La production d’encens pourrait diminuer de moitié d’ici 20 ans
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La production d’encens pourrait diminuer de moitié d’ici 20 ans

Une recherche avertit que la production de la résine aromatique, autrefois utilisée dans le Temple, est en danger à cause de la surexploitation des arbres

Un arbre de Boswellia sur l'île de Socotra au Yemen. (Crédit :, iStock/ Getty Images)
Un arbre de Boswellia sur l'île de Socotra au Yemen. (Crédit :, iStock/ Getty Images)

Les églises du monde entier, et particulièrement à Jérusalem, pourraient avoir une odeur différente à l’avenir, parce qu’à cause des comportements humains, les arbres et arbustes qui fournissent la résine d’oliban sont en train de disparaître.

Une étude, publiée par la semaine dernière dans Nature Sustainability, indique que les populations d’arbres et arbustes de Boswellia sont menacées par la sur-exploitation et la dégradation de l’éco-système, qui mettent en danger la production de résine au point que la production pourrait diminuer de moitié d’ici 20 ans.

La résine, un ingrédient de l’encens offerte au Temple (Exode 30 ; 34) et élément du cadeau offert par les Trois Mages à Jésus (Matthieu 2 ; 11), est prélevée dans les populations naturelles de Boswellia, notamment le Boswellia papyrifera, aussi appelé encens soudanais. Cette espèce pousse en Ethiopie, au Soudan, dans la péninsule arabique et en Afrique orientale. Il s’agirait de la source de résine de l’époque.

« En se basant sur l’inventaire de 23 populations consistant en 21 786 arbres, les données obtenues auprès de 202 arbres et modèles démographiques sur la base de 7 246 arbres, il s’avère que 75 % des populations étudiées manquent de petits arbres, que la régénération naturelle est absente depuis des décennies, et on estime que la production d’encens projetée diminuera de moitié d’ici 20 ans », indique le rapport.

Des cristaux d’encens. (Crédit : Madeleine Steinbach, IStock/Getty Images)

« Ces changements sont causés par l’augmentation de la pression de la population humaine sur les forêts de Boswellia à travers les pâturages, les incendies fréquents et l’exploitation. Une revue montre que d’autres espèces de Boswellia sont soumises à des menaces similaires. »

Les populations peuvent être restaurées, affirme le rapport, en installant des enclos pour les animaux et des coupe-feux, et en plantant des arbres et en exploitant avec davantage de précautions les arbres pour la résine.

« Une conservation concertée et des efforts de restauration sont nécessaires, dans l’urgence, pour garantir une disponibilité à long terme de ce produit légendaire. »

La recherche a été menée par Frans Bongers de Wageningen University and Research au Pays-Bas.

Elaine Solowey, docteure en botanique et directrice du Center for Sustainable Agriculture à l’institut Arava, a été la première à réussir à faire pousser du Boswellia en Israël, 1 500 après la dernière plantation.

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