire des affaires avec des sociétés qui boycottent Israël.

Les lettres indiquent qu’Unilever s’est engagée à faire des affaires avec Israël, où elle emploie 2 000 personnes et a investi près de 296 millions de dollars dans le marché du pays.

« Nous sommes impatients d’investir dans nos activités en Israël à long terme », indiquent les lettres, qui ont été envoyées à la Ligue anti-diffamation et à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, qui ont toutes deux critiqué le retrait de Ben & Jerry’s de la Cisjordanie. « Nous n’avons jamais exprimé un quelconque soutien au mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS) et n’avons aucune intention de changer cette position. »

Des camions sont garés à l’usine de glaces Ben & Jerry’s dans la zone industrielle de Be’er Tuvia, le 20 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)

L’ADL et la Conférence des présidents ont dit apprécier la lettre mais ont réitéré leurs critiques précédentes. Cette dernière a déclaré que la « réponse d’Unilever est loin d’être suffisante » et a encouragé la société à essayer de passer outre la décision du conseil d’administration de Ben & Jerry’s, bien qu’un accord interne entre Unilever et le conseil d’administration de Ben & Jerry’s semble rendre cela impossible. Le groupe de coordination a également félicité les États qui examinent si le boycott violait leurs lois anti-BDS.

La Presidents Conference a elle déclaré qu’elle s’opposait à la décision de Ben & Jerry’s, « car les boycotts d’Israël sont discriminatoires ». Alors que l’annonce et la lettre précisent que le boycott ne s’applique qu’à la Cisjordanie, qu’Israël contrôle mais n’a pas annexée, le PDG de la Presidents Conference, William Daroff, a déclaré à JTA que le boycott forcerait la fermeture de l’usine de Ben & Jerry’s en Israël, et que le groupe se sentait « obligé de s’exprimer lorsque des entreprises appartenant à des Juifs sont pointées du doigt ». Daroff a ajouté : « Ben & Jerry’s a pris une décision politique qui singularise les Israéliens et un territoire ‘disputé’. »

L’ADL a également remercié Unilever pour sa déclaration contre BDS, mais a déclaré : « Bien que l’ADL soit un fervent partisan de la solution à deux États, nous pensons qu’il est erroné pour toute entreprise de singulariser Israël en refusant de vendre ses produits aux Israéliens et aux Palestiniens vivant en Cisjordanie. »

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