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La prise de 2 médicaments pourrait aider à contrer les cancers secondaires – Étude

Le Darlin et l'Etopan semblent réduire les risques de métastase des cancers en réduisant l'inflammation et le stress, dit une recherche validée par un comité de lecture

Photo d'illustration : Des médecins regardent des scanners pour déceler des signes de cancer. (Crédit : nd3000 via iStock by Getty Images)
Photo d'illustration : Des médecins regardent des scanners pour déceler des signes de cancer. (Crédit : nd3000 via iStock by Getty Images)

La prise de deux médicaments communs juste avant une intervention de chirurgie oncologique pourrait réduire les risques de développement d’un cancer secondaire, suggère une nouvelle étude israélienne.

Les scientifiques de l’université de Tel Aviv ont donné à 18 malades atteints d’un cancer du colon du Darlin et de l’Etopan juste avant et juste après l’ablation chirurgicale de leur tumeur, donnant des placebos à 18 autres patients.

Le Propranolol, commercialisé sous le nom de Darlin, bloque l’adrénaline et c’est un médicament qui est habituellement utilisé pour faire baisser la pression sanguine ou pour réduire l’anxiété. L’Etodolac, vendu sous le nom d’Etopan, est un antalgique et un anti-inflammatoire.

L’essai a été mené en double aveugle – ce qui signifie que les médecins ne savaient pas quels malades recevaient les médicaments. Cinq années plus tard, les scientifiques ont constaté combien de patients des deux groupes ont développé des cancers secondaires.

La moitié du groupe placebo – soit neuf sur 18 – a développé des cancers secondaires contre seulement deux sur 18 dans l’autre groupe. L’équipe à l’origine de cette recherche, qui a été soumise à un comité de lecture, a reconnu que le nombre de patients était modeste et elle a lancé aujourd’hui une étude impliquant plus de malades.

« Les résultats indiquent qu’en réduisant le stress et l’inflammation cinq jours avant l’intervention chirurgicale et en continuant le traitement après, pendant une ou deux semaines, nous pouvons réduire les risques d’une métastase cancéreuse », explique le professeur Shamgar Ben-Eliyahu de la faculté de neuroscience de Tel Aviv, qui a dirigé l’étude, au Times of Israel.

Image en 3D de cellules cancéreuses. (Crédit : iStock)

Il précise que la recherche a été faite indépendamment de toute firme pharmaceutique et qu’elle a spécifiquement visé à identifier un moyen de réduire les risques de développer un cancer secondaire – un moyen qui soit peu onéreux, non breveté et facilement accessible.

« On doit garder à l’esprit que les firmes pharmaceutiques n’ont aucune incitation financière pour soutenir ce genre d’études », continue Ben-Eliyahu. « Les médicaments ne sont pas brevetés ; ils sont sûrs, ils sont peu chers et ils sont administrés lors d’un traitement court qui ne dure que quelques jours. Les entreprises pharmaceutiques cherchent plutôt à obtenir des brevets sur des médicaments chers et elles préfèrent que les patients soient dépendants du médicament durant toute leur vie ».

Le professeur Shamgar Ben-Eliyahu de l’université de Tel Aviv. (Autorisation : Université de Tel Aviv)

La nouvelle étude, qui a été publiée dans le European Journal of Surgical Oncology, a suivi plusieurs expérimentations menées sur des rats et sur des souris. Lors de ces expériences, les deux médicaments ont montré une aptitude à protéger contre les cancers secondaires ou métastatiques. Il y avait eu aussi une expérimentation antérieure sur l’être humain, publiée en 2017 et soumise, là aussi, à un comité de lecture, qui indiquait que les médicaments renforçaient les biomarqueurs dans le corps. Ces derniers aident à prévenir les cancers secondaires.

Ben-Eliyahu explique avoir une hypothèse sur l’efficacité des médicaments, disant « qu’il est largement accepté que l’inflammation aggrave les cancers, et une partie des bénéfices est donc de réduire l’inflammation. Par ailleurs, il y a de plus en plus de recherches qui laissent penser que le stress aide le cancer et les métastases à progresser – d’où le bénéfice apporté par un médicament qui bloque l’adrénaline. »

Il ajoute que « si nous sommes à seulement cinq ans de l’essai, la signification de ce dernier est claire au niveau statistique et nous devons maintenant mener des essais cliniques plus importants. Notre traitement a réduit les marqueurs de métastase dans les tissus des tumeurs et il a aussi réduit les récidives. C’est une recherche très prometteuse qui pourra sauver des vies ».

« Il s’agit d’un traitement médicamenteux qui est court, peu cher, avec peu d’effets secondaires significatifs. Nous avons délibérément choisi les médicaments les plus sûrs et les moins chers, des médicaments capables d’abaisser le réponse inflammatoire à la chirurgie induite par le stress, et ce pour sauver des vies. C’est presque trop beau pour être vrai mais des résultats similaires, dans des cas de cancer du sein, ont été obtenus dans une étude que nous avons réalisée en 2017. »

« Compte-tenu du petit nombre de patients dans les deux études, il est impossible d’estimer de manière exacte la portée des effets bénéfiques, mais ces effets restent significatifs au niveau statistique ce qui veut dire qu’ils ne sont pas seulement dus au hasard, » poursuit-il.

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