La prochaine crise de la coalition : la conscription des ‘haredim
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La prochaine crise de la coalition : la conscription des ‘haredim

Après la crise autour du regroupement familial palestinien et le rejet par le parti Raam d'une autre loi relative à Tsahal, la législation régissant les exemptions risque d'expirer

Le ministre de la Défense Benny Gantz (G) et le Premier ministre Naftali Bennett parlent pendant la cérémonie de prestation de serment du nouveau président Isaac Herzog, le 7 juillet 2021. (Crédit : YonatanSindel/Flash90)
Le ministre de la Défense Benny Gantz (G) et le Premier ministre Naftali Bennett parlent pendant la cérémonie de prestation de serment du nouveau président Isaac Herzog, le 7 juillet 2021. (Crédit : YonatanSindel/Flash90)

Le gouvernement craindrait de ne pas réunir une majorité à la Knesset pour renouveler une loi qui expire le mois prochain et qui régit les exemptions du service militaire pour de nombreux membres de la communauté ultra-orthodoxe.

Cette question pourrait devenir la prochaine crise majeure de la nouvelle coalition, étant donné qu’un de ses membres, le parti islamiste Raam, ainsi que la Liste arabe unie, un parti d’opposition, refusent de soutenir les lois relatives à Tsahal, et que les partis d’opposition de droite ont refusé de voter en faveur de toute législation de la coalition même s’ils la soutiennent idéologiquement – comme l’extension de l’interdiction faite aux Palestiniens ayant un conjoint israélien d’obtenir la citoyenneté israélienne – pour mettre des bâtons dans les roues au gouvernement.

Si le projet de loi sur la conscription des ‘haredim n’est pas prolongé d’ici le mois prochain, il expirera et chaque membre de la communauté ultra-orthodoxe en âge de le faire devra être recruté dans l’armée – une situation qui pourrait déclencher une révolte majeure puisque le recrutement dans l’armée est un anathème pour de nombreux dirigeants ‘haredim.

Un avant-goût de la bataille à venir a été observé cette semaine, lorsque le ministre de la Défense, Benny Gantz, a tenté sans succès de faire passer une extension d’un ordre temporaire destiné à empêcher les femmes laïques de se soustraire au recrutement mentant à l’armée sur le niveau d’observance religieuse.

Les femmes orthodoxes ne s’engagent généralement pas dans Tsahal, et de nombreuses femmes sionistes religieuses choisissent plutôt d’effectuer un service national volontaire. Selon les données présentées cette semaine par un responsable de l’armée devant la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, quelque 35 % des recrues féminines potentielles bénéficient d’une exemption pour cette raison, pour laquelle elles doivent déclarer qu’elles sont religieuses.

La loi temporaire, qui a été prolongée à plusieurs reprises depuis 2012, a mis en place une commission qui examine si une femme qui a demandé une exemption est vraiment religieuse. En 2020, 18 900 demandes ont été déposées et le comité a rejeté 219 d’entre elles.

Des hommes ultra-orthodoxes affrontent la police lors d’une manifestation dénonçant l’arrestation de femmes haredim ne s’étant pas présentées au service militaire, à Jérusalem, le 24 juin 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Alors que la prolongation a été approuvée en commission, Gantz a été contraint de retirer une motion sur le sujet mardi soir de la plénière de la Knesset après que Raam a déclaré qu’il voterait contre et que les partis d’opposition n’ont montré aucune volonté de la soutenir.

Gantz a ensuite critiqué les partis d’opposition de droite – le Likud de Benjamin Netanyahu, le sionisme religieux et les partis ultra-orthodoxes United Torah Judaism et Shas – en disant qu’ils « nuisent à la sécurité et encouragent l’évasion ».

Il a déclaré qu’il avait l’intention de réunir des professionnels pour traiter cette question.

Mais la menace imminente la plus sérieuse est la loi régissant les exemptions de l’armée pour presque tous les étudiants des séminaires ultra-orthodoxes, qui a été prolongée à plusieurs reprises depuis plus de dix ans, la Haute Cour de justice ayant exigé des changements pour permettre le recrutement d’un plus grand nombre de personnes.

Anticipant le défi, les responsables de la coalition tentent déjà de convaincre l’opposition de coopérer et d’empêcher l’expiration de la loi, a rapporté la Douzième chaîne.

Cependant, la coalition craint, à la lumière du refus général de l’opposition cette semaine de soutenir le renouvellement de la loi sur le regroupement familial palestinien, que le bloc Netanyahu ne préfère le chaos qui serait causé en empêchant l’extension du projet de loi, dans l’espoir que cela accélère la chute du gouvernement.

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